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Des centaines de citoyens de Longueuil manifestent contre l’abattage des cerfs

Des manifestants masqués avec des pancartes.

Des centaines de manifestants se sont rassemblés au parc Michel-Chartrand, à Longueuil, samedi à 14 h, pour exprimer leur désaccord envers la décision de la Ville d'abattre une quinzaine de cervidés.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Laurianne Croteau

Plusieurs centaines de personnes ont manifesté leur mécontentement, samedi, envers la décision de la Ville de Longueuil d’abattre la moitié des 32 cerfs de Virginie présents dans le parc Michel-Chartrand. Plus de 30 000 contestataires ont aussi signé une pétition en ligne pour dénoncer cette décision.

L'abattage annoncé en début de semaine vise à contrôler la surpopulation de cervidés dans le secteur, qui entraîne la détérioration de l'écosystème en plus de mettre l'espèce à risque.

On comptait 32 chevreuils dans le parc en 2017, selon un inventaire aérien. Ils sont devenus deux fois trop nombreux pour permettre à la nature de se revitaliser, d’après la Municipalité. Une quinzaine de bêtes doivent ainsi être tuées. Leur viande sera offerte à des banques alimentaires de la région.

Geneviève Soza-Florent.

L'organisatrice de la manifestation, Geneviève Soza-Florent, croit que la Ville aurait dû chercher une autre solution que l'euthanasie.

Photo : Radio-Canada

L’autrice de la pétition et organisatrice de la manifestation, Geneviève Soza-Florent, croit que la Ville n’a pas suffisamment tenté de trouver une autre solution.

Ce n'est pas vrai que la Ville a regardé toutes les possibilités. Il y a eu des lacunes quelque part, donc c'est ça que j'ai voulu faire : dire aux gens de faire leurs actions citoyennes, d'aller parler à la Ville, d’aller parler au ministère pour dire qu’il y a d’autres solutions.

Geneviève Soza-Florent, organisatrice de la manifestation

J'aimerais que Longueuil, la ville où j'ai grandi, devienne un leader dans l'urbanisme vert [...], écrit-elle dans la pétition. Il ne faut pas uniquement se demander ce qu'il va advenir de ces cerfs, mais aussi essayer de comprendre pourquoi nous en sommes rendus avec ce problème afin de trouver des solutions sur le long terme.

La Ville maintient sa position

Longueuil réplique qu’elle a bel et bien évalué toutes les solutions possibles et consulté des experts sur la question. Trois méthodes sont habituellement utilisées pour réguler les populations de cervidés : le déplacement des animaux vers d’autres territoires, la chasse contrôlée et la stérilisation.

Certains ont aussi proposé d’introduire des coyotes dans le parc et de stériliser les cerfs de Virginie, ce qui représente un budget considérable, selon Pierre Gingras, journaliste spécialisé en écologie.

Deux cerfs de Virginie dans la neige.

La Ville de Longueuil abattra la moitié des 32 cerfs de Virginie présents dans le parc Michel-Chartrand à la fin du mois.

Photo : Autre banques d'images / Guy R. Leblanc

Le Sanctuaire pour animaux de ferme de l'Estrie s’est dit prêt à accueillir les chevreuils, de même que l'entreprise Shift de Bécancour, le Zoo Miller, en Beauce, la Ferme 5 étoiles de Sacré-Coeur, sur la Côte-Nord, le Familizoo de Saint-Calixte, dans Lanaudière, et l'organisme montréalais Sauvetage animal.

Une solution que désapprouvent les experts. Souvent, plus de la moitié des cerfs vont décéder dans les heures ou les jours qui suivent leur déplacement, expliquait la biologiste Anaïs Gasse, du ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs du Québec, à l’émission Le 15-18.

Le problème ne date pas d'hier, selon Alain Branchaud, directeur général de la section Québec de la Société pour la nature et les parcs du Canada, et la solution réside dans des mesures à très long terme. Il constate qu'il n'y a pas suffisamment d'aires naturelles protégées au Québec ni assez de corridors entre ces zones pour assurer le déplacement des différents cheptels.

Il admet toutefois que la seule solution possible pour les bêtes dans le cas du parc Michel-Chartrand, c’est l’abattage.

La ressource n’est pas suffisante pour soutenir une population d'une trentaine de cerfs de Virginie, explique Alain Branchaud. En moyenne, on pense qu'un kilomètre carré peut soutenir environ cinq cerfs. Le parc Michel-Chartrand a une superficie d'un peu moins de deux kilomètres carrés. On voit là une surabondance.

Le boisé était beaucoup plus vaste dans le passé et accueillait beaucoup plus de prédateurs, comme des ours, des coyotes, des loups et des cougars, explique-t-il, ce qui facilitait le contrôle de l’espèce.

Des résidents se sont d’ailleurs plaints de leur présence auprès de la Ville de Longueuil ces dernières années.

Leur forte concentration a des conséquences collatérales, comme les dommages causés aux haies des résidences voisines et le risque de collision avec un véhicule aux limites du parc. En 2019, 38 accidents du genre ont été signalés sur le territoire de Longueuil.

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