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Les Premières Nations du Manitoba durement touchées par la deuxième vague

Qu’ils vivent dans des réserves ou en milieu urbain, les membres des Premières Nations du Manitoba sont surreprésentés dans toutes les statistiques de la pandémie de COVID-19.

Une murale représentant des motifs autochtones.

Les Autochtones du Manitoba sont plus durement touchés par la deuxième vague de COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Emilio Avalos

Grippe espagnole, H1N1 ou tuberculose, les Premières Nations du Canada ont l'habitude d'affronter des pandémies, souligne Arlen Dumas, grand chef de l’Assemblée des chefs du Manitoba.

Si à cet égard la COVID-19 ne fait pas exception, elle expose une fois de plus les vulnérabilités historiques des communautés autochtones au Canada, indique le grand chef Dumas.

En général, notre population est moins en santé, ce qui la rend plus vulnérable aux épidémies, signale-t-il en entrevue à Winnipeg.

Arlen Dumas, grand chef de l'Assemblée des chefs du Manitoba.

Arlen Dumas, grand chef de l'Assemblée des chefs du Manitoba

Photo : Radio-Canada / Emilio Avalos

Les conditions de vie précaires dans les réserves ne font rien pour aider. Impossible de pratiquer la distanciation physique dans des maisons surpeuplées.

Il y a une pénurie de logements, le parc immobilier est réduit dans les communautés. Nous n’avons pas le luxe d’avoir plusieurs bâtiments; beaucoup d’espaces sont communautaires.

Une citation de :Arlen Dumas, grand chef de l'Assemblée des chefs du Manitoba

Résultat : même s’ils représentent un peu moins de 20 % de la population du Manitoba, les membres des Premières Nations occupent 34 % des lits aux soins intensifs, selon les données compilées par le Secrétariat de la santé et des services sociaux des Premières Nations du Manitoba.

Si, comme dans le reste de la province, les communautés autochtones s’en sont bien tirées durant la première vague, la deuxième frappe de plein fouet.

Devant l’urgence du problème, le gouvernement fédéral a récemment débloqué 61 millions de dollars pour venir en aide aux Autochtones du Manitoba.

[Les communautés autochtones] ont besoin d’un coup de pouce supplémentaire en ce qui a trait non seulement aux capacités de traçage, [mais aussi] aux capacités d’infirmerie et aux capacités de dépistage, indique Marc Miller, le ministre fédéral des Services aux Autochtones.  

Un défi qui dépasse les frontières des réserves

À Winnipeg, les nombreuses murales et sculptures autochtones sont autant de preuves de la forte présence des membres des Premières Nations en milieu urbain.

Pour eux aussi, le coronavirus est une menace sérieuse. Sur les 1086 Autochtones du Manitoba ayant reçu un diagnostic de COVID-19, 576 vivaient hors des réserves.

Cela dit, protéger adéquatement les Autochtones en milieu urbain, parfois plus difficiles à rejoindre, constitue un défi, admet le grand chef Arlen Dumas. 

La majorité des gens qui ont eu la COVID depuis mars vivaient hors réserve. Ça montre la vulnérabilité de ces membres, souligne-t-il.

Une murale représentant des thèmes autochtones.

L'art autochtone est omniprésent à Winnipeg.

Photo : Radio-Canada / Emilio Avalos

M. Dumas critique d’ailleurs sévèrement le gouvernement provincial de Brian Pallister, qui a trop rapidement assoupli les restrictions, selon lui.

Le désir d’ouvrir l’économie s’est mis de la partie. Je crois que c’était négligent de le faire, et nous en payons le prix en ce moment, souligne-t-il, alors que la province est en bonne partie reconfinée depuis jeudi après une forte augmentation du nombre de cas.

C’est justement pour protéger les plus vulnérables, comme les membres des Premières Nations, que le Manitoba impose de nouvelles restrictions, soutient le Dr Brent Roussin, médecin-hygiéniste en chef de la province.

On doit réduire la transmission communautaire parce qu'on sait que la pandémie affecte certains groupes de façon disproportionnée, a-t-il indiqué jeudi en point de presse.

Des progrès, malgré tout

À quelque chose malheur est bon : la pandémie aura au moins permis d’accroître l’autonomie des Premières Nations du Manitoba en matière de santé.

Dès mars, les communautés ont pris l’initiative de colliger des données et de diffuser un maximum d'informations auprès de leurs membres tout en réduisant les obstacles bureaucratiques entre les divers niveaux de gouvernance, se réjouit le grand chef Dumas.

L’avenir des soins de santé au Manitoba sera défini par les Premières Nations. Nous ne reviendrons pas en arrière, nos membres n’accepteront plus un niveau de service inférieur. Je vais m’assurer que les progrès réalisés durant la pandémie ne disparaîtront pas.

Une citation de :Arlen Dumas

N’empêche, si le développement d'un vaccin permet d'espérer la fin de la pandémie d'ici quelques mois, les difficultés historiques des communautés autochtones, elles, ne disparaîtront pas de sitôt.

Il y a encore des familles qui vivent à 20 personnes dans une maison, et 19 sont affectées par la COVID. C’est exécrable, intolérable, et c’est une chose à laquelle il va falloir réfléchir très fortement en sortant de la COVID, reconnaît le ministre Marc Miller. 

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