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Archives

Val-Jalbert, une histoire à raconter

Maison abandonnée et délabrée sur le site de Val-Jalbert.

Les vestiges du village de Val-Jalbert racontent une histoire fascinante.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Connaissez-vous Val-Jalbert? Nos archives reviennent sur l’histoire de ce village fantôme devenu une attraction touristique au Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Érigé en 1901 autour d’un moulin pour fabriquer de la pulpe de pois, Val-Jalbert était un village de compagnie.

L’industrie de pâte et papier mécanique qui fera émerger une collectivité provoquera aussi sa perte un quart de siècle plus tard, en 1927, avec l’arrêt de sa production.

Un village prospère qui s’effondre

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Les habitants de Val-Jalbert posent en groupe.

Canada express, 22 décembre 1967

Photo : Radio-Canada

À l’émission Canada express du 22 décembre 1967, le narrateur Yvon Leblanc raconte avec nostalgie les belles années de Val-Jalbert.

Au début des années 1920, le confort de la vie à Val-Jalbert fait l’envie des populations environnantes. Les habitants de la ville travaillent pour une seule entreprise, l’usine à pâte, qui offre les meilleurs salaires de la région.

Photographies d'antan à l'appui, le quotidien de Val-Jalbert est évoqué : le laitier Cyprien Gagnon, le boulanger Cossette et le bateau Mistassini qui rapporte des nouvelles du reste du monde.

« On faisait une belle vie à Val-Jalbert », confirme un ex-ancien ouvrier de la Quebec Pulp& Paper Mills Limited.

La fin de semaine, des résidents de Roberval et de Chambord viennent à cheval visiter Val-Jalbert et la chute Ouiatchouan qui alimente son moulin à pulpe.

Des Tremblay, des Martel, des Fortin, près de 1000 personnes s’établissent à Val-Jalbert au cours de cette époque dorée.

Le 5 août 1927 vient tout chambouler. La Quebec Pulp& Paper Mills Limited annonce l’interruption des opérations à son usine de Val-Jalbert.

La demande pour la pâte mécanique non transformée est en baisse et l’entreprise ne croit pas pouvoir reprendre ses activités avant le printemps 1928.

C'est alors que l'histoire a commencé sa marche à l'envers.

Le narrateur Yvon Leblanc

Leurs loyers payés par l’entreprise, les habitants de Val-Jalbert restent au village un premier hiver. D’autant plus que le curé insiste pour qu’ils ne partent pas trop tôt.

Le printemps suivant, c'est tout parti, raconte Yvon Leblanc sur des images de la désertion de Val-Jalbert.

40 ans après la fermeture de l’usine de pâte et papier, Val-Jalbert est véritablement une ville fantôme.

L’hôtel est abandonné, les maisons de bois éventrées ou placardées. Le moulin, avec sa structure métallique rouillée, est hors d’usage et la voie ferrée est envahie d’herbes et de feuilles mortes.

Il y a bien un projet de parc touristique, mentionne-t-on en 1967, et le site de Val-Jalbert attire de plus en plus de visiteurs la fin de semaine.

Les touristes ne savent pas toujours ce que ça a été Val-Jalbert. Dans le temps, c'était bien plus beau que ça.

Le narrateur Yvon Leblanc

Un village touristique qui rayonne

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Le bâtiment historique et la chute de Val-Jalbert.

Reflets d'un pays, 10 août 1981

Photo : Radio-Canada / Mélissa Paradis

Au rythme des vers du poème Le vieux moulin d’Alice Lemieux, l’émission Reflets d’un pays du 10 août 1981 nous offre à son tour une visite de Val-Jalbert.

La journaliste Hélène Chouinard rappelle qu’avec ses installations modernes, le dynamique village du Lac-Saint-Jean était destiné à un brillant avenir.

Police, téléphone, électricité, banque, caisse populaire, syndicat ouvrier. Qu'est-il arrivé pour qu'aujourd'hui on parle de ce village au passé?

Hélène Chouinard

Après avoir été laissé à l’abandon, le village a été pris en charge par le ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche dans les années 60.

L’idée était de protéger et mettre en valeur les vestiges de cette tranche d’histoire. Des bâtiments ont été restaurés et rénovés. Des sentiers et autres accès aménagés.

L’ancien hôtel a été transformé en magasin général pour les touristes et les campeurs, expose la journaliste Hélène Chouinard.

De village fantôme, Val-Jalbert est devenu un musée à ciel ouvert. Les visiteurs y affluent désormais pour prendre un bain de nature et d’histoire.

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Un banc et des maisons écroulées derrière.

Téléjournal, 19 mai 2011

Photo : Radio-Canada / Mireille Chayer

Comme en témoigne ce reportage au Téléjournal du 19 mai 2011, des touristes viennent de partout pour visiter le village historique de Val-Jalbert.

En parcourant ce site pittoresque en 2007, la romancière française Marie-Bernadette Dupuy y a d’ailleurs trouvé l’inspiration.

De retour chez elle à Angoulême, elle a pondu une saga historique dont l’action se déroule à Val-Jalbert au siècle dernier.

Le journaliste Maxence Bilodeau nous raconte son histoire, ainsi que celle de son éditeur saguenéen et d’une jeune lectrice avide de ses aventures.

Sa saga – qui s’est amorcée avec le titre L’Enfant des neiges – a été vendue à plus de 400 000 exemplaires dans le monde.

Alimentée par ses contacts dans la région, Marie-Bernadette Dupuy y décrit la vie du Val-Jalbert d’antan avec une précision d’historienne.

C’est une visibilité inespérée pour nous, confirme Dany Bouchard, le directeur général du Village historique de Val-Jalbert. Les livres de Marie-Bernadette Dupuy ont permis de faire connaître le site à des gens qui ne l’auraient peut-être pas découvert autrement.

L’histoire du village Val-Jalbert, un site qui demeure très fréquenté, n’est pas à la veille de se terminer.

En écrivant des romans, elle [Marie-Bernadette Dupuy] permet à Alycia de continuer à rêver au prince charmant, à la maison d’édition de Jean-Claude Larouche de passer le cap des 35 ans et au village de Val-Jalbert d'être plus vivant, comme dans le bon vieux temps, conclut Maxence Bilodeau sur le parcours étonnant de Val-Jalbert.

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