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Extradition de Meng Wanzhou : un ancien agent de la GRC refuse de témoigner

Meng Wanzhou.

La directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, sortant de son domicile pour se rendre à la Cour suprême de la Colombie-Britannique, le 28 septembre 2020.

Photo : Ben Nelms/CBC

Radio-Canada

Les avocats de Meng Wanzhou, dirigeante du géant chinois des télécommunications Huawei, ont révélé lundi qu'un ancien agent de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) ayant participé à l'interpellation de leur cliente en décembre 2018 à l'aéroport de Vancouver refuse de témoigner.

Lundi marquait le début d'une nouvelle série d'audiences devant la Cour suprême de la Colombie-Britannique. Mme Meng participait à ce qui doit être le premier d'au moins 10 jours d'audiences.

Les avocats de Meng Wanzhou ont repris l'interrogatoire de plusieurs agents frontaliers qui ont participé à son interpellation le 1er décembre 2018.

La femme de 48 ans a été détenue par les douaniers, car les États-Unis demandaient son extradition de pour fraude bancaire.

Des informations transmises au FBI

Un des avocats de l'équipe de la défense, Richard Peck, a dévoilé, dès la reprise des audiences, que Ben Chang, un des témoins appelés par son équipe, refusait de témoigner. À l'époque de l'interpellation de Mme Meng, ce dernier était un responsable de la police fédérale canadienne. Il est aujourd'hui retraité.

Selon Richard Peck, c'est lui qui aurait envoyé des informations confidentielles comme des mots de passe ou des numéros de carte SIM appartenant à Mme Meng au FBI. M. Chang dément ces allégations. Qualifiant ce refus de témoigner d'inquiétant, Richart Peck a affirmé que cette décision pourrait avoir des conséquences.

Au cours de sa détention à l'aéroport de Vancouver, Meng Wanzhou a demandé « à plusieurs reprises » les raisons de la durée prolongée de son interrogatoire, a témoigné Sanjit Dhilon, un cadre des douanes canadiennes qui était présent.

Meng Wanzhou, vue d'une caméra de surveillance de l'aéroport.

Meng Wanzhou après son atterrissage à l'aéroport de Vancouver, le 1er décembre 2018 au matin.

Photo : B.C. Supreme Court

Il a affirmé qu'il est alors intervenu en redirigeant l'interrogatoire sur les raisons de l'embargo américain sur la vente des produits de Huawei sur son territoire. M. Dhilon a affirmé que la femme d'affaires était « calme et ouverte » au début de l'interrogatoire, mais qu'elle est devenue « plus refermée » quand sont arrivées les questions entourant les allégations américaines selon lesquelles Huawei serait coupable d'espionnage au profit de la Chine.

L’équipe juridique de Mme Meng accuse les autorités canadiennes de collusion avec le FBI pendant cet interrogatoire et affirme que les agents frontaliers canadiens auraient profité de l'occasion pour tenter de recueillir des informations sur la dirigeante chinoise.

Lors des audiences d’octobre dernier, un douanier canadien a témoigné qu'il avait transmis par erreur à la GRCles mots de passe d'appareils électroniques de Meng Wanzhou après l'interrogatoire.

Un autre événement important dans cette affaire doit faire l'objet d'une journée d'audience au début du mois de décembre. Il s'agit d'une entrevue que le président américain Donald Trump a donnée à la fin de 2018 au cours de laquelle il a affirmé qu'il n'hésiterait pas à intervenir dans le processus d'extradition de Mme Meng, si cela permettait d'obtenir des concessions commerciales de la Chine.

L'équipe de la femme d'affaires croit que ces déclarations de Donald Trump ont « empoisonné » les démarches entourant l'extradition de leur cliente et réduit la probabilité qu'elle obtienne un procès équitable.

Éviter l’extradition

L'équipe de défense de la directrice financière de Huawei veut faire échouer sa procédure d'extradition en démontrant que son interpellation n'a pas été faite selon les règles. Mme Meng a été interrogée pendant trois heures sans la présence d'un avocat. Sans connaître la raison de son interrogatoire, l’héritière de Huawei s'est fait demander les codes secrets de ses appareils électroniques et les a fournis. Ses avocats jugent qu'il s'agit d'une violation de ses droits.

Quelques jours après l'interpellation et l'arrestation de Meng Wanzhou, deux Canadiens ont été arrêtés en Chine avant d'être accusés d'espionnage. Ces deux événements ont provoqué une importante crise diplomatique entre Pékin et Ottawa.

Avec les informations de Agence France-Presse

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