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Le reconfinement entretient la violence domestique

Une main qui en retient une autre.

Statistique Canada indique qu'il peut être plus difficile pour les victimes de violence, surtout à la maison, d'avoir accès aux services pendant la pandémie en raison des contacts restreints avec les réseaux et les sources de soutien, tant officiels (écoles, conseillers, services aux victimes) qu'informels (famille et amis).

Photo : Radio-Canada / Guy Leblanc

La deuxième vague de COVID-19 qui frappe le Canada alimente la violence conjugale.

Les nouvelles restrictions imposées dans certaines régions de la Colombie-Britannique, dont l’interdiction de fréquenter d’autres personnes que celles de son propre foyer, se font sentir dans certains organismes de lutte contre la violence faite aux femmes.

À l’organisme indépendant Battered Women’s Support Services de Vancouver, la directrice générale, Angela Marie MacDougall, note une nette augmentation des appels de détresse au cours des derniers jours.

On avait atteint un certain plateau dans le nombre d’appels cet été, mais depuis que les autorités ont resserré les règles, les appels augmentent à nouveau.

Une citation de :Angela Marie MacDougall, directrice générale, Battered Women’s Support Services

Dans le Grand Vancouver, l’organisme Crime Stoppers s’inquiète aussi des effets de la deuxième vague et des restrictions imposées par la province. La violence a plus de risques de rester derrière les portes closes et moins de gens peuvent en être témoins , explique Linda Annis, directrice générale de l’association de prévention du crime. Elle ajoute que le stress ainsi que la pression émotionnelle et financière vécus par les familles n’aident en rien.

Angela Marie MacDougall se demande comment gérer la situation à long terme, car l’isolement est une arme de choix pour entretenir le cercle de la violence domestique.

VictimLinkBC est un service téléphonique sans frais, confidentiel et multilingue, offert en tout temps et partout en Colombie-Britannique et au Yukon, au 1 800 563-0808.

Répondre aux appels de détresse

Florence B. Lepage est membre du collectif Vancouver Rape Relief and Women's Shelter, une organisation qui accompagne les femmes victimes de violence.

Les membres de cette organisation répondent aux appels de femmes dans le besoin. Il s'agit de femmes qui ont besoin de soutien émotionnel ou qui sont dans des situations non sécuritaires.

Elle constate que les femmes victimes de violence à la maison font face à beaucoup plus d’obstacles pour s’en sortir en contexte de pandémie.

Le travail à la maison, c’est là que le bât blesse. La pandémie a créé une escalade de violence, et il est plus difficile pour les femmes de quitter les relations avec une personne violente. Il est plus difficile d’appeler une ligne de crise ou la police. Leur conjoint passe plus de temps avec elle, fouille plus dans leur téléphone.

Une citation de :Florence B. Lepage, membre, Vancouver Rape Relief and Women's Shelter

L’insécurité financière, accentuée par la pandémie, peut aussi faire en sorte que les femmes qui avaient un plan pour s’extirper d’une relation violente décident finalement de rester ou de le reporter, souligne Florence B. Lepage.

Aider malgré la COVID-19

Chacun des organismes le rappelle : l’aide est toujours là, malgré la pandémie.

Angela Marie MacDougall indique que les mesures sanitaires sont en place dans les maisons de transition. Des chambres d’hôtel sont aussi offertes aux femmes qui auraient besoin de faire une quarantaine.

Le plus important, c’est d’appeler. Nous établirons un plan sécuritaire. La sécurité est plus importante que n’importe quelle distanciation sociale.

Une citation de :Angela Marie MacDougall, directrice générale, Battered Women’s Support Services

Linda Annis rappelle aussi l’importance des proches dans des situations de violence domestique. Malgré nos propres soucis, il faut penser aux autres et être attentifs à ce que peuvent vivre les membres de notre famille, nos amis, nos voisins. Aller chercher de l’aide est la meilleure chose à faire, sinon, cela va empirer, affirme-t-elle.

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