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Une encyclopédie des odeurs du passé bientôt créée

Tour Eiffel, ciel bleu et nuages.

Des scientifiques européens vont tenter, entre autres, de recréer des odeurs clefs de certaines époques.

Photo : Nuno Lopes/Pixabay

Agence France-Presse

Un groupe d'historiens, d'experts en intelligence artificielle, de chimistes et de parfumeurs a annoncé mardi qu'il allait recréer pour des expositions les odeurs qu'on trouvait en Europe du XVIe au XXe siècle, et créer en parallèle une encyclopédie des odeurs.

Cette encyclopédie, une première dans le genre, permettra aux internautes de découvrir comment les odeurs ont façonné nos communautés et nos traditions, explique un communiqué de l'Université Anglia Ruskin (Cambridge), une des six structures européennes impliquées dans le projet Odeuropa.

Ou encore de replacer dans leur contexte historique des odeurs qui existent encore, comme celle du romarin, très prisée au XVIe et XVIIe siècle, car on lui attribuait le pouvoir d'éloigner la peste.

Les chimistes et parfumeurs du projet seront aussi chargés de recréer, grâce à des indications trouvées par une intelligence artificielle dans des textes historiques ou peintures, des odeurs clefs de certaines époques, comme le tabac ou de grands parfums historiques, mais aussi de certains espaces, comme la puanteur des villes provoquée par la révolution industrielle.

Un de nos chercheurs travaille sur des peintures et va essayer de recréer l'odeur de (la bataille de) Waterloo, s'est enthousiasmé le Pr William Tullett, historien à l'Université Anglia Ruskin.

La retraite de Napoléon à la bataille de Waterloo, telle qu'illustrée par le peintre Steuben.

Un des chercheurs tentera de recréer l'odeur de la bataille de Waterloo.

Photo : Getty Images / Getty/Hulton Archive/Steuben

Les échantillons d'odeurs recréées voyageront à partir de l'année prochaine dans différents musées européens, plongeant les visiteurs olfactivement dans le passé.

L'historien spécialiste des odeurs explique que parmi les événements à venir, il y aura des collaborations avec des sites qui font des reconstitutions historiques ou des musées où le public devra associer les odeurs avec le bon tableau.

Ce qui intéresse les gens, c'est de savoir comment c'était de vivre dans le passé, comment ça sentait, explique à l'AFP le chercheur, qui veut donner aux gens une expérience plus intime du passé, mais aussi les encourager à penser aux odeurs autour d'eux aujourd'hui.

Il estime que l'anosmie causée par la COVID-19 a remis l'odorat en exergue.

Le projet Odeuropa, dont le coût s'élève à 2,8 millions d'euros (environ 4,3 millions $CAN), permettra ainsi de s'interroger sur le statut des odeurs. Est-ce que les odeurs doivent être considérées comme appartenant à notre patrimoine culturel? demande le Dr Tullett. Et si oui, est-ce que nous devons les préserver pour le futur?

Il sera aussi chargé de développer un nez d'ordinateur capable de retracer des odeurs et des expériences olfactives présentes dans des textes numérisés en plusieurs langues, ajoute son collègue le Pr Peter Bell, de l'Université Friedrich-Alexander d'Erlangen-Nuremberg (Allemagne).

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