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Discours du Trône : le gouvernement Higgs promet de réinventer les services publics

Ce n’est pas la COVID-19 qui viendra déjouer les plans du premier ministre Blaine Higgs, maintenant à la tête d’un gouvernement majoritaire.

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La lieutenante-gouverneure du Nouveau-Brunswick, Brenda Murphy, le 17 novembre 2020.

La lieutenante-gouverneure du Nouveau-Brunswick, Brenda Murphy, prononce le discours du Trône au nom du gouvernement, marquant l’ouverture de la première session de la 60e législature.

Photo : Radio-Canada

Le discours du Trône présenté mardi à Fredericton cherche à montrer comment le gouvernement peut tirer profit de la pandémie pour « repenser » et « moderniser » la prestation des services publics.

Il a notamment été question du dédoublement des services en santé, de la révision de la Loi sur les langues officielles et de la réforme de la gouvernance locale.

Un véritable élan a été donné, et votre gouvernement veut soutenir cet élan en mettant en pratique les leçons apprises dans le contexte de la pandémie, déclare la lieutenante-gouverneure, Brenda Murphy.

Le discours cite en exemple les consultations médicales virtuelles – qui ont représenté 85 % des rendez-vous durant le plus fort de la crise sanitaire – ainsi que le mode d'apprentissage hybride dans les écoles.

La réaction de votre gouvernement à la pandémie de COVID-19 montre à quel point le Nouveau-Brunswick peut relever des défis.

Brenda Murphy, lieutenante-gouverneure du Nouveau-Brunswick

Les bons résultats de la province quant à la reprise économique sont aussi mis en évidence. Le Nouveau-Brunswick occupe le troisième rang des provinces affichant la reprise de l’emploi la plus complète, illustre la lieutenante-gouverneure.

Le premier ministre Blaine Higgs, lors de la lecture du discours du Trône, le 17 novembre 2020.

Le premier ministre Blaine Higgs, lors de la lecture du discours du Trône.

Photo : Gouvernement du Nouveau-Brunswick

Le gouvernement s'attribue d'ailleurs une partie de ce mérite. De nombreuses mesures ont été prises avant la pandémie afin de rétablir une situation financière saine dans la province [...] Cette réussite a diminué les répercussions financières liées à la COVID-19.

La pandémie de COVID-19 a fait grimper la dette publique de près de 400 millions de dollars au Nouveau-Brunswick.

Compte tenu de la baisse prévue des recettes, votre gouvernement repensera et modernisera la prestation des services publics afin d’optimiser les ressources pour la population du Nouveau-Brunswick tout en vivant selon nos moyens, indique le discours.

Des réformes controversées à l'horizon

Peu de temps avant la pandémie, le gouvernement minoritaire de Blaine Higgs annonçait une réforme controversée du système de santé. Cette réforme, plus tard avortée, prévoyait la fermeture des urgences de six petits hôpitaux, pendant la nuit.

Si le discours ne mentionne pas de but en blanc une telle mesure, il prévient qu'il faudra envisager autrement la prestation des services et faire davantage preuve de collaboration et d’innovation.

Blaine Higgs a dit aux médias qu'il souhaite notamment voir moins de dédoublement de services, autant au sein même des réseaux de santé Vitalité et Horizon, qu’entre les deux organisations.

La centralisation des opérations de la hanche à l'Hôpital Saint-Joseph de Saint-Jean et l'analyse de la majorité des tests de COVID-19 au Centre hospitalier universitaire Dr Georges-L.-Dumont à Moncton sont, selon lui, des exemples de réussites.

Lors du discours, le gouvernement a promis de faire une révision de la Loi sur les langues officielles – il s'agit d'une obligation législative – et s'est engagé à s'intéresser aux exigences linguistiques dans la fonction publique.

Concrètement, le discours suggère d'entamer des discussions sur les barrières existantes et les solutions potentielles concernant les exigences linguistiques requises pour les emplois désignés comme bilingues au sein du gouvernement.

Plus tôt cette année, l'Alliance des gens du Nouveau-Brunswick, un parti ouvertement hostile au bilinguisme officiel, a fait pression afin de réduire les exigences linguistiques pour certains postes dans la fonction publique.

Le discours suggère que les exigences linguistiques pourraient compliquer le recrutement de professionnels dans la province.

Le système de gouvernance locale devrait lui aussi subir les transformations majeures. Des dizaines d’études ont souligné la nécessité d’instaurer des réformes, et il est temps de les mettre en chantier et en œuvre.

Le discours est avare de détails à cet égard, mais il cite tout de même en exemple le modèle de la ville de Saint-Jean, où un nouvel organisme de développement économique a vu le jour. Voilà le genre de leadership et de coopération régionale que votre gouvernement favorisera à l’échelle de la province pour mettre à profit les leçons apprises dans la grande région de Saint-Jean.

Quelques engagements spécifiques

Comme la plupart des discours du Trône, celui-ci dresse les grandes orientations du gouvernement en des termes généraux. La lieutenante-gouverneure mentionne tout de même quelques engagements plus spécifiques :

  • augmenter les taux d’immigration pour attirer 10 000 personnes par année d’ici 2027;

  • forcer les grands émetteurs du Nouveau-Brunswick à réduire leur intensité d’émission de 10 % d’ici 2030;

  • réduire les temps d’attente liés aux interventions de remplacement de la hanche et du genou, pour qu'ils atteignent six mois ou moins;

  • élaborer un plan d’action de cinq ans sur la santé mentale et les dépendances pour améliorer les services offerts dans les établissements.

Brenda Murphy, lieutenante-gouverneure du Nouveau-Brunswick, lors de la lecture du discours du Trône.

Brenda Murphy, lieutenante-gouverneure du Nouveau-Brunswick, lors de la lecture du discours du Trône.

Photo : Gouvernement du Nouveau-Brunswick

Le Parti progressiste-conservateur s'interroge également sur les freins au développement des aéroports de la province. Notre infrastructure actuelle répond-elle aux besoins des voyageurs dont le lieu de départ ou d’arrivée est le Nouveau-Brunswick, et répond-elle aux besoins du milieu des affaires et des étudiants universitaires qui veulent s’établir au Nouveau-Brunswick?

Les engagements du gouvernement s'articulent autour de six priorités, soit la relance économique du secteur privé, la réforme municipale, la réforme en santé, le livre vert en éducation (Nouvelle fenêtre), la réduction des dépenses publiques et le développement durable.

Les grands absents

Les trois chefs de parti de l'opposition ont critiqué le discours pour son manque de substance et pour son omission de certains enjeux, comme l'accès au logement et le racisme systémique.

Certains vous diront qu'il faut porter attention à ce que le discours ne dit pas, plutôt qu'à ce qu'il contient, déclare le chef par intérim du Parti libéral, Roger Melanson.

Dans la communauté, le discours a suscité, pour les mêmes raisons, des réactions partagées.

Le président de la Société médicale du Nouveau-Brunswick, Jeff Steeves, aurait aimé voir un plan plus concret pour pallier la pénurie de main-d'œuvre de professionnels de la santé.

À ce chapitre, Simon Ouellette, porte-parole du Syndicat canadien de la fonction publique, craint que le gouvernement Higgs ne veuille faire plus avec moins. Il y a eu mention du problème de rétention et de recrutement en santé dans le système public, mais on n'a pas dit qu'il y allait avoir les ressources, déplore-t-il.

Simon Ouellette a réagi au discours du Trône du gouvernement majoritaire de Blaine Higgs, le mardi 17 novembre 2020.

Simon Ouellette a réagi au discours du Trône du gouvernement majoritaire de Blaine Higgs, mardi.

Photo : Radio-Canada

La Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) et le Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick (RFNB) estiment tous deux que leurs intérêts n'ont pas été reflétés dans le discours. Les droits linguistiques ont été à peine effleurés, selon la SANB, et l'égalité des genres a brillé par son absence, dénonce le RFNB.

Michel Soucy, président de l'Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick, est lui aussi resté sur sa faim. Bien qu'il ne s'attendait pas à avoir plein de détails sur la réforme municipale, il aurait aimé en avoir un petit peu plus. Il trouve d'ailleurs inquiétant que le discours fasse allusion au modèle de la ville de Saint-Jean. On ne peut pas se comparer à Saint-Jean dans toutes les régions du Nouveau-Brunswick, met-il en garde.

Le maire d’Atholville Michel Soucy.

Michel Soucy, président de l'Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick, aurait aimé en savoir plus sur la réforme municipale (archives).

Photo : Radio-Canada / Genevieve Normand

Le président-directeur général du Conseil économique du Nouveau-Brunswick, Gaëtan Thomas, croit pour sa part que la province va dans la bonne direction. On est en train de créer un environnement que le Conseil économique préconise et qui est favorable pour le développement du secteur privé, se réjouit-il.

Avec des informations de Jean-Philippe Hughes et de Jacques Poitras, de CBC

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