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Lindsey Graham aurait demandé à un responsable républicain de rejeter des voix

Lindsey Graham prononce un discours.

Le sénateur Lindsey Graham s’est adressé aux électeurs de la Caroline du Sud, le 3 novembre 2020.

Photo : Reuters / SAM WOLFE

Dans une entrevue au Washington Post, le secrétaire d'État de la Georgie, Brad Raffensperger, a avancé que le sénateur Lindsey Graham, républicain comme lui, semblait lui avoir demandé de rejeter des bulletins de vote valides. Il a du même souffle réitéré sa frustration devant les allégations de fraudes électorales brandies par son propre camp.

Bouc émissaire de sa famille politique depuis plusieurs jours, Brad Raffensperger continue d'indiquer clairement qu'il ne veut pas plier l'échine.

Si le président Trump et plusieurs de ses alliés contestent les résultats électoraux en Pennsylvanie, au Wisconsin, au Michigan, en Arizona, au Nevada et en Georgie, tous remportés par son rival démocrate Joe Biden, et crient à la fraude électorale, les deux derniers États se démarquent : contrairement aux quatre autres, ils ont des secrétaires d'État républicains.

Ce sont ces élus qui sont responsables du processus du déroulement du vote et du processus de vérification électoral dans leur État respectif, et qui se retrouvent au centre des critiques républicaines.

Après avoir à de nombreuses reprises repoussé les attaques d'autres républicains, le secrétaire d'État de la Georgie a cette fois attiré l'attention sur le sénateur de la Caroline du Sud nouvellement réélu, Lindsey Graham.

Se confiant au Washington Post, M. Raffensperger s'est dit stupéfait, selon le quotidien, que M. Graham semble lui avoir suggéré, au cours d'une conversation survenue vendredi dernier, de trouver un moyen de rejeter des votes postaux exprimés de façon légale.

Le sénateur, un allié loyal du président Trump, lui aurait demandé si les préjugés politiques des personnes travaillant aux bureaux de vote pouvaient les avoir amenées à accepter des bulletins de vote pour lesquels les signatures ne concordaient pas. Il lui aurait ensuite demandé s'il avait le pouvoir de rejeter l'ensemble des bulletins de vote des comtés qui avaient la plus grande proportion de signatures dissemblables.

Interviewé par la suite par le Washington Post, Lindsey Graham a qualifié cette interprétation de ridicule, disant avoir contacté Brad Raffensperger pour comprendre le processus de vérification des signatures et assurant l'avoir fait en son propre nom et non en celui du président.

L'organisation de surveillance Citizens for Responsibility and Ethics a dénoncé les agissements allégués du sénateur de la Caroline du Sud. Sous le couvert d'éradication de la fraude électorale, il semble que Graham suggère d'en commettre, a déclaré le groupe dans un communiqué.

La vérification confirmera les résultats initiaux

Brad Raffensperger, la bouche entrouverte, s'adressant aux reporters.

Brad Raffensperger fait l'objet d'attaques lancées par son propre camp.

Photo : Reuters / DUSTIN CHAMBERS

Il n'y a pas de preuves étayant un vaste mouvement de fraude susceptible de changer l'issue de l'élection, a en outre répété M. Raffensperger, qui a assuré que le recomptage manuel confirmera les résultats initiaux.

Joe Biden a remporté la Georgie avec 49,5 % des voix, contre 49,2 % pour le président sortant, soit un écart de plus de 14 000 voix sur environ 5 millions exprimées. Entamé la semaine dernière, le processus de vérification doit se terminer au plus tard vendredi, échéance de la certification des résultats de l'État.

Le secrétaire d'État a aussi indiqué avoir reçu des menaces de mort et a exprimé sa frustration devant la série d'allégations sur l'intégrité de l'élection formulées sans fondements par le camp Trump.

Dimanche soir, il s'était tourné vers Facebook pour les réfuter une nouvelle fois, une à une.

Je ne pense pas que cela soit utile lorsque vous créez un doute sur le processus électoral. Les gens pourraient se dire : “Pourquoi voter?”

Brad Raffensperger, secrétaire d'État de la Georgie, au Washington Post

Après avoir dénoncé sans preuve un mouvement de fraudes massives et attribué la victoire de son rival démocrate à des votes illégaux, le président Trump a également affirmé que l'entreprise Dominion Voting Systems, dont le logiciel de vote électronique est utilisé pour le dépouillement dans certains États comme la Georgie, était une compagnie gauchiste qui avait effacé 2,7 millions de votes pro-Trump à l'échelle du pays, relayant des théories conspirationnistes.

Plusieurs de ses alliés ont soutenu que l'entreprise, basée au Canada, mais dont le siège social américain est au Colorado, avait des liens avec le Venezuela.

Le comptage manuel prouvera l'exactitude des machines de vote, a affirmé M. Raffensperger.

Il a de plus critiqué sans retenue le représentant républicain sortant Doug Collins, que le président Trump a chargé des efforts de sa campagne liés au recomptage en Georgie.

Je ne peux pas m'empêcher de penser qu'un candidat raté comme Collins se balade en mentant à tout le monde, a dit M. Raffensperger de celui qui a échoué à passer au deuxième tour de l'élection sénatoriale spéciale en Georgie, le traitant entre autres de charlatan et de menteur.

Doug Collins, allié indéfectible du président Trump, a mis en doute la gestion du déroulement du vote par Brad Raffensperger et l'a accusé de capituler devant les démocrates en n'appuyant pas les allégations de fraudes.

Dans une série de tweets tous assortis d'un avertissement de Twitter, le président Trump avait pour sa part qualifié le secrétaire d'État de la Georgie de républicain de nom seulement, critiqué son faux recomptage et s'était autoproclamé gagnant de l'État.

Dans un geste inhabituel, les deux candidats sénatoriaux républicains David Perdue et Kelly Loeffler ont par ailleurs réclamé la démission du secrétaire d'État.

Alors que le camp Trump a multiplié les recours judiciaires pour faire invalider des votes dans plusieurs États, sans pouvoir étayer leurs dossiers, des observateurs internationaux ont écarté le scénario de fraudes électorales massives.

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