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Retrait de vaccins au Nouveau-Brunswick : trop tôt pour sauter aux conclusions

Un lot de vaccins contre la grippe a été retiré au Nouveau-Brunswick.

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Un vaccin contre la grippe saisonnière administré à Berlin, en Allemagne, le 30 octobre 2020.

Un vaccin contre la grippe saisonnière administré le 30 octobre 2020

Photo : Reuters / Fabrizio Bensch

Radio-Canada

Il est trop tôt pour établir un lien de cause à effet entre l’administration d’un vaccin contre la grippe et des manifestations inhabituelles survenues dans les jours qui ont suivi, affirme une épidémiologiste appelée à réagir au retrait d’un lot de vaccins au Nouveau-Brunswick.

Vendredi, les responsables de la santé publique au Nouveau-Brunswick ordonnaient le retrait immédiat d’un lot de vaccins contre l’influenza. Il s’agit du lot numéro KX9F7 du produit Flulaval Tetra, distribué par GlaxoSmithKline (GSK).

La décision, disaient-ils, était provoquée par trois cas de manifestations cliniques inhabituelles survenues dans une période de trois à sept jours après l’administration d’un vaccin antigrippal.

Un lien de causalité qui n'est pas établi

Il y aurait eu au Nouveau-Brunswick un cas du syndrome de Guillain-Barré et un cas de myélite transverse chez des individus qui avaient reçu une dose d’un vaccin contre la grippe saisonnière issu de ce lot, six jours avant l’apparition de symptômes.

Ces deux cas sont signalés alors que la province a distribué 85 000 doses du vaccin contre l’influenza.

Caroline Quach en entrevue par webcam.

La docteure Caroline Quach en entrevue par webcam le 15 novembre 2020

Photo : Radio-Canada

La Dre Caroline Quach, qui est pédiatre, microbiologiste-infectiologue, épidémiologiste et responsable de la prévention des infections au Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, à Montréal, appelle à ne pas sauter aux conclusions tout de suite.

Elle parle d’un lien temporel, c’est-à-dire que l’administration d’un vaccin et l’apparition d’une maladie sont survenues dans la même période, mais qu’ils ne sont pas obligatoirement reliés.

Pour l'instant, la causalité n'a pas encore été établie. Il faut juste voir s'il y a d'autres raisons qui peuvent expliquer l'apparition de ces deux syndromes.

La Dre Caroline Quach, microbiologiste-infectiologue et épidémiologiste

Il y a plein d'autres diagnostics possibles qui peuvent expliquer la survenue d'un Guillain-Barré ou d'une myélite transversale, poursuit-elle. Il y a plein de virus qui peuvent donner de telles manifestations, je pense qu'il faut avoir plus d'information de la part du Nouveau-Brunswick sur les deux cas rapportés.

Dans un communiqué publié dimanche en fin d'après-midi, le ministère de la Santé du Nouveau-Brunswick indiquait que des symptômes neurologiques, comprenant un engourdissement ou une faiblesse au visage ou aux membres du corps, se sont manifestés dans les sept jours suivant l’administration du vaccin chez trois adultes ayant été vaccinés entre le 2 et le 20 octobre.

Cependant, il faut enquêter davantage pour déterminer s’il y a un lien de causalité avec le vaccin, signale le Ministère.

Santé Canada et l'Agence de santé publique du Canada assurent le suivi avec les provinces et territoires pour déterminer les mesures à prendre, mais précise que les cas répertoriés au Nouveau-Brunswick semblent être liés à un lot du vaccin FluLaval Tetra.

Un avis a été diffusé dans toutes les provinces et tous les territoires les informant des événements indésirables survenus au Nouveau-Brunswick après l'administration de ce vaccin. Plusieurs provinces ont suspendu l'utilisation des vaccins à partir du numéro de lot spécifié. Une enquête plus approfondie sur la sécurité de ce vaccin sera lancée, a laissé savoir la porte-parole de Santé Canada dans un courriel.

Santé publique de l’Ontario a confirmé avoir placé en quarantaine le lot du vaccin FluLaval Tetra en question par mesure préventive.

Une manifestation inhabituelle, mais bien documentée

Ce vaccin antigrippal est administré partout au Canada, et il n’y a qu’au Nouveau-Brunswick que des manifestations ont été signalées. La surveillance des effets adverses suivant l'immunisation est en cours partout, et il n’y a pas eu d'évidence de cas rapportés ailleurs pour l'instant, souligne la Dre Quach, ce qui est, dit-elle, rassurant.

Qui plus est, le syndrome de Guillain-Barré est une réaction rare aux vaccins, mais bien documentée. Selon le gouvernement du Québec, une personne a moins de risques de contracter cette maladie après une vaccination qu’après une autre infection, comme la grippe.

Le syndrome de Guillain-Barré post-vaccination, on en a vu par les années passées. Le vaccin contre la grippe et d'autres vaccins peuvent effectivement déclencher un Guillain-Barré, mais la maladie elle-même [la grippe] peut aussi en déclencher, dit la Dre Quach. C’est vraiment un des syndromes neurologiques qu'on suit à toutes les années quand on vaccine, avec tous les vaccins.

C'est rapporté, c’est connu. C’est pour ça qu'on le surveille, c'est pour ça qu'on voit ce qui est arrivé au Nouveau-Brunswick - ça ne veut juste pas dire que c’est un lot [de vaccins] en particulier, indique la microbiologiste-infectiologue.

« Pas à s'inquiéter », dit la province

Un avis a été envoyé à tous les fournisseurs de soins de santé au Nouveau-Brunswick. Ceux qui auraient encore en stock des doses provenant du lot en question n’administreront plus ces vaccins en attendant que la situation puisse être examinée de plus près, indique le ministère provincial de la Santé.

Il y a toujours des vaccins antigrippaux disponibles qui ne proviennent pas de ce lot et nous encourageons tous les Néo-Brunswickois à se faire vacciner, s’ils ne l’ont pas déjà fait, a déclaré dimanche dans un communiqué la Dre Cristin Muecke, médecin hygiéniste en chef adjointe du Nouveau-Brunswick.

L'immunisation contre la grippe saisonnière est gratuite cette année au Nouveau-Brunswick.

Le risque de ressentir des effets secondaires graves est extrêmement faible et toute personne qui a reçu le vaccin antigrippal il y a plus de 10 jours sans ressentir d’effet secondaire n’a pas à s’inquiéter, dit la Dre Muecke aux Néo-Brunswickois.

D’après les renseignements de Rose St-Pierre et Jacaudrey Charbonneau

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