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SpaceX a envoyé avec succès quatre astronautes en orbite

Des flammes et de la fumée sortent de la fusée.

La fusée de Falcon 9 de SpaceX, avec la capsule Crew Dragon

Photo : Reuters / THOM BAUR

Agence France-Presse

Trois astronautes américains et un japonais ont décollé dimanche à 19 h 27 du centre spatial Kennedy, en Floride, à bord d'une fusée SpaceX, le nouveau moyen de transport spatial de la NASA après neuf ans de dépendance envers la Russie.

Dans le premier vol de routine de ce que la NASA espère être une longue série, la fusée Falcon 9 de SpaceX a décollé sans encombre avec Michael Hopkins, Victor Glover, Shannon Walker et Soichi Noguchi à bord de la capsule fixée au sommet.

Moins de trois minutes après l'envol, à 90 km d'altitude et alors que la fusée filait à 7000 km/h, le premier étage s'est détaché sans incident, pour revenir sur Terre et être réutilisé, tandis que le second étage avec la capsule poursuivait sa course.

Comme l'a tweeté l'astronaute européen Thomas Pesquet, le premier étage de la fusée sera réutilisé pour la mission qui l'emmènera lui et trois collègues au printemps 2021 vers la station.

Les astronautes s'amarreront 7 heures et demie plus tard à la station, où se trouvent deux Russes et une Américaine, et y resteront six mois.

Ce vol opérationnel suit la mission de démonstration réussie de mai à août, au cours de laquelle deux astronautes américains ont été emmenés vers l'ISS, puis ramenés sur Terre sans encombre par SpaceX.

Le vice-président américain, Mike Pence, a assisté au lancement en personne. Une heure auparavant, il vantait les mérites du président sortant pour cet exploit sur Twitter.

Ce ne sera que la deuxième fois en 10 ans que des astronautes lancent une fusée américaine depuis le sol américain! Merci au président [Donald Trump], l'Amérique est à nouveau leader dans l'espace!

Le vice-président américain Mike Pence sur Twitter

La capsule Dragon de SpaceX est le second appareil capable de rejoindre l'ISS, avec le très fiable Soyouz russe, qui a acheminé depuis 2011 tous les visiteurs de la station, après l'arrêt des navettes américaines. Il aura fallu neuf ans aux Américains pour certifier le successeur des navettes. Un second appareil, fabriqué par Boeing, pourrait être opérationnel dans un an.

Entre Washington et Moscou

La NASA espère poursuivre la coopération avec la Russie. Elle a proposé des places pour les cosmonautes dans les futures missions, et veut que les Américains continuent à emprunter régulièrement les Soyouz.

Les négociations traînent toutefois. Nous voulons un échange de sièges, a dit Jim Bridenstine, le chef de la NASA, vendredi, lors d'une conférence de presse. Les discussions sont en cours, a-t-il simplement dit, une réponse qu'il donne depuis maintenant des mois.

La réalité est que les liens entre Washington et Moscou dans le domaine spatial, l'un des rares où ils restaient bons, se distendent. Rompant avec plus de 20 ans de coopération sur l'ISS, la Russie ne participera pas à la prochaine mini-station voulue par la NASA autour de la Lune, la Gateway.

Le patron de l'agence spatiale russe Roscosmos, Dmitri Rogozine, avait ironisé en 2014 sur le besoin des États-Unis d'un trampoline pour rejoindre l'ISS. Elon Musk, patron de SpaceX, n'a jamais oublié le tacle et s'est exclamé en mai, sur le sujet, le trampoline fonctionne.

SpaceX est devenu la bête noire de M. Rogozine. Outre le fait d'être devenu le transporteur de choix de la NASA, SpaceX est leader du marché des lancements de satellites privés, et la société a forcé la Russie à revoir son programme spatial vieillissant.

Cet été, Roscosmos a annoncé un projet de nouvelle fusée réutilisable, pas semi-réutilisable comme chez SpaceX, a lâché Dmitri Rogozine. Nos ingénieurs [...] ne veulent pas répéter ce que leurs collègues de SpaceX font, mais les surpasser.

Le simple fait que Roscosmos se compare à une entreprise privée illustre la nouvelle ère dans laquelle le monde est entré depuis les années 2010 : l'espace n'est plus le monopole des États.

Période critique pour la NASA

La stratégie américaine intensifiée sous Donald Trump a été de privatiser l'accès aux environs de la Terre, c'est-à-dire de mettre le pied à l'étrier pour SpaceX et Boeing avec des milliards de dollars de contrats, afin qu'elles deviennent des prestataires pour la NASA et pour toute personne ou entreprise privée, vers l'ISS ou de futures mini-stations privées.

Le but ultime est d'avoir plus de moyens pour faire les choses pour lesquelles il n'y a pas encore de marché privé, comme aller sur la Lune et sur Mars, a répété Jim Bridenstine vendredi.

L'alternance politique à Washington est un moment dangereux pour l'agence spatiale, qui n'a pas encore reçu du Congrès les dizaines de milliards de dollars nécessaires pour finaliser le programme Artémis de retour sur la Lune en 2024.

M. Bridenstine a annoncé qu'il quitterait son poste afin de laisser le président désigné Joe Biden fixer ses propres orientations spatiales. À ce jour, le démocrate n'a pas repris à son compte la date de 2024 pour remarcher sur la Lune.

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