•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des écoles prennent les devants pour une meilleure ventilation

Une femme, dans une salle de classe, tient un appareil posé sur une table.

Plus de 400 purificateurs d'air ont été commandés en septembre par la commission scolaire Lester B. Pearson au coût de 500 000 $.

Photo : Radio-Canada

Sarah Laou

Alors que le nombre de cas de COVID-19 dans les écoles du Québec est à la hausse et que l'hiver approche, une commission scolaire anglophone de Montréal se dote de 420 purificateurs d'air qu'elle installera dans les classes afin de tenter de freiner la propagation du virus.

À l’instar du Conseil scolaire public anglais de Toronto (TDSB) qui a annoncé 500 purificateurs d'air pour ses établissements considérés à risque élevé de COVID-19, la commission scolaire Lester B. Pearson (CSLBP) a décidé d’agir pour s'assurer que ses écoles resteront ouvertes d'ici la fin de l'année scolaire.

Plus de 400 appareils ont été commandés en septembre au coût de 500 000 $. Avec un délai de livraison de 10 semaines, ils ont été livrés il y a quelques jours et seront installés cette semaine dans les salles de classe, les salles de professeurs et les bibliothèques d'une cinquantaine d’établissements de la CSLBP.

La directrice générale adjointe de la commission scolaire, Carol Heffernan, précise que cette décision a été prise et évaluée dès l’été.

Pendant l’été, nous avons examiné les bonnes pratiques conseillées par le ministère, mais aussi toutes les recherches sur la ventilation, notamment celles sur la filtration de l’air. [...] On avait comme consignes de laisser les fenêtres ouvertes, mais quand il fait moins 30, ce n'est pas possible. En se basant sur plusieurs études d’universités, on a trouvé l’option des purificateurs d’air.

Carol Heffernan, directrice générale adjointe, commission scolaire Lester B. Pearson

Les appareils de filtration de l’air sélectionnés sont automatiques et assez grands pour filtrer l’air de l'ensemble d’une classe, à raison de cinq fois par heure, et ce, sans bruit afin de ne pas déranger les professeurs et les élèves, assure la directrice générale adjointe. Il ne sera également pas nécessaire de devoir les nettoyer quotidiennement puisqu’ils contiennent des filtres d’une durée de 18 mois.

C’est notre dernière ligne de défense. [...] Mais il faut que tout le monde suive les directives de la santé publique , croit-elle.

En outre, la CSLBP mène en parallèle un projet pilote d'analyse de la qualité de l'air. Une vingtaine de capteurs seront installés dans les salles de classe. C’est l’entreprise Assek Technologie qui a mis sur pied cet outil permettant de collecter de l’information en temps réel sur le taux de particules dans l’air et dans une pièce donnée.

En diminuant le nombre de particules dans l'air, on va diminuer le nombre de particules virales dans l'air. Donc le fait de filtrer l'air intérieur devrait diminuer les facteurs de contagion.

Guillaume Blais, vice-président de l'entreprise Assek Technologie

Grâce à cette installation, l’entreprise croit notamment être en mesure de mieux informer les centres de services scolaires sur l’ajustement de leur ventilation.

Une décision saluée

Les initiatives de la commission scolaire Lester B. Pearson ont été saluées par les responsables d'établissements et membres du personnel, mais aussi par des parents d'élèves.

Joseph Valenti, parent d’une élève fréquentant l’une des écoles, s’est dit ravi de constater que la commission avait pris la peine de planifier et de prévoir le besoin.

Notre commission scolaire a pris cette initiative pour anticiper [la deuxième vague] et les mois plus difficiles de l’hiver. [...] Je suis content qu'elle ait trouvé cette solution pratique et réussi à le faire. C'est la santé de ma fille, la santé de ma famille. C'est primordial, a ajouté M. Valenti.

Pour cet ingénieur et père de trois enfants, il est important de s’assurer de maintenir les enfants à l’école de façon sécuritaire. On ne veut surtout pas que les élèves retournent à la maison comme au mois de mars. Tout le monde doit faire un effort, croit-il.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Des jeunes sont assis à leur pupitre et étudient.

Des écoles prennent les devants pour une meilleure ventilation

Photo : Radio-Canada

Des élèves en manteau pendant les cours

À l'école primaire Sherbrooke Academy Jr qui relève de la CSLBP, la directrice Laurence Assouline se réjouit de l'arrivée de ces purificateurs d'air dans son établissement.

La ventilation des classes était l'une de nos inquiétudes parce qu’on sait que la propagation de la COVID-19 se fait plus rapidement si c'est fermé. [...] Et ici, nous n’avons pas de système de ventilation mécanique.

Laurence Assouline, directrice de l'école Sherbrooke Academy Jr

Dans cette école construite dans les années 1960, comme dans plusieurs autres au Québec, ce sont les fenêtres qui assurent la ventilation des classes. Et pas question d’utiliser les ventilateurs de plafond qui pourraient accélérer la circulation du virus.

Les professeurs ouvrent donc les fenêtres chaque matin. Celles-ci demeurent ouvertes tout au long de la journée lorsque les élèves sont en classe. Et lorsqu'il fait froid, les élèves portent leurs manteaux pendant les cours, explique la directrice. Mais à une température trop basse, il n’est plus possible d’ouvrir ces fenêtres et les risques de propagation s'accentuent.

Une femme ouvre des fenêtres.

Laurence Assouline, directrice de l'école Sherbrooke Academy Jr, présente l'actuel «système de ventilation manuel» de ses classes.

Photo : Radio-Canada

Si l'école primaire Sherbrooke Academy Jr aura bientôt résolu ce problème, nombreuses sont les écoles de Montréal qui n’auront pas de solutions dans les prochaines semaines.

C’est le cas du Centre de services scolaires de Montréal, qui n’a pas l'intention d'installer de purificateurs d'air portatifs, et ce, même si plusieurs de ses écoles sont vétustes et sans système de ventilation adéquat.

Marc-Etienne Deslauriers, du comité de parents du Centre de services scolaire de Montréal (CSSDM), se dit très inquiet pour la sécurité des élèves et exige des réponses de la part du Centre.

Dès le mois d'août, on a voulu avoir un rapport sur la fenestration dans toutes les classes et on n'a jamais eu de réponse. On veut que les écoles soient ouvertes dans un contexte sécuritaire, mais l’hiver s'en vient et c'est certain qu'on ne peut plus ouvrir les fenêtres.

Marc-Etienne Deslauriers, comité de parents du Centre de services scolaire de Montréal

Québec poussé à agir en urgence

Inquiets de cette situation, les élus de Québec solidaire (QS) et du Parti québécois (PQ) demandaient cette semaine au gouvernement Legault d’agir rapidement dans le dossier de la qualité de l’air dans les écoles.

Les écoles au Québec sont vieilles, elles sont très vieilles, et elles ont souvent de mauvais systèmes de ventilation. Dire aux profs d’ouvrir les fenêtres, ce n’est pas une solution. […] Ouvrir les fenêtres à moins 20 ne sera pas suffisant, avait notamment soulevé le co-porte-parole de QS Gabriel Nadeau-Dubois lors d’un point de presse mercredi.

Le parti a déposé une motion à l’Assemblée nationale demandant l’installation de détecteurs de CO2 dans toutes les classes de la province pour mesurer la qualité de l’air des locaux ainsi que l’installation de purificateurs d’air partout où cela sera jugé nécessaire.

Le Parti québécois a fait de même en demandant un plan clair de ventilation de toute urgence, comprenant l'achat des fameux purificateurs d’air portables.

La porte-parole de l'opposition officielle en matière d’éducation, Marwah Rizqy, a reproché au gouvernement de ne rien faire pour s'assurer que toutes les écoles de la province soient dotées d'un système de ventilation adéquat à l’approche de l’hiver.

Le premier ministre du Québec, François Legault, le ministre de la Santé, Christian Dubé et le directeur de la santé publique, Horacio Arruda s'adressent aux médias.

Québec a débloqué en septembre 20 millions de dollars pour l'entretien des systèmes de ventilation dans les écoles.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Critiqué pour ne pas avoir anticipé le problème après la première vague, le ministre de la Santé Christian Dubé a admis que le gouvernement aurait dû y réfléchir durant l’été.

Dans les priorités qu'on avait fixées avec la santé publique, celle-là n'était pas là pendant l'été. Est-ce qu'elle aurait dû l'être? Avec du recul, vous avez sûrement raison, a-t-il alors concédé, après avoir plaidé que la Coalition avenir Québec (CAQ) avait hérité d'un réseau de l'éducation sous-financé.

En septembre, Québec a pourtant débloqué 20 millions de dollars pour l'entretien et l'installation de système de ventilation dans les écoles. Plusieurs établissements s'en seraient prévalus, un suivi reste à réaliser.

Québec attend notamment les résultats d'un rapport sur la ventilation dans les écoles de la province. Des résultats qui étaient attendus par le ministère de l’Éducation en septembre et qui devraient se faire connaître d'ici la fin novembre.

Avec les informations de Jean-Philippe Robillard.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !