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Des charpentiers-menuisiers formés à Wemotaci contribuent à l’essor de la communauté

Une équipe de charpentiers prennent la pose devant une maison en construction.

Dany Boivin, Pierre-Paul Niquay et Jean-Philippe Petiquay font équipe pour la construction de mini-maisons.

Photo : Radio-Canada / Yoann Dénécé

Maude Montembeault

Wemotaci, en Haute-Mauricie, a trouvé une façon d'augmenter le taux d'emploi chez les Atikamekw tout en réduisant la surpopulation dans les logements. L’an dernier, le centre Qualitech a formé, sur place, des charpentiers-menuisiers. Une fois leur cours terminé, les élèves ont tous trouvé du travail et plusieurs contribuent maintenant au boom immobilier de la communauté.

La communauté atikamekw de 1400 âmes se métamorphose. De nouveaux jumelés et des mini-maisons poussent. Soixante nouvelles habitations sont attendues. Un nouveau centre d’affaires vient d’être construit. La station-service fait peau neuve. On projette la construction d'une auberge, d'une piscine et d'une maison des aînés.

Vue d'ensemble de Wemotaci.

Wemotaci vue de son belvédère. La communauté est aux abords de la rivière Saint-Maurice.

Photo : Radio-Canada / Yoann Dénécé

L’essor de Wemotaci est espéré et planifié depuis l’élection du chef François Neashit, en 2015. Mais un enjeu de taille se dressait : la pénurie de main-d'œuvre. Le développement se concrétise depuis que la communauté peut compter sur une vingtaine de nouveaux charpentiers-menuisiers atikamekw. Des 21 élèves inscrits à la formation en charpenterie-menuiserie offerte à Wemotaci pour la première fois par le Centre de services scolaire du Chemin-du-Roy, 20 ont obtenu leur diplôme. Un taux de réussite de 95 %.

Deux travailleurs sur un chantier résidentiel.

Pierre-Paul Niquay et Jean-Philippe Petiquay ont été engagés par le Conseil des Atikamekw de Wemotaci pour construire des mini-maisons.

Photo : Radio-Canada / Yoann Dénécé

Parmi eux, Dany Boivin, Pierre-Paul Niquay et Jean-Philippe Petiquay ont été embauchés par le Conseil des Atikamekw de Wemotaci pour la construction résidentielle. J’ai travaillé fort pour suivre ce cours-là, confie Jean-Philippe. Son parcours scolaire s’est arrêté avant qu’il n'aille à l’école secondaire. Il a dû suivre un examen de français préalable à son inscription dans le programme, ce qui n’était pas une mince affaire pour lui.

Une rue de Wemotaci avec des maisons neuves.

60 nouvelles maisons sont attendues à Wemotaci, qui compte actuellement 358 logements.

Photo : Radio-Canada / Yoann Dénécé

En travaillant à la construction de nouvelles maisons, les trois collègues apportent leur contribution pour réduire la surpopulation dans les logements. Et aussi pour améliorer la situation socio-économique de Wemotaci.Ça paraît, confirme le chef Néashit. Les gens qui ont des revenus autres que le chômage et le bien-être social. On sent quand même une fierté. On sent qu’il y a de l’espoir pour eux autres, pour leurs enfants et pour la communauté aussi.

Embauché chez Hydro-Québec

Même avec son masque, on peut détecter le sourire de Gary Petiquay quand il débarque de la camionnette d’Hydro-Québec sur le barrage La Trenche. Il porte fièrement l’uniforme d’ouvrier civil et le casque de la société d’État.

Un ouvrier souriant devant un barrage hydroélectrique.

À 30 ans, Gary Petiquay, se réjouit d’avoir décroché un contrat d’ouvrier civil chez Hydro-Québec.

Photo : Radio-Canada / Yoann Dénécé

C’est justement sa bonne humeur et son entregent qui ont convaincu le comité de sélection de retenir sa candidature. Sans son cours en charpenterie-menuiserie, il n’aurait pas répondu aux critères d’embauche. Il confie avoir joué la carte de l’humour aussi pour décrocher l’emploi. Gary est, en effet, un comique. Je fais un peu de tout. Du zigonnage un peu partout avec du monde, du bon monde en plus, répond-il quand on lui demande en quoi consiste le quotidien d’un ouvrier civil chez Hydro-Québec, en Haute-Mauricie. Cette journée-là, il s’affaire notamment à réparer des fissures dans le bâtiment des turbines. Même s’il n’a que 30 ans, Gary pense déjà à sa retraite. Ce sont d’ailleurs les avantages sociaux qui l’ont attiré chez Hydro-Québec. Moi je veux avoir une vie pas très riche, mais une vie bien menée. Il espère également pouvoir y développer d’autres compétences. Il souhaite suivre une formation sur les chariots élévateurs et un cours de conduite de véhicules classe un. Pour lui et plusieurs de ses collègues de classe, le fait que le cours en charpenterie-menuiserie soit offert sur place a été crucial.

S’ils pouvaient offrir d’autres cours, d’autres formations dans les communautés, c’est sûr que les communautés avanceraient pas mal au lieu de tout le temps traîner de la patte, comme on dit.

Gary Petiquay

Le recrutement a grandement été facilité grâce à cette formation, témoigne le chef des centrales du Haut-Saint-Maurice pour Hydro-Québec, Dave Archambeault. Actuellement, les Autochtones représentent 1,6 % des 19 477 employés de la société d'État.

Dave Archambeault devant une centrale hydroélectrique.

Le processus d’embauche pour un poste d’ouvrier civil chez Hydro-Québec prévoit un test de français, un test de mathématiques, un test psychométrique, un examen de santé et une entrevue, a expliqué le gestionnaire Dave Archambeault.

Photo : Radio-Canada / Yoann Dénécé

Le gestionnaire confie que la pénurie d’emploi touche Hydro-Québec comme les autres entreprises. La main-d'œuvre atikamekw représente une solution.

On cohabite et les gens de Wemotaci sont près de nos installations. Pour nous, c’est une belle main d'œuvre. Avoir des gens avec des parcours différents qui vont venir enrichir nos relations avec nos travailleurs. C’était vraiment un souhait qu’on avait.

Dave Archambeault, chef des centrales du Haut-Saint-Maurice, Hydro-Québec

Un projet d’entreprise

Les trois charpentiers-menuisiers de Wemotaci n’ont pas fini d’apprendre. Ils souhaitent devenir entrepreneurs en construction.

Pierre-Paul Niquay mesure une fenêtre sur un chantier.

Pierre-Paul Niquay, 26 ans, voudrait devenir entrepreneur en construction.

Photo : Radio-Canada / Yoann Dénécé

Faire travailler du monde, c'est ça mon but, résume Jean-Philippe. Lui et ses partenaires plaisantent sur le nom que leur future entreprise pourrait porter. La plaisanterie ne les empêche cependant pas d’être ambitieux. Trouver d’autres contrats, pas juste ici, aller travailler à l’extérieur est un de leurs objectifs.

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