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Sortir le Régime de pensions du Canada du carbone

Des puits de pétrole au crépuscule.

La pression se fait de plus en plus forte pour que le Régime de pensions du Canada cesse d'investir dans les énergies fossiles.

Photo : Reuters / Nick Oxford

Le Régime de pensions du Canada (RPC) devrait abandonner ses investissements dans les énergies fossiles, selon de nombreux élus et environnementalistes.

Ces commentaires surviennent alors que des Canadiens s’offusquent que le bas de laine des retraités canadiens ait investi 900 millions de dollars dans une compagnie gazière (Calpine), qui tente de mettre les bâtons dans les roues d’un projet d’Hydro-Québec aux États-Unis.

De l’argent des contribuables canadiens investi dans de l’énergie fossile se trouve à concurrencer un projet d’énergie verte qui pourrait rapporter des millions en dividendes aux contribuables québécois.

Calpine a notamment participé à une campagne publicitaire de 6 millions de dollars qui s'oppose au projet d’Hydro-Québec en Nouvelle-Angleterre.

L’Office d'investissement du régime de pensions du Canada (OIRPC) devrait à tout le moins se départir de ses actifs dans la compagnie Calpine, selon Patrick Bonin de Greenpeace, puisque la compagnie est en concurrence directe avec un projet canadien d’énergie renouvelable.

Le Régime de pensions défait d’une main ce que le gouvernement essaie de faire de l’autre.

Patrick Bonin, Greenpeace

Selon l'environnementaliste, le gouvernement fédéral devrait s’assurer que les investissements de l’OIRPC soient cohérents avec l’objectif de la carboneutralité pour 2050 et l’Accord de Paris.

C’est une mouvance mondiale, ajoute-t-il, et il est temps que le Régime de pensions arrive au 21e siècle.

L’OIRPC doit sortir du carbone, croit la cheffe du Parti vert Annamie Paul, parce que ce n'est pas compatible avec notre plan national pour combattre la crise climatique et atteindre nos cibles de réductions de gaz à effets de serre.

Une plateforme pétrolière en mer.

La plateforme pétrolière Hibernia au large de Terre-Neuve.

Photo : Radio-Canada

C’est un secteur en déclin qui est en train de vivre ses dernières années. Il faut désinvestir.

Annamie Paul, cheffe du Parti vert du Canada

Selon elle, l’OIRPC devrait suivre l’exemple d’autres régimes de pensions dans le monde – comme la Caisse de dépôt et placement du Québec – et rejoindre une alliance d’investisseurs soutenue par l’ONU pour atteindre la neutralité carbone de ses portefeuilles d’ici 2050.

Selon l’organisme Go Fossil Free, plus de 1200 institutions de financement dans le monde ont désinvesti plus de 14 000 milliards de dollars des industries fossiles. Une cinquantaine d’entités canadiennes font partie du lot, comme la Ville de Montréal.

Une question d’indépendance

D’autres élus à Ottawa estiment que ce serait une erreur de permettre aux gouvernements d’influencer l’OIRPC et de remettre en question ses décisions d’investissements.

Le porte-parole conservateur en matière de Finances, Pierre Poilievre, croit que les politiciens ne sont pas les bonnes personnes pour décider où mettre notre capital, nos investissements de fonds de pension.

Le Régime de retraite du Canada a un seul but : fournir aux Canadiens retraités la pension la plus sûre et sécuritaire possible... pas d'avancer les objectifs des politiciens.

Pierre Poilievre, porte-parole conservateur en matière de Finances

Le ministère des Finances à Ottawa indique que l’OIRPC exerce ses activités sans lien de dépendance avec les gouvernements fédéral et provinciaux et que ses décisions ne sont pas influencées par les orientations politiques.

Investissement durable

Des rangées de panneaux solaires dans un désert, la nuit.

Les investissements dans les projets énergétiques verts et non polluants rapportent de plus en plus.

Photo : iStock

La valeur des placements de l’OIRPC dans des sociétés mondiales d’énergie renouvelable a plus que doublé en un an, pour s’établir à 6,6 milliards de dollars. Ça représente moins de 2 % de ses actifs nets.

L’OIPRC a une politique de développement durable qui indique que les changements climatiques peuvent être d’importants moteurs de risque ou d’occasions de rentabilité et de valeur pour les actionnaires.

Dans le document, on peut également lire : En tant que propriétaire actif, nous dialoguons avec des entreprises afin de les inciter à améliorer la gestion de ces facteurs.

Cependant, dans le cas précis d’Hydro-Québec et de Calpine, le porte-parole de l’OIRPC tente de se distancier des actions de la compagnie.

Nous investissons en masse, les compagnies opèrent, écrit un porte-parole, suggérant que l’OIRPC n’est pas responsable des décisions d’affaires des compagnies dans lesquelles elle investit.

Le gouvernement fédéral appuie le projet d’Hydro-Québec aux États-Unis, indique une source gouvernementale. Il s’agit d’un bon projet pour nos deux pays, souligne la ministre du Commerce international, Mary Ng.

Une raison de plus pour que le gouvernement fédéral envoie un message clair au Régime de pensions du Canada, lance Patrick Bonin, même s’il est un organisme indépendant.

Le gouvernement fédéral pourrait revoir la loi qui encadre le Régime de retraite du Canada, selon lui, afin d'enchâsser dans sa mission un objectif de carboneutralité d’ici 2050.

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