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De Gaspé à Vancouver à vélo, seul avec l’hiver, pour sauver des vies

Le cycliste à un carrefour de routes dans la MRC Côte-de-Gaspé.

C'est parti pour Louis-Joseph Couturier, en route vers Vancouver

Photo : collaboration Louis-Joseph Couturier

Ébranlé par les nombreux décès de cyclistes sur les routes, Louis-Joseph Couturier s’est donné le défi de traverser le Canada à vélo en plein hiver pour réclamer des aménagements plus sécuritaires. Il est parti de Gaspé samedi midi.

Ravi de voir la petite neige tombée samedi matin, le cycliste se disait très excité de partir. L’heure du grand départ a sonné à midi.

Ce titulaire d’une maîtrise en sciences politiques originaire de Québec se dit très bien préparé. Ça fait neuf saisons que je roule été comme hiver, dit-il. J’ai aussi fait de grandes expéditions, dont une de 8000 km en Afrique.

J’aime beaucoup relever des défis. Ça me fait sentir en vie. Je vais quand même avoir un plaisir de fou à faire cette expédition-là.

Louis-Joseph Couturier, cycliste et aventurier
À vélo dans la neige en ville.

Le cycliste en est à son 9e hiver à vélo.

Photo : collaboration Louis-Joseph Couturier

En pleine pandémie

Pour dormir, il compte sur son équipement de camping adapté aux conditions météo extrêmes. Idéalement, il aurait aimé être hébergé chez des gens de temps en temps. La pandémie l’en empêche, mais ne l'arrête pas. Je ne veux pas devenir un virus ambulant, assure-t-il. Mais je peux dormir dans un garage, si c'est possible.

La solitude pourrait en rebuter plus d’un, mais le cycliste l’aborde à sa façon.

En temps de pandémie, je ne serai pas le seul à me sentir seul. Est-ce qu'on n’est pas tous seuls actuellement?

Louis-Joseph Couturier, cycliste et aventurier

La pandémie a contrecarré ses plans d'une autre façon, puisqu’il voulait traverser le Canada de bout en bout en commençant par les provinces atlantiques. C’est ce qui explique pourquoi il a choisi de partir de Gaspé.

La traversée à vélo

Un cycliste sur une route de la Gaspésie

Louis-Joseph Couturier n'en est pas à sa première expédition à vélo en Gaspésie. Il se dit littéralement séduit par la gentillesse des Gaspésiens.

La Gaspésie, c’est une des plus belles régions du Québec avec des gens tellement accueillants! Même en temps de pandémie, les gens venaient me porter de la bouffe, ils m’accueillaient sur leur terrain.

Louis-Joseph Couturier, cycliste aventurier

La Campagne du dernier vélo fantôme

Dans son périple, Louis-Joseph Couturier souhaite amasser des fonds pour la Campagne du dernier vélo fantôme.

Avec son objectif de 20 000 $, il compte soutenir Vélo fantôme, un regroupement qui installe et entretient les vélos blancs sur le territoire montréalais, là où des cyclistes ont perdu la vie, un peu comme ces croix de chemin que des gens installent pour commémorer le décès d’un proche.

Louis-Joseph Couturier confie avoir perdu une amie proche dans un accident de vélo. C’est d'ailleurs cet événement qui a été l'élément déclencheur de son projet de voyage.

Sa collecte de fonds Gofundme a permis d'amasser près de 2000 $ jusqu'ici.

Un vélo peinturé et accroché sur un terre-plein.

Un vélo blanc a été installé à Rimouski, sur les lieux de l'accident de Marc-Olivier Crevier-Comtois, décédé en septembre 2019.

Photo : Stéphanie Tremblay

Pour le moment, on peut surtout voir de ces vélos blancs à Montréal, mais Louis-Joseph Couturier rêve du jour où cette initiative s'étendra à l'ensemble du Québec.

Vélos fantôme demande aux autorités publiques d’en faire plus pour la sécurité, explique-t-il. On met l'emphase sur le fait que ces morts ne sont pas acceptables, qu'on aurait pu faire des choix de société pour qu’elles n’arrivent pas.

Le cycliste a pu constater que les aménagements routiers sont déficients un peu partout. Il cite en exemple l’avenue du Phare à Matane : un boulevard où les gens roulent à 70 km juste à côté de nous. C’est dangereux.

Il faudrait que les autorités prennent en compte les cyclistes quand ils pensent au design des rues, qu’ils pensent un peu à nous. Nous sommes une minorité vulnérable. Je pense à une certaine Delphine qui est décédée en Gaspésie cet été, rappelle le cycliste.

Une croix avec la photo de Delphine Langevin.

Delphine Langevin a perdu la vie à mi-chemin de son périple en vélo à travers la Gaspésie (archives).

Photo : Facebook/ValérieLangevin

Invité à se positionner au sujet des relations souvent houleuses entre cyclistes et automobilistes, le voyageur admet que certains cyclistes sont imprudents, tout comme des automobilistes le sont aussi parfois.

S’il y a autant de chicanes entre cyclistes et automobilistes, c'est justement parce qu’on se donne pas la place dans nos infrastructures pour cohabiter, justifie-t-il.

Selon les données de Statistique Canada, entre 2006 et 2017, 890 cyclistes sont morts au Canada, ce qui correspond à 74 décès en moyenne par année.

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