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Les recettes des restaurateurs fondent entre les mains des livreurs

Un livreur de Skip the dishes.

Une plateforme de livraison comme Skip the dishes prend une commission de près de 30 %.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Des tables vides, des chaises retournées et plus aucune odeur qui émane des cuisines... C’est le triste spectacle qui s'offre aux clients des restaurants depuis plusieurs semaines au Manitoba. Seule solution pour déguster un mets par un restaurateur : l'emporter ou se le faire livrer. Mais ce système à un coût, et ce n’est pas toujours celui auquel on pense.

Skip the Dishes, DoorDash ou encore Uber Eats : depuis qu’ils ont fermé les portes de leurs établissements, bon nombre de propriétaires font appel à ces entreprises de livraisons.

Ces entreprises qui fonctionnent à l'aide d'application mobile ou en ligne permettent aux restaurateurs de faire un minimum de ventes. Ils doivent toutefois payer des commissions de près de 30 % à ces entreprises sur chacune des commandes.

Que pouvons-nous faire? Il n’y a pas d'autre moyen, regrette Rafe Abdulla, propriétaire du restaurant Yafa Café à Winnipeg.

Ce dernier explique qu'il doit remettre entre 27 et 30 % de la facture des ventes faites grâce ces plateformes de livraison.

D’après ses calculs, le système reste loin d’être rentable, mais il dit ne pas avoir d'autre choix. Le restaurateur, qui sert des plats du Moyen-Orient, affirme que trop peu de personnes sont prêtes à se déplacer pour venir chercher leur commande et qu'assurer lui-même la livraison reviendrait beaucoup trop cher.

Chris Graves, aussi propriétaire de restaurant, est du même avis que son homologue sur ce point : le pourcentage pris par les plateformes est bien trop important sur un budget déjà limité. Elles prennent une part tellement énorme!, affirme le propriétaire du King’s Head.

Recette maison

Chris Graves a donc choisi une recette maison. Il y a un mois, il a lancé son propre service de livraison. Depuis, le propriétaire soutient avoir fait environs 1200 livraisons. Cela lui a aussi permis de garder une partie de ses employés.

Les coûts sont bien moins importants qu’en utilisant une tierce partie pour la livraison, affirme-t-il.

C’est aussi ce pour quoi a opté Yvonnick Le Lorec, propriétaire de la crêperie Ker Breizh. Le Breton d’origine admet que, en premier lieu, travailler avec de grosses chaînes ne fait pas partie de sa philosophie.

Quand on fait sa livraison soi-même, on peut mettre un petit prospectus et laisser un mot. C’est un peu plus personnel. Et puis, les gens nous voient aussi s’ils sont à la porte.

Yvonnick Le Lorec, propriétaire de la crêperie Ker Breizh

Des pertes importantes

Si chaque restaurateur tente de limiter les ravages de la pandémie sur son chiffre d’affaires, l’association des restaurateurs et des services de nourriture du Manitoba estime tout de même que la situation reste extrêmement difficile.

Selon ses données, la limitation des activités des restaurateurs aux seules commandes à emporter et aux livraisons revient à se limiter à entre 10 % et 20 % des revenus engendrés avant la COVID-19.

Pour le directeur de l’association, Shaun Jeffrey, ce n'est pas une pratique durable pour l’industrie.

De nombreux restaurants fonctionnent à perte. Beaucoup ont perdu de l'argent ces 8 derniers mois, souligne-t-il.

Ce dernier estime que si la plupart des restaurateurs s’affairent toujours en cuisine, c'est d’abord pour s'assurer que leurs consommateurs, qui les ont suivis pendant des années, puissent continuer à bénéficier de leurs services.

Shaun Jeffrey affirme que tout soutien est bon, peu importe d’où il vient, et coûte que coûte.

Avec les informations de Chloé Dioré de Périgny

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