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Affaire McKenzie Meadows : les protestataires veulent toujours négocier

Un homme avec une casquette noire

Le représentant des protestataires, Skyler Williams, en point de presse. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

CBC News

Les protestataires qui occupent un nouveau développement immobilier près de Caledonia, en Ontario, demandent, une fois de plus, l’opportunité de négocier afin de se sortir de l’impasse qui les garde sur un pied d’alerte.

Le groupe occupe le terrain, baptisé McKenzie Meadows par le promoteur immobilier, depuis maintenant 118 jours. Ils affirment que cette terre appartient aux Six Nations de la rivière Grand, une Première Nation située tout près. Le groupe de protestataires se nomme 1492 Land Back Lane.

Debout devant une barricade, le porte-parole du groupe de protestataires, Skyler Williams a expliqué aux journalistes, vendredi, que son groupe réclame la même chose depuis 118 jours : des négociations de nation à nation entre les Six Nations et le gouvernement canadien.

En attendant des nouvelles du gouvernement, M. Williams a déclaré qu'il y avait du mouvement au sein des Six Nations.

Un communiqué de presse envoyé par les manifestants cette semaine comprenait des citations du chef du conseil de bande Mark Hill et de Colin Martin, un agent de liaison pour le Conseil des chefs de la Confédération haudenosaunee, le gouvernement traditionnel des Six Nations.

M. Martin y affirme que 1492 Land Back Lane est un autre chapitre de l'histoire de la résistance contre l'empiètement de nos terres. [...] Les revendications territoriales non résolues sont un problème permanent dans le pays et la première étape vers une véritable réconciliation est d'honorer les traités conclus avec nos ancêtres.

Lors d'un point de presse à la radio la semaine dernière, M. Hill a remercié le conseil des chefs et les mères de clan de l'avoir laissé assister à une réunion informelle pour discuter du différend en cours autour de McKenzie Meadows ainsi que d'autres questions qui ont eu un impact négatif sur l'ensemble de nos relations.

Nous espérons que dans les jours à venir, nous pourrons travailler ensemble pour nous concentrer sur l'objectif commun de régler nos revendications territoriales des Six Nations, a ajouté M. Hill dans son discours. Il est temps que les gouvernements provinciaux et fédéraux redressent leurs torts.

Or, le conseil de bande, aujourd’hui dirigé par M. Hill, est celui qui a vendu les droits territoriaux qui devaient permettre au promoteur d’y construire.

M. Williams a déclaré que des conversations ont eu lieu au sein de la communauté pour tenter de combler ce fossé et de parler d'une seule voix à la table des négociations.

Maintenant, ils ont besoin de quelqu'un avec qui s'asseoir et parler.

Le gouvernement se dit prêt

La propriété bloquée par les manifestants fait partie du Haldimand Tract, accordé aux Six Nations de la rivière Grand en 1784 pour s'être alliées aux Britanniques pendant la Révolution américaine. Les terres concédées s'étendent sur 10 kilomètres de part et d'autre de la rivière Grand, qui s'étend sur 280 kilomètres et qui traverse le sud de l'Ontario pour se jeter dans le lac Érié. Les Six Nations possèdent aujourd'hui moins de cinq pour cent de leurs terres d'origine.

Le conseil de bande des Six Nations a intenté une action en justice, en 1995, contre Ottawa et l'Ontario au sujet des terres perdues. Le procès devrait avoir lieu en 2022.

Foxgate Development Inc, le promoteur du lotissement de McKenzie Meadows, soutient que le bureau du cadastre de l'Ontario avait le titre de propriété des terres en question et que celles-ci ont été vendues légalement il y a plus d'un siècle.

Dans une déclaration du 24 juillet, le conseil de bande a ajouté que les Six Nations avaient été compensées de deux manières pour le développement, d'abord en 2016 avec 42,3 acres et de nouveau en 2019 sous la forme de 325 000 dollars, qui ont été placés sur un compte bancaire foncier. 

M. Williams a déclaré qu'il était au courant des discussions indirectes impliquant les gouvernements élus et traditionnels, mais qu'aucun détail précis sur le lieu ou la date de ces discussions n'avait été fourni.

Une déclaration faite vendredi par le bureau de Carolyn Bennett, ministre des Relations Couronne-Autochtones du gouvernement fédéral, a indiqué que les fonctionnaires du gouvernement ont été en contact régulier avec les représentants des élus et du conseil des chefs des Six Nations et leur ont proposé de les rencontrer.

Le gouvernement s'est engagé à travailler pour résoudre les problèmes de revendications territoriales de longue date et à comprendre comment le Canada peut soutenir leur vision et leurs aspirations à l'autodétermination, peut-on lire dans cette déclaration.

Nous sommes impatients de rencontrer la communauté dès que possible.

Espoir d'un résultat pacifique

En attendant, M. Williams a déclaré que les gens qui occupent le site se concentrent à se préparer à y rester tout l’hiver, isoler les structures et couper du bois de chauffage.

Le week-end dernier, les manifestants ont invité les membres de la communauté de Caledonia dans leur camp, y compris ceux qui s’opposent à l’occupation, pour discuter de la situation.

Nous avons parlé de l'histoire. [...] Il y a eu de bonnes conversations, a déclaré M. Williams. Selon lui, les gens qui sont venus discuter étaient d’accord : La province et le gouvernement fédéral doivent se mettre à table [et négocier].

Nous espérons et prions pour que tout cela se termine de manière pacifique, a-t-il ajouté.

M. Williams a déclaré qu'il n'y a pas eu de discussion au sujet des des barricades qui bloquent la rue Argyle Sud, la route McKenzie et l'autoroute 6.

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