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Tristesse et détresse : des infirmières vivent un conflit de valeurs

Suzanne Côté photographiée devant un faux mur de brique.

Suzanne Côté est infirmière clinicienne au CLSC de Jonquière.

Photo : Radio-Canada / Lynda Paradis

Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L’infirmière clinicienne Suzanne Côté n’est pas la première de sa profession à émettre un cri du coeur. Son témoignage, livré à notre collègue journaliste Mireille Chayer, démontre cependant de manière limpide toute la détresse et la tristesse que ressentent les professionnelles de la santé en cette période de crise.

« Oui, on tient le coup encore. Mais ça ne tient qu’à un fil . »

— Une citation de  Suzanne Côté, infirmière clinicienne

C’est en ces termes évocateurs que s’exprime Suzanne Côté, qui oeuvre au service de soins à domicile du CLSC de Jonquière.

La professionnelle de la santé rapporte avec candeur une situation infiniment fragile dans un réseau de la santé considérablement affaibli par la pandémie de COVID-19.

Le manque criant de personnel force Suzanne Côté et ses collègues à procéder par ordre de priorités, non sans déchirements.

Il y avait une problématique avant. La COVID a fait empirer les choses. Mais là, on a besoin d’aide. On agit beaucoup en prévention. Présentement, on n’est plus en prévention, on est à éteindre des feux , raconte Suzanne Côté.

Les impacts se font sentir sur les soins et services dispensés.

On demande beaucoup aux familles et on demande beaucoup aux patients d’être autonomes dans leurs soins, ceux qui sont capables de l’être. On va demander à la famille de faire des pansements. Par exemple, aujourd’hui, j’ai demandé à la fille d’une dame de lui donner son injection. Je lui ai montré vite, vite comment ça fonctionnait, si elle se sentait à l’aise parce que je ne sais pas si dans trois semaines on va être capable de retourner la voir , poursuit l’infirmière clinicienne.

La situation cause du stress aux patients. Les effets de la pandémie se répercutent aussi sur le temps consacré à l’enseignement aux personnes qui reçoivent des soins à domicile, de plus en plus limité.

Si on ne s’assure pas que le patient est en sécurité dans son milieu et qu’on ne prend pas le temps de lui offrir les soins et les services dont il a besoin, le patient, il va se ramasser à l’urgence. C’est ça qui est triste , déplore Suzanne Côté.

Les soins à domicile sont encore bons, mais pas aussi bons qu’avant la pandémie, croit l’infirmière, qui constate que la charge de travail est devenue incommensurable.

Passionnée par son métier, Suzanne Côté se désole de constater que des collègues tombent au combat en raison des conditions de travail éprouvantes et du contexte d’urgence.

On n’est plus capable de fournir. On a comme un conflit de valeurs. On veut le bien-être de notre client. On n’a plus le temps de se consacrer à notre travail comme on voudrait le faire. Ça cause beaucoup de détresse , constate l’employée du CIUSSS.

Des larmes, des absences maladie, l’effet domino que provoque chacun de ces départs : des infirmières voient des collègues s’effondrer devant leurs yeux, dans l’impuissance la plus totale.

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