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Plus de tricherie à l'université avec la pandémie

Des étudiants se demandent quelle valeur aura leur diplôme si le phénomène continue de prendre de l’ampleur.

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Une femme tape sur le clavier d'un ordinateur portable.

La tricherie est en hausse dans les universités de Montréal, malgré les efforts de plusieurs établissements pour encadrer les examens en ligne.

Photo : iStock

Thomas Marsollais-Leroux et Marianne Blouin commencent à peine leur parcours universitaire qu'ils constatent déjà, à regret, des cas de tricherie liés aux examens à distance – une situation qu'ils trouvent particulièrement frustrante.

Ces deux étudiants se questionnent sur la valeur du diplôme qu'ils décrocheront une fois leurs études terminées.

Ça sert à quoi de faire tant d’efforts quand tu sais que c’est facile de juste se fier à d’autres gens pour avoir des bonnes réponses? demande Marianne.

En suivant ses cours en ligne, la jeune femme a constaté qu'il y [avait] beaucoup de plagiat avec les examens en ligne.

Il y a des étudiants qui font des groupes sur Facebook, qui s’envoient des réponses. Ou même récemment, on a été mis au courant d'une conférence téléphonique pendant un examen de plusieurs étudiants qui s'échangeaient les réponses.

Marianne Blouin, étudiante

Écho similaire pour Thomas. Oui, malheureusement, il y en a plusieurs qui trichent, constate-t-il. Ça s’envoie des réponses pendant le temps de l’examen.

Nous, c’est sûr qu’on aimerait mieux que ça soit en présentiel, lâche le jeune homme.

Un tricheur raconte

Lors de nos entrevues, un jeune diplômé de l’UQAM a accepté de raconter comment il a triché durant la pandémie. Il a toutefois demandé de rester anonyme par peur de représailles.

Ce pouvait être simplement de sélectionner une question à laquelle je n’avais pas la réponse ou pour laquelle je n’étais pas certain, puis d’aller directement sur Messenger [et] envoyer un message à un ami ou une amie pour savoir si elle [pouvait] m’éclairer sur la question à ce moment-là.

Un tricheur anonyme

Ce jeune diplômé raconte avoir participé, pendant des examens, à des groupes de discussion réunissant jusqu'à cinq personnes.

Ses professeurs n’exigeaient pas toujours des étudiants que leur caméra soit ouverte afin de les surveiller. Autrement, il s’agissait de coller des petits papiers autour de l’ordinateur pour être capable d’avoir les notes à portée de main tout en pouvant regarder sans avoir l’air d’avoir directement ses feuilles dans les mains.

Les risques de sanctions ne l’ont pas dissuadé. Je n’ai pas réellement de remords par rapport à ça, dit-il. Je ne me sens pas mal à l'aise. Le but, c’est d’avoir des bonnes notes, et puis des fois, on peut exploiter certaines failles dans le système pour le faire.

Modifier l’approche aux examens

La tricherie en ligne est un phénomène que les établissements universitaires tentent de contenir par divers moyens depuis que la pandémie de COVID-19 a chamboulé leurs habitudes d'enseignement.

À l’UQAM, le nombre total de cas avérés qui ont mené à une sanction s’est élevé à 90 pour la session d’hiver 2020 comparativement à une moyenne de 62 les deux années précédentes. Il s'agit d'une augmentation de 45 %.

La directrice au service des communications Jenny Desrochers rappelle que des campagnes de sensibilisation et de prévention sont menées auprès des 39 000 étudiants de l'université.

De plus, nous avons formé les enseignants lors de deux écoles d'été sur le virage de la pédagogie à distance, incluant les modes d'évaluation à privilégier dans les circonstances, souligne-t-elle.

Mme Béliveau en entrevue dans un amphithéâtre universitaire.

Louise Béliveau est vice-rectrice aux affaires étudiantes et aux études de l'Université de Montréal.

Photo : Radio-Canada

À l’Université de Montréal (UdeM), le nombre de cas avérés qui ont mené à une sanction est passé de 83 pour les sessions hiver-été 2019 à 154 pour la période similaire en 2020.

C’est vrai qu’à l’Université de Montréal comme ailleurs, on a vu une tendance à la hausse de la tricherie, mais on en attrape, des étudiants qui trichent, et il y a des conséquences, rappelle la vice-rectrice aux affaires étudiantes et aux études Louise Béliveau.

Cette dernière cite de nombreux outils mis à la disposition du personnel enseignant lors d’ateliers de formation mis sur pied l’été dernier.

On a des outils qui permettent par exemple aux professeurs de faire des examens différents pour chaque étudiant [...]. Un prof peut avoir une banque de questions et puis générer aléatoirement des questions à partir de la banque pour différents étudiants, ou encore générer l’ordre des questions et l’ordre des réponses.

Louise Béliveau, vice-rectrice aux affaires étudiantes et aux études de l'UdeM

L'usage d’un logiciel de télésurveillance demeure marginal. Ce n’est pas quelque chose vers quoi on veut aller, mais on le fait pour des examens importants à titre de projet pilote, affirme-t-elle. On parle de six cours sur les milliers de cours à l’université. L'UdeM compte plus de 45 000 étudiants.

À l’ETS, le nombre total d’audiences pour des constats d’infraction s’est élevé à 125 dossiers durant la session d’hiver et d’été 2020. Pour la période correspondante de 2019, le total était de 52 et, en 2018, de 74.

Le nombre total de cas avérés qui ont mené à une sanction de culpabilité s’est élevé pour la session d’hiver et d’été 2020 à 74 dossiers. Il s'agit d'une hausse de 54 % par rapport à une moyenne de 48 pour les deux années précédentes (40 en 2019 et 55 en 2018).

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