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Le harfang des neiges, un hibou annonciateur de l’hiver dans l’Est-du-Québec

Un harfang des neiges posé sur un rocher sur les côtes du fleuve Saint-Laurent.

La photographe rimouskoise Sarah-Danielle Lévesque a immortalisé le passage d'un harfang des neiges le 7 novembre.

Photo : Gracieuseté de Sarah-Danielle Lévesque

Depuis quelques jours, sur les côtes du fleuve Saint-Laurent, les résidents à l’affût peuvent observer le harfang des neiges. L’oiseau de proie vient tout juste de quitter le Nord-du-Québec et le Nunavut pour hiverner dans le sud du Québec et aux États-Unis, ce qui annonce l’arrivée de l’hiver.

Le harfang des neiges affectionne les lieux en hauteur pour mieux observer ses proies, telles que les souris et les campagnols. Il est ainsi possible de l’apercevoir perché sur les poteaux électriques, les clôtures ou les toits.

À Rimouski, pendant plusieurs années consécutives, il y a un harfang qui se perchait sur les lampadaires de la rue de la montée Industrielle et il était plutôt facile à observer, raconte Mikaël Jaffré, directeur de l’Observatoire d'oiseaux de Rimouski et chercheur à l’Université du Québec à Rimouski (UQAR).

Chaque année, le harfang des neiges migre vers le sud du Québec pour y passer l’hiver. Toutefois, c’est l’abondance de l'espèce qui varie d’une année à l’autre.

Ils sont dépendants des cycles de lemmings, précise le directeur de l’Observatoire d'oiseaux. Si la population de ces petits rongeurs de l’Arctique est abondante, ça aura une conséquence sur les populations de harfang des neiges qui se nourrissent principalement de lemmings, explique le chercheur Mikaël Jaffré.

On peut passer d’aucune reproduction (s’il n’y a pas de lemmings), à cinq à sept jeunes qui peuvent être produits par chaque couple.

Une citation de :Mikaël Jaffré, directeur de l’Observatoire des oiseaux de Rimouski et chercheur à l’UQAR

Les indices recueillis sur le terrain indiquent que l’année 2020 semble fructueuse en ce qui a trait à la reproduction des lemmings dans l’Arctique, avance le chercheur. L’Est-du-Québec pourrait ainsi en héberger plusieurs.

Toutefois, le spécialiste indique que les données se font rares en raison du peu d’études réalisées en cette année de confinement.

Un petit rongeur dans la nature.

Il existe quatre espèces de lemmings dans l’Arctique canadien, voici un lemming brun (archives).

Photo : Dominique Fauteux

Les populations de lemmings, dont se nourrissent les harfangs, évoluent en fonction d’un cycle particulier : elles se multiplient rapidement jusqu’à atteindre un nombre maximal d’individus. Elles chutent ensuite jusqu’à disparaître presque complètement en raison de maladies, de prédateurs ou de la famine.

Une explosion démographique surviendra trois ou quatre ans plus tard, et ainsi recommence le cycle, peut-on lire sur le site du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.

Lors de son hivernation, le harfang des neiges se nourrit aussi de quelques espèces d’oiseaux qui se rassemblent sur les plans d’eau libres de glace, notamment le goéland et le canard.

Le harfang des neiges, un emblème du Québec

En 1987, l’Assemblée nationale conférait au harfang des neiges le titre d’emblème aviaire du Québec. Le harfang symbolise la blancheur des hivers québécois, l’enracinement dans un climat semi-nordique et l’extension sur un très vaste territoire.

Source : ministère de l'Environnement du Québec

Quitter l’Arctique pour hiverner dans l’Est-du-Québec

Certains harfangs adultes demeurent dans l’Arctique pendant l’hiver, alors que la plupart des jeunes effectuent de longues migrations jusqu’au sud du Québec et aux États-Unis, selon le directeur de l’Observatoire d'oiseaux de Rimouski.

Une carte présente le Québec et les aires de nidification et d'hivernage du harfang des neiges. L'oiseau hiverne dans le sud du Québec et les États-Unis et passe le reste de l'année dans le Nord-du-Québec et le Nunavut.

Le harfang des neiges migre vers le sud du Québec pour hiverner.

Photo : Radio-Canada

L’aire de nidification du harfang des neiges se situe principalement dans le Nord-du-Québec et au Nunavut. Les harfangs se déplacent ensuite vers le sud, généralement au début de novembre, avant de retourner en Arctique en février ou en mars.

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