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Un accueil nuancé pour le plan vert dans l’Est

Marsoui perd sans cesse du terrain avec l'érosion des berges.

L'érosion des berges fait partie des problèmes auxquels font face les régions de l'Est-du-Québec (archives).

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Le Plan vert annoncé lundi par Québec en laisse plusieurs sur leur faim, dans l’Est-du-Québec comme ailleurs. Si certains considèrent que les sommes consenties pour la protection contre l’érosion des berges sont nettement insuffisantes pour nos régions, d'autres reconnaissent que le plan vert du gouvernement va plus loin que tous ceux qui l’ont précédé.

Québec a annoncé 6,7 milliards de dollars sur 5 ans pour verdir son économie, dont 76 millions de dollars pour la prévention des risques liés à l’érosion côtière.

Cette somme risque d'être rapidement dépensée, puisque seulement aux Îles-de-la-Madeleine, le maire Jonathan Lapierre a déjà réclamé 80 millions de dollars pour faire face à cet enjeu.

En entrevue à Bon pied bonne heure, le directeur de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme des Îles-de-la-Madeleine, Serge Bourgeois, a toutefois souligné que les 76 millions représentent près du double des 40 millions annoncés pour la lutte à l’érosion des berges lors du dernier budget.

Un édifice près des berges érodées, des clôtures tombées et le bord de la mer.

La détérioration des berges est bien visible aux Îles-de-la-Madeleine (archives).

Photo : Courtoise: Municipalité Les-Îles-de-la-Madeleine

On espère que ce sera la Sécurité publique qui va gérer ces programmes-là, dit-il. Tout en reconnaissant que les demandes d’autorisation auprès de divers ministères allongent considérablement les délais d’intervention, M. Bourgeois rappelle l’urgence d’intervenir.

Ça va beaucoup plus vite que les prévisions des spécialistes, constate-t-il. Il cite entre autres la falaise de Cap-aux-Meules et le site de la Grave. On est tout nus pour affronter l'hiver à ces deux endroits-là, déplore-t-il.

M. Bourgeois se dit aussi bien conscient que les besoins sont énormes ailleurs au Québec.

Un plan qui manque d’ambition, selon Martin Ouellet

Sur la Côte-Nord, le député péquiste de René-Lévesque, Martin Ouellet, pense aussi que le plan du gouvernement caquiste manque d’ambition, même s’il admet qu’il constitue un pas dans la bonne direction.

Il aurait entre autres souhaité plus d’aide aux entreprises pour qu’elles s’orientent vers des pratiques plus vertes.

Des installations industrielles

L'aluminerie Alcoa de Baie-Comeau (archives)

Photo : Radio-Canada / Benoit Jobin

J’aurais aimé voir des mesures pour accompagner fiscalement les entreprises, dit-il. Je pense aux alumineries d’ici qui essaient de se tourner vers des pratiques plus vertes.

D’autre part, alors que le plan caquiste offre un bonus pour l’achat de voitures électriques, il refuse catégoriquement d’imposer une taxe sur l’achat de gros véhicules.

Sur ce point, Martin Ouellet convient qu’une taxe sur les achats de gros véhicules pénaliserait lourdement les gens de l’Est-du-Québec qui en ont besoin pour leur travail et leurs diverses activités en forêt.

Il faudrait plutôt permettre au consommateur d’avoir un véritable choix et que des options électriques équivalentes soient disponibles et accessibles, estime-t-il.

Les véhicules électriques intéressent de plus en plus les consommateurs.

Le gouvernement Legault va interdire la vente de véhicules neufs à essence à partir de 2035 au Québec (archives).

Photo : Radio-Canada / Jérôme Lévesque-Boucher

Martin Ouellet déplore également la volonté de Québec d'acheter des droits de polluer à la Californie si la province est incapable d'atteindre ses cibles de réduction d'émissions de gaz à effet de serre.

De son côté, le directeur du Conseil régional de l'environnement de la Côte-Nord, Sébastien Caron, a présenté une vision plus nuancée à l'émission Bonjour la Côte.

Pour lui, l’achat de crédits carbone en Californie est une bonne chose, puisque ces crédits ne coûtent pas cher et qu’ils permettent la réalisation de projets. Ils ne se feront pas ici, convient-il, mais il faut voir la réduction des gaz à effet de serre dans une perspective planétaire.

Il perçoit le plan du gouvernement comme un pas dans la bonne direction.

On dit que ce plan manque d'ambition, mais c’est le plus ambitieux qui a été lancé jusqu’ici.

Sébastien Caron, directeur du Conseil régional de l'environnement de la Côte-Nord

L'ouverture pour l’éolien : une excellente nouvelle pour Gaspé

Par ailleurs, pour atteindre ses cibles, le gouvernement Legault mise sur l'électrification des transports, sur l’énergie éolienne et d’autres formes d’énergies propres. Une bonne nouvelle, selon le maire de Gaspé, Daniel Côté.

La filière éolienne a une place de choix dans le plan. À Gaspé, c'est plus de 800 emplois qui y sont rattachés. C'est de la musique à nos oreilles ce volet-là.

Daniel Côté, maire de Gaspé
Pale éolienne devant usine de Gaspé. Le contrat avec les États-Unis crée 85 emplois en plus d'en consolider 200.

800 emplois sont liés à l'industrie éolienne en Gaspésie (archives).

Photo : Radio-Canada / Radio-Canada/Martin Toulgoat

Pour le reste, certains trouveront ça frileux, mais le premier ministre a fait une avancée significative dans le verdissement de son discours en y incluant l’éolien et en parlant davantage de l’électrification des transports, ajoute M. Côté.

La moitié du chemin

De son côté, la directrice du Conseil régional de l'environnement (CRE) du Bas-Saint-Laurent, Luce Balthazar, estime que le plan ne couvre que la moitié du chemin qu'il reste à parcourir.

Il faut aller plus vite et non plus lentement. Il n’y a pas assez de mesures de dissuasion, dit-elle, faisant référence au comportement des automobilistes qui continuent d’acheter des véhicules de plus en plus gros et polluants.

Luce Balthazar a d'ailleurs souligné, lors de son passage à l'émission Même fréquence, que l’électrification des transports est une bonne chose, mais que les véhicules électriques n’enlèveront pas d’autres nuisances, comme l'étalement urbain.

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