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Les États-Unis rapatrieront 2500 militaires d'Afghanistan et d'Irak

Cinq soldats américains attendent sur le tarmac pendant qu'un hélicoptère survole les lieux.

Le 30 novembre 2017, des soldats américains attendent sur le tarmac dans la province de Logar, en Afghanistan. (Archives)

Photo : The Associated Press / Rahmat Gul

Radio-Canada

Le secrétaire américain à la Défense par intérim, Christopher Miller, a annoncé mardi le rapatriement d'environ 2000 militaires d'Afghanistan et 500 soldats d'Irak. Le retrait surviendra avant le 15 janvier, quelques jours avant l'investiture du président désigné, Joe Biden.

Les États-Unis ont présentement une force d'environ 4500 militaires en Afghanistan et de 3000 en Irak.

Faisant l'annonce au Pentagone, Christopher Miller, tout juste arrivé en poste après le congédiement de Mark Esper, il y a huit jours, a affirmé que la décision était conforme aux objectifs stratégiques des États-Unis.

Cela [...] ne correspond pas à un changement de la politique américaine ou de ses objectifs, a-t-il assuré, vantant le sacrifice de plus de 6900 patriotes qui ont rendu ce moment possible.

Nous exécuterons tous ce repositionnement de manière à protéger nos hommes et femmes combattants, nos partenaires de la communauté du renseignement, notre corps diplomatique et nos superbes alliés.

Une citation de :Christopher Miller, secrétaire à la Défense par intérim

Il n'a répondu à aucune question des journalistes.

Quelques minutes plus tard, le conseiller à la sécurité nationale de la Maison-Blanche, Robert O'Brien, a déclaré que le président Donald Trump espérait que les militaires américains en Afghanistan et en Irak reviendraient au pays en toute sécurité et en totalité d'ici le mois de mai.

Traditionnellement, les présidents sortants s'abstiennent de prendre des décisions majeures durant la période de transition, mais le président républicain, battu aux urnes, ne reconnaît pas sa défaite.

La décision sur l'Afghanistan survient environ neuf mois après la conclusion d'un accord entre l'administration Trump et les talibans prévoyant le retrait de toutes les troupes américaines d'ici mai 2021 si certaines conditions étaient remplies.

La taille des troupes américaines, qui atteignait 12 000 militaires en début d'année, y avait déjà été réduite dans la foulée de l'entente.

Mises en garde au Capitole

S'exprimant au Sénat presque au même moment que le secrétaire à la Défense par intérim, le leader de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, a mis en garde contre les risques associés à un retrait précipité des forces américaines de la région.

Il est extrêmement important qu'ici, dans les mois à venir, il n'y ait pas de bouleversements en ce qui concerne la défense ou la politique étrangère, a-t-il dit, ajoutant qu'une diminution précipitée [du nombre de soldats américains] en Afghanistan ou en Irak serait une erreur.

Une telle situation nuirait à nos alliés et réjouirait les personnes qui nous veulent du mal, a-t-il soutenu.

Dans une série de tweets, le sénateur républicain Lindsey Graham, fidèle allié de Donald Trump, a lui aussi émis des réserves, prenant cependant soin de louanger au préalable le leadership du président américain. Il a fait un très bon travail pour gérer le conflit en Afghanistan, a-t-il déclaré d'emblée, disant espérer le retour de toutes les forces américaines un jour.

Disant ensuite avoir espoir de voir les talibans rejeter Al-Qaïda de manière significative, il a cependant ajouté rester très méfiant, insisté sur le respect préalable des conditions et plaidé pour le maintien d'une force de contre-terrorisme en Afghanistan.

Il n'est pas dans l'intérêt de l'Amérique que l'Afghanistan retombe dans la guerre civile, car c'est une occasion rêvée pour [le groupe armé État islamique] et Al-Qaïda de réapparaître en force.

Une citation de :Lindsey Graham, sénateur de la Caroline du Sud, républicain

Le président du Comité sénatorial sur les Forces armées, le républicain Kim Inhofe, a pour sa part affiché un soutien prudent, soulignant que la stratégie devait refléter les conditions sur le terrain.

Le démocrate Jack Reed, démocrate au rang le plus élevé du Comité, a pour sa part critiqué la décision. Le président Trump exprime sa frustration d'avoir perdu l'élection d'une manière plus risquée, qui met en danger notre personnel militaire, aide les talibans et les réseaux terroristes, et encourage ceux qui veulent un plus grand conflit avec l'Iran, a-t-il soutenu.

Des conditions qui ne sont pas réunies

Préoccupés par la montée de la violence contre les citoyens afghans depuis la signature de l'entente et la possibilité que les talibans ne rompent pas leurs liens avec le groupe terroriste islamiste Al-Qaïda, de hauts responsables militaires américains s'inquiètent de l'éventualité qu'ils ne respectent pas les termes de l'accord.

Plus tôt dans la journée, un rapport de l'inspecteur général du Pentagone soulignait d'ailleurs que les talibans avaient mené des attaques contre le personnel des États-Unis et de la coalition après la conclusion de l'accord.

La volonté américaine de se désengager de l'Afghanistan et la poursuite des violences posent de sérieux problèmes à l'OTAN. Un retrait précipité aurait un prix très élevé, avec le risque de voir ce pays redevenir une base pour les terroristes internationaux, a averti mardi le secrétaire général de l'Alliance, Jens Stoltenberg.

En octobre, Donald Trump avait affirmé sur Twitter que toutes les troupes américaines déployées en Afghanistan devraient être de retour à la maison d'ici Noël!

Son tweet avait alarmé les hauts responsables américains qui œuvraient à un retrait progressif, selon le Washington Post, qui avait fait état d'une note interne classifiée envoyée par le secrétaire Esper, selon laquelle les conditions de retrait n'étaient pas réunies.

D'après des sources de CNN, l'opposition de son équipe à un retrait prématuré pourrait ne pas être étrangère à son congédiement et au départ de certains de ses collaborateurs.

L'intervention américaine en Afghanistan s'était faite dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001.

Avec les informations de Reuters, et Washington Post

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