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Crise du logement à Toronto : le surpeuplement touche 3 fois plus les locataires racisés

Un locataire torontois sur trois ne peut pas se permettre de vivre dans de meilleures conditions.

Un couple regarde à l'extérieur depuis le balcon de son appartement.

Les locataires racisés qui vivent dans un espace surpeuplé se trouvent principalement dans les quartiers entourant le centre-ville.

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Les locataires racisés, particulièrement les immigrants et les réfugiés, sont disproportionnellement touchés par la crise du logement, selon un nouveau rapport de l'organisme Social Planning Toronto. Ils sont aussi ceux qui vivent dans les logements les plus délabrés de la ville.

Ce nouveau rapport, intitulé Espaces et lieux d’exclusion : cartographie des disparités en matière de logement locatif dans les communautés racisées et immigrantes de Toronto, tient compte des 25 circonscriptions de la Ville Reine.

Selon les données de Statistique Canada utilisées dans ce rapport, plus d'un million de Torontois étaient locataires en 2016. Près de la moitié des personnes racisées (46 %) sont des locataires comparativement à 36 % chez les personnes non racisées. Les personnes noires sont majoritairement des locataires (72 %).

L'étude détermine que la crise du logement à Toronto n’est pas seulement un problème de santé publique, mais aussi une question d’injustice raciale et de déni des droits des immigrants.

Les personnes réfugiées sont celles qui sont le plus en situation de crise. La moitié d'entre elles disent ne pas pouvoir se permettre d'améliorer la qualité de leur logement, par exemple.

Le logement abordable doit être reconnu comme un droit humain.

Naomi Lightman, professeure adjointe et coautrice du rapport

Le rapport révèle aussi qu'un locataire torontois sur trois (33 %) dit vivre dans un espace surpeuplé et qu'un sur dix dit vivre dans un logement nécessitant des réparations majeures.

Les locataires racisés disent vivre dans un logement surpeuplé trois fois plus que les locataires non racisés.

Le rapport souligne aussi que les nouveaux arrivants vivent particulièrement dans des logements surpeuplés.

Ces tableaux, divisés par circonscription, montrent la différence entre le surpeuplement vécu par les locataires racisés et non racisés de Toronto.

Lorsque nous cartographions les logements inadéquats par quartier à Toronto, nous constatons des divisions importantes liées à la race, écrit sur Twitter la professeure adjointe et l'une des autrices du rapport, Naomi Lightman.

Toronto est une ville de plus en plus ségréguée, ajoute-t-elle.

À York-Centre, 22 % des logements de locataires non racisés sont surpeuplés. Cette proportion grimpe à 51 % chez les locataires racisés. À Etobicoke-Nord, 55 % des locataires racisés signalent vivre dans un environnement surpeuplé.

Le rapport révèle aussi que plus de la moitié des locataires qui s'identifient comme étant d'origine coréenne, sud-asiatique, arabe et chinoise dépense 30 % de leur revenu ou plus pour le logement.

En entrevue à Radio-Canada, Naomi Lightman note que l'écart se creuse de plus en plus.

Toronto est devenu le terrain de jeu des riches.

Naomi Lightman

Les auteurs du rapport, Beth Wilson de Social Planning Toronto, Naomi Lightman de l’Université de Calgary et Luann Good Gingrich de l’Université de York, demandent à tous les ordres de gouvernement des actions.

Demandes faites aux ordres de gouvernement :

  • Respecter le droit fondamental au logement.

  • Lutter contre les inégalités économiques et spatiales croissantes, et l'intensification de la ségrégation dans les villes liées à la race et au statut d'immigrant.

  • Garantir l'accès à un logement abordable, convenable et adéquat pour protéger la santé et la vie humaine en cette période de pandémie et au-delà.

Le groupe demande aussi la création d'un bureau indépendant du commissaire au logement de Toronto et la mise en place d'une stratégie de prévention des expulsions, y compris un moratoire sur les expulsions résidentielles pendant la pandémie.

Ce rapport fait partie d'un projet de cinq ans intitulé Tracing and Addressing Social Exclusion in Canada (TASC), une initiative de recherche qui analyse l'exclusion sociale.

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