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Le tueur de Portapique avait passé plusieurs mois à créer une réplique d'autopatrouille

Une voiture de police avec une flèche qui montre le numéro d'identification du véhicule.

Le 19 avril, la GRC a publié cette photo d'une voiture semblable en tout point à un véhicule de la GRC, sauf pour le numéro d'identification encerclé dans la photo.

Photo : Gracieuseté - GRC

Radio-Canada

L'utilisation, par le tueur de Portapique, d'un véhicule presque identique à une autopatrouille de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) soulève encore bien des questions, sept mois après le drame qui a secoué la Nouvelle-Écosse.

Des documents rendus publics par la police fédérale donnent un meilleur aperçu de la façon dont le tireur a créé la réplique du véhicule de police qu'il a utilisée.

Pendant la plus grande partie de sa cavale meurtrière de près de 200 kilomètres dans le centre de la Nouvelle-Écosse, les 18 et 19 avril derniers, Gabriel Wortman était au volant d'une voiture qui ressemblait à s'y méprendre à une autopatrouille de la GRC.

Des mandats de perquisition de la police, qui ont été rendus publics cette semaine, révèlent que le tireur, qui a abattu 22 personnes, s'était procuré le véhicule sur un site d'enchères du gouvernement fédéral neuf mois avant le drame, le 27 juin 2019, pour un peu moins de 11 000 $.

La voiture était alors dépouillée d'autocollants et d'équipement lié au travail des policiers.

Une photo tirée d'un vidéo de surveillance montrant une autopatrouille de la GRC.

Après la fusillade, la GRC a publié cette photo d'une autopatrouille en faisant remarquer que très peu de véhicules de la GRC ont des barres de poussée.

Photo : GRC Nouvelle-Écosse

Selon les documents rendus publics par la GRC, le tueur de Portapique a travaillé pendant plusieurs mois pour créer une réplique presque identique à une Ford Taurus de la police fédérale. Il aurait dépensé près de 3500 $ US pour acheter des accessoires, notamment des gyrophares, d'après des informations obtenues par la police auprès du site de transactions PayPal Canada.

Les autocollants achetés à Truro

L'ancien denturologiste de 51 ans aurait même cherché à se procurer des autocollants aux couleurs de la GRC quelques semaines avant d'acheter la voiture, d'abord auprès d'une entreprise américaine qui a refusé sa commande, puis auprès d'un commerce de Truro, en Nouvelle-Écosse.

Toujours selon les documents de la police, c'est un ancien employé de ce commerce, Peter Griffon, qui a imprimé les autocollants à l'insu de son patron.

Des relevés téléphoniques obtenus par la GRC, en vertu d'un mandat de perquisition, montrent que Peter Griffon a correspondu avec l'auteur de la tuerie par courriel à plusieurs occasions, et ce, jusqu'au jour même du drame. Il aurait même exercé des petits boulots pour l'ancien denturologiste sur ses propriétés de Portapique.

Peter Griffon était en liberté conditionnelle après avoir purgé une peine pour des délits liés au trafic de drogue et au crime organisé. Après avoir menti aux enquêteurs au sujet de l'impression des autocollants, il a été renvoyé en détention, la Commission des libérations conditionnelles du Canada jugeant qu'il avait violé les conditions de sa libération.

Il prétendait utiliser le véhicule pour des défilés

Le tueur de Portapique possédait au total quatre anciennes voitures de police.

Selon les documents de la GRC, il racontait à son entourage qu'il préparait le véhicule qu'il a emprunté lors de sa cavale meurtrière pour l'utiliser dans des défilés.

Des personnes interrogées par les enquêteurs décrivent l'ancien denturologiste comme un homme violent, paranoïaque et tourmenté par la pandémie de COVID-19. Dieu merci, nous sommes bien armés, aurait-il écrit à un contact dont le nom est caviardé dans les documents de la police.

Le tueur a été abattu par des policiers à Enfield, au nord d'Halifax, après une chasse à l'homme qui a duré près de 13 heures, le 19 avril dernier.

Avec les renseignements de CBC

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