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« Plus de personnes risquent de mourir » de la COVID si Trump bloque la transition

Devant des drapeaux américains et un écran disant « Bureau du président désigné », Joe Biden s'adresse aux reporters aux côtés de sa colistière Kamala Harris.

La conférence de presse de Joe Biden était consacrée à l'économie, mais le refus de l'administration Trump d'amorcer le processus de transition a pris beaucoup de place lors de la période de questions.

Photo : Reuters / KEVIN LAMARQUE

Brandissant les conséquences désastreuses d'un manque de coordination entre les responsables gouvernementaux de la santé publique et son équipe, le président américain désigné, Joe Biden, presse l'administration Trump d'amorcer le processus de transition.

Au cours d'une conférence de presse consacrée à l'économie, lundi, dans sa ville de Wilmington, au Delaware, l'ancien vice-président américain a martelé l'importance de la transition pour la bonne marche des affaires de l'État, notamment la gestion de la pandémie.

Pressé de questions sur l'obstruction du président Trump et de son administration, Joe Biden a estimé que la plus grande conséquence sur la pandémie était le fait qu'elle mettait les Américains en danger.

Plus de gens pourraient mourir si nous ne nous coordonnions pas, a-t-il dit, évoquant la complexité d'un plan de vaccination pour 300 millions d'Américains.

Si nous devions attendre au 20 janvier [date de l'investiture du président désigné] pour amorcer cette planification, cela nous mettrait en retard de plus d'un mois et demi. Il est donc important que cela soit fait, qu'il y ait une coordination dès maintenant. Maintenant ou dès que possible, a-t-il insisté, alors que les résultats préliminaires liés à deux vaccins, ceux de Pfizer et BioNTech ainsi que de Moderna, sont encourageants.

COVID-19             : ce qu'il faut savoir

Dans une entrevue au réseau NBC News, l'épidémiologiste de la Maison-Blanche, Anthony Fauci, directeur de l'Institut américain des maladies infectieuses, a lui aussi indiqué que les délais le préoccupaient.

Près de 247 000 Américains sont morts de la COVID-19, selon les plus récentes données de l'Université Johns Hopkins, et la moyenne quotidienne de morts sur sept jours compilée par le COVID Tracking Project rivalise avec le deuxième pic atteint au mois d'août. Au cours des dernières semaines, plusieurs États ont enregistré un nombre record de cas et d'hospitalisations.

Joe Biden a en outre réaffirmé son soutien à l'imposition du port du masque dans les villes et les États, brandissant le sien.

Quelqu'un comprend-il pourquoi un gouverneur peut faire [du port du masque] une déclaration politique? C'est une question de patriotisme. Il s'agit de sauver des vies.

Joe Biden, président désigné des États-Unis

Ne pas porter de masque n'est pas un signe de masculinité, a-t-il lancé. Il a en outre critiqué l'un des scientifiques du groupe de travail sur la gestion de la pandémie, Dr Scott Atlas, dont la présence dans l'équipe est controversée, mais qui a l’oreille du président.

Dans un tweet, le neurologue, qui avait été recruté après sa participation à des émissions de Fox News, a invité dimanche les Américains à s'élever contre les nouvelles mesures annoncées par la gouverneure du Michigan, Gretchen Whitmer, une démocrate, pour freiner la propagation du coronavirus.

Qu'est-ce qui ne va pas avec ce gars-là?, s'est offusqué le président désigné. C'est totalement irresponsable.

Selon le FBI, la politicienne du Michigan a fait l'objet d'un complot d'enlèvement, pour lequel plusieurs miliciens d'extrême droite ont été inculpés à la fin d'octobre.

Joe Biden a en outre dit soutenir un plan de relance comme le projet de loi de 3000 milliards de dollars adopté en début d'année par la Chambre des représentants à majorité démocrate. Les congés de maladie et les allocations pour la garde d'enfants doivent aussi être des priorités, a-t-il ajouté, alléguant que les citoyens ne devraient pas avoir à choisir entre travailler et prendre soin des autres.

Avant de s'adresser aux journalistes, Joe Biden et la vice-présidente désignée, Kamala Harris, se sont entretenus avec des dirigeants de la communauté des affaires, dont ceux d'entreprises comme General Motors, Microsoft et GAP, ainsi qu'avec des leaders syndicaux.

Blocage d'un processus qui aurait dû être une formalité

Allant habituellement de soi, la transition du pouvoir vers un président dûment désigné par les urnes permet au successeur du président sortant et à son équipe de rencontrer les responsables gouvernementaux et de se familiariser avec l'ensemble des dossiers afin d'être prêts au premier jour du mandat, mais elle est en veilleuse.

Près de 10 jours après l'annonce de l'élection de Joe Biden, le président Trump refuse toujours de concéder la victoire, criant sans preuve à la fraude électorale, et la Maison-Blanche a interdit aux responsables des départements et agences gouvernementales de collaborer avec le président désigné.

L'agence fédérale censée signer les documents autorisant le processus de transition et l'allocation des budgets essentiels à l'équipe de transition refuse de le faire.

Malgré les risques qu'il a brandis, Joe Biden, qui bénéficie d'une expérience de huit ans comme vice-président, a minimisé l'attitude de Donald Trump. Je trouve que cela est plus embarrassant pour le pays qu'handicapant pour ma capacité à me mettre au travail.

Il a, à tout le moins, avancé dans les étapes qu'il peut contrôler, nommant par exemple son futur chef de cabinet, Ron Klain, et formant les équipes chargées de recueillir les renseignements pour naviguer dans l'appareil fédéral, assemblant une liste de 500 experts politiques sur diverses questions, allant de la diplomatie à l'exploration spatiale.

Lundi dernier, il a rencontré le comité consultatif composé de scientifiques et d'experts en santé publique qu'il a mis sur pied en vue de l'aider à mettre en œuvre un plan pour tenter de juguler la pandémie de COVID-19.

Joe Biden doit aussi rencontrer des experts en sécurité nationale cette semaine.

Très peu de républicains à Washington ont reconnu que Joe Biden était le président désigné, mais celui-ci a trouvé des appuis chez ses adversaires sur la question de la sécurité nationale.

Certains ténors du parti, comme le sénateur Lindsey Graham, loyal allié du président Trump, et Chuck Grassley, doyen de la formation, ainsi que le président du Comité sénatorial du renseignement, Marco Rubio, ont ainsi plaidé pour que le démocrate ait accès aux documents confidentiels préparés pour le président désigné par la communauté du renseignement afin qu'il soit prêt dès janvier s'il prend le pouvoir, sans toutefois reconnaître sa victoire.

Ils ont d'ailleurs soutenu du même souffle les démarches de contestation judiciaire de Donald Trump ou ont gardé le silence à ce sujet.

Avant l'élection, Donald Trump avait refusé de s'engager en faveur d’une transition pacifique du pouvoir.

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