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La Suède limite les rassemblements à huit personnes

Des gens sont assis au comptoir d’un bar.

Des gens sont réunis dans un bar du centre de Stockholm. En Suède, les autorités laissent écoles, restaurants et bars ouverts malgré la pandémie.

Photo : Reuters / TT News Agency

Radio-Canada

Après avoir fait face à la pandémie de coronavirus sans obligation de masque, de confinement ou de fermetures, la Suède annonce une première mesure contraignante devant l’accroissement des infections de la deuxième vague. Les rassemblements publics, pas tous, sont limités à huit personnes.

Les rassemblements pouvaient, jusqu’à maintenant, réunir de 50 à 300 personnes selon le type d’événement. Mais le premier ministre Stefan Löfven a sonné la fin de cette pratique pour une période d’un mois à compter du 24 novembre prochain.

Le premier ministre a qualifié la mesure de très intrusive, sans précédent et nécessaire pour faire baisser la courbe du nombre d'infections, soulignant que l'épidémie allait continuer à s'aggraver.

Des Suédois soulagés

La collaboratrice d’ICI RDI à Stockholm, Anne-Françoise Hivert, fait remarquer que beaucoup de Suédois attendaient un tel geste de leur gouvernement. Le personnel de santé tire la sonnette d’alarme depuis plusieurs semaines, avance-t-elle. On craint que la deuxième vague soit plus grave que la première.

La semaine dernière, la Suède comptait 4600 nouveaux cas par jour, ce qui constituait déjà 1000 cas quotidiens de plus que la semaine précédente, relate Mme Hivert. Or, le nombre d’infections a atteint un sommet de 6000 nouveaux cas vendredi dernier et le bilan des décès s'est élevé à 42.

Le pays compte au total 177 000 infections par la COVID-19 et 6164 décès.

Ce qui inquiète, ce n’est pas tellement les contaminations, mais ça se traduit par des hospitalisations qui augmentent très vite, des patients qui sont en [réanimation], ajoute Anne-Françoise Hivert. Elle souligne qu’il y a maintenant 150 personnes en réanimation, alors qu’il y en avait 500 au plus fort de la pandémie.

Les décès augmentent aussi d’une vingtaine par jour, alors qu’on était à deux ou trois [morts] il y a encore quelques semaines, explique Mme Hivert. Les contaminations dans les maisons de retraite pourraient faire grimper la mortalité.

Des mesures plus souples

La Suède demeure toutefois loin du confinement, puisque l'interdiction annoncée par le gouvernement ne vaut essentiellement que pour les événements sportifs et culturels, ou les manifestations.

Malgré la recommandation d’éviter les réunions privées, bars et restaurants continueront d’accueillir les clients, mais avec une limite de huit personnes par table. L’heure de fermeture sera aussi revue à la baisse, ce qui n'empêche pas les Suédois d'y siroter un verre jusqu’à 22 h.

Les établissements scolaires et les magasins ne sont pas touchés par la nouvelle mesure, alors que dans la sphère privée, la mesure demeure une recommandation, sans interdiction formelle.

Faites votre devoir, s’est contenté de demander le premier ministre suédois à ses compatriotes.

Parfum de scandale

Anders Tegnell regarde la caméra.

L'épidémiologiste en chef de la Suède, Anders Tegnell

Photo : Getty Images / JONATHAN NACKSTRAND

La stratégie atypique et peu contraignante de la Suède lui a valu beaucoup d'attention et de controverses ces derniers mois.

Le chef épidémiologique suédois Anders Tegnell - le père de la stratégie suédoise – laissait entendre en septembre dernier, alors que les contaminations étaient très basses, que l’immunité y était peut-être pour quelque chose et qu’il n’y aurait peut-être pas de deuxième vague en Suède, rappelle Anne-Françoise Hivert.

La Suède connaît la même deuxième vague que d’autres pays européens et même bien plus que ses voisins nordiques.

Anne-Françoise Hivert

Le royaume de 10,3 millions d'habitants a mené une stratégie sanitaire plus souple que plusieurs pays dans le monde sans que son réseau hospitalier connaisse de ratés.

La question est de savoir si on a admis tous les gens qui avaient besoin d’être admis à l’hôpital, notamment des résidents de maisons de retraite, s'interroge la collaboratrice d’ICI RDI. Elle souligne qu’il y avait seulement 13 % des résidents de maisons de retraite admis à l’hôpital au mois d’avril dernier.

Certains médecins disent que ce n’était pas nécessaire de les envoyer à l’hôpital, parce que ça n’aurait fait que prolonger et accroître leurs souffrances.

Anne-Françoise Hivert, collaboratrice de Radio-Canada à Stockholm

Ça fait même un début de scandale en Suède, à savoir est-ce que tout le monde a eu les soins qu’il méritait et dont il avait besoin, poursuit Anne-Françoise Hivert. Tout le monde n’a peut-être pas reçu les soins qu’il aurait dû recevoir.

Avec les informations de Agence France-Presse

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