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État du français au Canada : francophones et anglophones ont des visions opposées

Le sondage souligne aussi des différences de perception marquées entre les francophones du Québec et ceux du reste du pays.

La page d'un dictionnaire est ouverte.

Sept Anglo-Canadiens sur dix ne croient pas que le français soit en situation précaire au Québec et dans le reste du pays, révèle le sondage de l’Institut Environics.

Photo : iStock

Charlotte Mondoux-Fournier

Les francophones et les anglophones ont des visions contraires de l’état du français au pays. Les résultats d'un sondage mené par l’Institut Environics auprès de plus de 5000 Canadiens confirment qu’une majorité d’anglophones ne croit pas que la langue française soit menacée, contrairement aux francophones.

L’étude dévoilée mardi démontre qu’une majorité d’anglophones (71 %) ne croit pas que le français soit en situation précaire au pays.

Les francophones perçoivent la chose autrement.

Le sondage montre que les francophones du Québec (77 %) partagent l’inquiétude des francophones du reste du pays (71 %) sur l’état du français à l’extérieur du Québec.

Cela dit, seuls 34 % des francophones qui habitent à l'extérieur du Québec croient que le français est en péril dans la Belle Province, contre 68 % de Québécois francophones.

Les francophones hors Québec savent peut-être que la situation [...] peut être précaire dans leur propre milieu, mais ils ne sont pas convaincus que le même problème existe au Québec, explique Andrew Parkin, le directeur de l’Institut Environics.

Andrew Parkin.

Andrew Parkin présente un nouveau sondage sur les différences de perception de la langue française au Canada.

Photo : Mowat Centre

Il faut toutefois préciser que l’échantillon recueilli pour les francophones en situation minoritaire est faible. Il ne compte que 146 répondants, comparativement à 786 Québécois francophones et 3649 anglophones hors Québec.

Andrew Parkin est d'avis que les résultats tirés de ce petit échantillon permettent néanmoins de tirer des conclusions.

Les différences qu’on identifie [entre francophones du Québec et Franco-Canadiens] sont assez importantes, explique-t-il. On n’aurait pas écrit là-dessus si on n’avait vu qu’une différence de quelques points sur la question.

Méthodologie

Le Sondage de 2020 auprès des Canadiens sur la Confédération de demain a été fait en ligne (dans les provinces) et par téléphone (dans les territoires) entre le 13 janvier et le 20 février 2020, auprès d’un échantillon de 5152 Canadiens de 18 ans et plus.

Il s’agit d’un échantillonnage non probabiliste et les marges d'erreur ne peuvent être appliquées.

Une réalité linguistique « complexe »

Stéphanie Chouinard, politologue au Collège militaire royal du Canada à Kingston, ne s'étonne pas des résultats mis de l'avant par le sondage.

La population majoritaire n’est pas toujours au fait de ce que vivent les populations francophones, des difficultés que l’on peut avoir pour obtenir des services dans notre langue et aussi des taux d’assimilation assez inquiétants dans certaines communautés.

Une citation de :Stéphanie Chouinard, politologue
Stéphanie Chouinard est professeure adjointe en sciences politiques au Collège militaire royal du Canada.

Stéphanie Chouinard ne s'étonne pas des résultats mis de l'avant par le sondage.

Photo : Radio-Canada

Lorsqu’on regarde ce qui se passe dans la francophonie au Québec, on trouve que les Québécois sont particulièrement choyés par rapport à notre propre situation, explique-t-elle. C’est probablement de là que vient cette disparité entre les perceptions [des francophones du Québec et hors Québec].

Selon M. Parkin, ces différences de perspective montrent toute la complexité de la réalité linguistique canadienne. Ce sondage prouve, selon lui, le besoin d'un meilleur dialogue entre communautés linguistiques.

Il faut plus d'échanges… Mais pas seulement entre les francophones et anglophones.

Une citation de :Andrew Parkin, directeur de l’Institut Environics

Ce ne sont pas juste les ponts entre les communautés anglophones et francophones qu’il faudrait construire, conclut-il, mais aussi entre les deux communautés francophones en situation minoritaire et majoritaire pour mieux comprendre leur situation.

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