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Québec finalement peu ouvert à régulariser davantage de demandeurs d'asile

Le premier ministre François Legault avait pourtant fait preuve d'ouverture une semaine plus tôt.

Des gens manifestent avec un panneau visant Justin Trudeau et François Legault.

Une nouvelle manifestation sera organisée samedi à Montréal pour demander un élargissement du programme de régularisation des demandeurs d'asile.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Le gouvernement Legault continue de souffler le chaud et le froid auprès des organismes souhaitant un élargissement de l'accès au futur programme de régularisation des demandeurs d'asile qui ont travaillé au plus fort de la pandémie.

C'est une grosse déception, clame Françoise David.

L'ex-députée et figure historique de Québec solidaire avait été citée par le premier ministre François Legault, le 10 novembre. Durant une période des questions, à la surprise générale, le chef caquiste avait fait preuve d'ouverture pour élargir l'accès à ce programme de régularisation.

[On va] regarder la possibilité d'élargir ces critères, avait-il lancé à la co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, en évoquant une rencontre téléphonique avec Françoise David, qui l'aurait alors sensibilisé au sort d'un petit nombre de personnes qui avaient travaillé au front, entre autres pour faire du ménage, dans certains cas dans des épiceries, dans certains cas dans des pharmacies.

Le premier ministre Legault avait certifié qu'une rencontre aurait lieu entre Françoise David et sa ministre de l'Immigration, Nadine Girault, pour suivre ce dossier.

Or, si cette réunion a bien eu lieu lundi, les paroles auraient été bien différentes. La ministre a contredit ce qu'a dit le premier ministre, explique Marjorie Villefranche, directrice de la Maison d'Haïti. Elle était l'une des trois personnes invitées par Québec pour cette rencontre avec Nadine Girault.

Elle nous a dit qu'elle ne pourra rien faire, que tout est déjà attaché avec le fédéral, qu'elle ne peut pas rouvrir le fédéral et que c'est prévu ainsi pour un lancement fin décembre, détaille Stephan Reichhold, qui dirige la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI).

Joint par Radio-Canada, le cabinet de la ministre Girault ne nie pas ces propos.

La priorité est d’abord de lancer le programme spécial des demandeurs d’asile sur lequel nous travaillons avec le gouvernement fédéral.

Flore Bouchon, porte-parole de la ministre Nadine Girault

Nous allons respecter l’engagement que nous avons pris envers les demandeurs d’asile qui ont donné des soins directs aux malades et aux aînés au plus fort de la pandémie, sur la première ligne, ajoute-t-elle, en précisant que cette rencontre s'inscrivait avant tout dans la volonté de la ministre de renforcer les liens avec les organismes qui œuvrent sur le terrain en offrant des services aux personnes à statut précaire.

Cette position irrite les organismes de soutien à ces demandeurs d'asile. Une manifestation sera organisée samedi à Montréal, devant les bureaux de François Legault, avec la volonté de mettre la pression sur Québec.

Comment ça se fait que ce qui était possible la semaine passée ne marche plus maintenant? C'étonnant.

Stephan Reichhold, directeur de la TCRI

La balle est dans leur camp, clame Ottawa

À l'heure actuelle, seuls les demandeurs d'asile ayant travaillé au plus fort de la pandémie dans le secteur des soins de santé pourront accéder à ce programme, qui leur permettra d'obtenir une résidence permanente. On parle notamment des préposés aux bénéficiaires et des infirmières.

Initialement, Ottawa prévoyait un accès plus large. Le gouvernement Trudeau souhaitait offrir ce programme pancanadien à tous ceux qui ont travaillé dans un établissement de santé, y compris les agents de sécurité et le personnel chargé de l'entretien ménager. Ottawa s'est cependant heurté à un refus de Québec.

La position de Nadine Girault a par ailleurs surpris et déçu le gouvernement Trudeau.

En coulisses, on ne comprend pas le changement de ton, après les propos de François Legault.

On leur a dit qu'on est prêts à discuter, qu'on souhaite élargir avec eux les critères pour une phase 2. La balle est dans leur camp, confie une source proche du dossier.

Dans un message transmis la semaine passée à Radio-Canada, le ministre fédéral de l'Immigration, Marco Mendicino, s'était quant à lui réjoui de la position du gouvernement du Québec. Nous sommes prêts à retourner discuter avec Québec à ce sujet le plus rapidement possible, avait-il déclaré.

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