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TikTok gagne du temps pour vendre ses actifs américains

Tout accord que conclura ByteDance, la maison mère de TikTok, sera soumis à l'approbation de Pékin.

Le logo de TikTok sur fond de drapeau américain.

Le logo de TikTok sur fond de drapeau américain

Photo : Reuters / FLORENCE LO

Agence France-Presse

Le réseau social TikTok a remporté une nouvelle victoire dans le bras de fer l'opposant à l'administration Trump. qui l'accuse d'espionnage au profit de Pékin.

Le gouvernement américain a accordé un délai supplémentaire de 15 jours au chinois ByteDance, propriétaire de l'application de vidéos légères, pour restructurer ses activités aux États-Unis, repoussant la menace d'interdiction dans le pays.

Selon un document judiciaire rendu public vendredi, ByteDance a désormais jusqu'au 27 novembre pour parvenir à un accord de vente de ses actifs avec des entreprises américaines et dissiper les accusations d'espionnage au profit de la Chine formulées par l'administration Trump.

Cette extension va donner aux parties et au comité du temps supplémentaire pour résoudre cette affaire conformément au décret, a souligné le Trésor dans un communiqué, rappelant que les discussions ont lieu entre TikTok et le CFIUS, le comité chargé de s'assurer que les investissements étrangers ne présentent pas de risque pour la sécurité nationale.

Accusation sans preuve

Ce répit de dernière minute vient s'ajouter à une série de minivictoires remportées au cours des dernières semaines par le réseau social, dont l'avenir est en suspens aux États-Unis en raison des craintes sur la sécurité nationale soulevées par l'administration Trump à l'été.

Le président américain sortant accuse depuis des mois, sans preuve, la très populaire application de siphonner les données des utilisateurs américains au profit de Pékin.

Ce bras de fer intervient au moment où les relations sino-américaines sont émaillées de tensions de part et d'autre.

Donald Trump a annoncé jeudi interdire aux Américains d'investir dans une trentaine d'entreprises chinoises liées aux activités militaires et a demandé aux investisseurs détenant des participations de les céder d'ici novembre 2021.

Populaire auprès des adolescents, TikTok, qui compte 100 millions d'utilisateurs aux États-Unis et 700 millions en tout dans le monde, rejette les accusations du gouvernement américain.

Donald Trump a signé un décret le 14 août contraignant ByteDance à céder ses activités américaines sous 90 jours sous couvert de menace à la sécurité nationale des États-Unis.

Alors que ce délai arrivait à expiration jeudi soir, le CFIUS a octroyé une extension à ByteDance.

La Maison-Blanche muette

TikTok avait déposé mardi une requête auprès d'un tribunal de Washington pour empêcher le décret d'entrer en vigueur et réclamait une extension de 30 jours en raison, expliquait l'entreprise, du silence du gouvernement quant à l'une de ses propositions de restructuration. La cour a donné à ByteDance et à l'administration Trump jusqu'à décembre pour présenter des documents.

Le réseau social propose, selon des documents judiciaires, de créer une nouvelle société qui hébergerait ses activités américaines. Celle-ci serait codétenue par le groupe informatique Oracle, en tant que partenaire technologique, le géant de la distribution Walmart, en tant que partenaire commercial, et les investisseurs américains de ByteDance.

Donald Trump avait donné son accord de principe en septembre à une première offre de ByteDance prévoyant qu'Oracle et Walmart prennent 20 % des parts d'une société nommée TikTok Global, responsable des activités mondiales de la plateforme et dont le siège serait basé aux États-Unis.

Des réticences avaient toutefois vite émergé, certains membres de l'entourage du président américain jugeant que ByteDance gardait la mainmise sur la nouvelle société.

Pékin aura son mot à dire

TikTok et ses alliés ont lancé une véritable offensive judiciaire pour résister aux pressions de l'administration Trump, offensive qui a été jusqu'à maintenant couronnée de succès.

Le délai accordé par le CFIUS intervient après une décision du département du Commerce jeudi, qui avait permis à TikTok de ne pas tomber sous le coup d'un autre décret, datant du 6 août, menaçant aussi la plateforme d'interdiction.

Le ministère a en effet décidé de se conformer à une décision d'un tribunal fédéral de Pennsylvanie, qui avait suspendu l'application du décret après avoir été saisi par trois créateurs de contenus de TikTok.

Le gouvernement a fait appel de la décision judiciaire.

Tout accord que conclura ByteDance sera soumis à l'approbation de Pékin, qui impose des restrictions sur les exportations de technologies développées par des entreprises chinoises.

Le fameux algorithme de TikTok, qui permet d'afficher les contenus les plus susceptibles d'intéresser les utilisateurs en fonction de leurs goûts, est au centre de toutes les attentions. La Chine veut éviter que ce précieux système informatique tombe dans l'escarcelle américaine.

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