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Le plan vert de Québec critiqué pour son « manque d'ambition »

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Photo: Radio-Canada\ Ivanoh Demers
Une femme remplit sa voiture d'essence à une station-service.

Le reportage de Vincent Maisonneuve

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Un programme vert « présenté 20 ans trop tard », qui « manque de cibles et d'ambition », ou simple « bon point de départ »... De nombreuses organisations syndicales et environnementales n'ont pas tardé à réagir à la présentation du plan vert du gouvernement Legault, lundi. Et ces réactions sont tout sauf positives.

Dans un communiqué transmis par courriel, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) ne mâche pas ses mots : C'est un plan que nous aurions bien reçu... il y a 20 ans, lance ainsi Jacques Létourneau, président du regroupement syndical.

Aux yeux de la CSN, le plan vert de la Coalition avenir Québec ne reflète pas les consultations menées par le gouvernement auprès des groupes de travail justement formés en vue de son développement.

L'organisation syndicale en a spécifiquement contre l'absence de mesures contraignantes et de cibles concrètes pour plusieurs secteurs, ce qui réduit la capacité d'action de l'État, a ajouté M. Létourneau.

Ce dernier déplore aussi l'absence d'objectifs spécifiques pour réduire l'empreinte environnementale du secteur industriel québécois, responsable du tiers des émissions de GES du Québec.

Chez Greenpeace, on affirme que le Québec reste une fois de plus sur sa faim avec ce plan qui, malgré les milliards annoncés et certains efforts dignes de mention, est insuffisant pour respecter les engagements climatiques.

Selon Patrick Bonin, responsable de la campagne Climat-Énergie de Greenpeace, le gouvernement Legault devra notamment éduquer et préparer la population en plus de mettre en place de la réglementation supplémentaire et des contraintes, entre autres, à l’utilisation de l’auto-solo, l’utilisation du gaz naturel et aux grands pollueurs en général.

L'Alliance pour une économie verte au Québec (Alliance SWITCH) estime quant à elle que le plan caquiste est un bon point de départ, mais que des efforts supplémentaires, avec la participation de l'ensemble des meilleurs joueurs de l'économie verte au Québec, devront être déployés pour atteindre les cibles de réduction des GES que l'État s'est engagé à réaliser.

Parmi une série de recommandations présentées la semaine dernière, justement pour favoriser une relance économique verte, l'Alliance SWITCH proposait d'ajouter des critères écoresponsables aux appels d'offres publics pour susciter le développement de filières sobres en carbone et le recours aux technologies propres.

Le Réseau environnement mentionne pour sa part un manque d'ambition gouvernementale, même s'il souligne que Québec agit de façon positive sur plusieurs aspects, notamment en annonçant une révision annuelle du plan environnemental.

L'organisation propose que les données d'inventaires GES soient comptabilisées plus rapidement et diffusées afin de permettre un suivi annuel.

La cheffe libérale Dominique Anglade, debout durant une conférence de presse.

La cheffe libérale Dominique Anglade

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Les boulets rouges de l'opposition

On avait réuni tous les acteurs, les gens du milieu environnemental, les gens de l'économie... Tous s'étaient mis ensemble pour vraiment faire face aux problèmes des enjeux, et là, on constate que, d'un coup de crayon, le premier ministre, à son bureau, a décidé d'enlever les mesures phares. Je pense qu'on a un plan qui manque d'ambition, a lancé la cheffe libérale, Dominique Anglade, lors d'une entrevue accordée à Radio-Canada.

De son côté, la députée solidaire Ruba Ghazal critique le refus d'imposer des conséquences financières aux pollueurs.

L'écofiscalité est un outil efficace dont la CAQ se prive et c'est bien dommage. Une écofiscalité intelligente aurait été un moyen de réduction juste et équitable de la pollution, a-t-elle écrit sur Twitter.

Au Parti québécois, le porte-parole en matière d'énergie, d'environnement et de changements climatiques, Sylvain Gaudreault, s'est dit assez étonné et a affirmé ne pas comprendre comment, dans un plan d'action contre les changements climatiques, on vient dire, noir sur blanc, qu'on n'atteindra même pas la moitié de nos cibles pour 2030.

M. Gaudreault se réfère ici à l'objectif de réduction d'environ 12 millions de tonnes de CO2, un puissant gaz à effet de serre, d'ici 2030, soit moins de la moitié de la cible établie par l'Accord de Paris sur le climat, qui est de 29 millions de tonnes.

Selon des informations dont Radio-Canada a pris connaissance, le bureau du premier ministre Legault aurait édulcoré le plan vert développé au sein du ministère de l'Environnement. Une précédente version dudit plan visait ainsi une diminution de 20 millions de tonnes de CO2 d'ici une décennie.

Plus de la moitié de notre objectif sera atteint de quelle façon, sinon avec l'achat de droits de polluer à la Bourse du carbone, a encore indiqué M. Gaudreault, en entrevue à l'émission Midi info, sur les ondes d'ICI Première.

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