•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

À quand le retour des fonctionnaires au centre-ville de Gatineau? Les commerçants inquiets

L'une des rues les plus passantes du centre-ville de Gatineau est complètement déserte.

Le centre-ville de Gatineau est privé des 12 400 fonctionnaires qui y travaillaient avant la pandémie

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La plupart des fonctionnaires ne savent toujours pas quand ils reviendront travailler en présentiel. Leur absence prolongée au centre-ville de Gatineau commence à inquiéter sérieusement des commerçants.

Avec la deuxième vague de la pandémie qui bat son plein, le fédéral ne semble pas avoir l'intention de rapatrier ses fonctionnaires en télétravail dans les bureaux gouvernementaux de sitôt.

Des employés rencontrés dans les rues du centre-ville vendredi ont indiqué qu'ils attendaient toujours des directives pour le retour au travail.

Isabelle Derny est déjà au bureau, ses services étant essentiels à l'Office des transports du Canada. Les autres employés qui travaillent de la maison, ils n'ont pas de date de retour, a toutefois fait savoir Mme Derny.

C'est un grand mystère parce que ça change tellement, fait valoir Hamish McKillop, un technicien informatique pour Affaires mondiales Canada.

Vérification faite, les milliers de fonctionnaires fédéraux ne sont pas près de regagner leurs bureaux dans les édifices gouvernementaux.

L'édifice Portage 1.

L’achalandage quotidien du Complexe durant la pandémie est actuellement estimé à moins de 500 occupants.

Photo : Radio-Canada

L'Agence du revenu du Canada ne prévoit pas le retour de ses employés non essentiels avant juin 2021.

Le Conseil du trésor a mentionné que la majorité des employés continuera de travailler de la maison tant et aussi longtemps que la santé publique le recommandera. Pour l'instant, il revient à chaque ministère de statuer sur une date de retour au travail.

Le vice-président de l’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) pour la région du Québec, Yvon Barrière, estime qu'un retour au travail est impensable pour le moment.

Il est en désaccord avec la décision du gouvernement de laisser aux ministères le choix du retour au bureau. Il y a certains ministères qui vont peut-être vouloir aller trop vite dans l'état actuel des choses, soutient-il.

Le Conseil du trésor doit envoyer des directives claires aux ministères et aux agences.

Yvon Barrière, vice-président de l’AFPC pour la région du Québec

Stéphane Aubry, le vice-président de l'Institut professionnel de la fonction publique du Canada (IPFPC) est du même avis que M. Barrière : les directives doivent être centralisées.

Présentement, on n'a pas de date fixe pour le retour au travail, indique-t-il en entrevue, mentionnant qu'il n'y a pas d'urgence à forcer les travailleurs à retourner dans les milieux de travail.

Un impact sur les commerçants

Des commerçants déplorent l'absence prolongée des employés de la fonction publique au centre-ville puisque ceux-ci représentent plus de la moitié de leur clientèle.

C'est un drame, fait savoir Nicolas Cazelet, le propriétaire du Gainsbourg, indiquant au passage que l'aide gouvernementale est la seule chose qui leur permet de survivre. On a perdu 85 % de nos revenus depuis les 6 derniers mois, ajoute-t-il.

Comment se fait-il que des gens dans toutes les autres industries au Canada soient au travail, mais pas dans la fonction publique?

Nicolas Cazelet, le propriétaire du Gainsbourg

Je ne comprends pas, toutes les industries sont rouvertes - l'éducation, la santé, la construction - mais la fonction publique, on continue de les garder à la maison, résume-t-il.

Nicolas Cazelet en entrevue tout près de son restaurant.

Nicolas Cazelet explique que s'il a habituellement 80 à 60 employés selon la période de l'année, ils ne sont plus que 7 en raison de la pandémie.

Photo : Radio-Canada

Le président de la Chambre de commerce de Gatineau, Pierre Samson, insiste sur l'impact immense des fonctionnaires sur l'économie du centre-ville. Ça représente au-dessus de 50 % de la clientèle de nos gens d’affaires, illustre-t-il.

Même lorsque ceux-ci reviendront au centre-ville, M. Samson estime qu'il faudra quelques années avant que tout le monde se remette sur pied.

Plusieurs commerces tentent malgré tout de se réinventer pour limiter les impacts de la pandémie sur leurs affaires.

Pour sa part, le maître-brasseur et propriétaire des Brasseurs du temps, Dominique Gosselin, croit qu’il n’y aura jamais une situation de retour en arrière complet et qu'il n’y aura pas autant de fonctionnaires au centre-ville après la pandémie. Selon lui, le modèle du télétravail en a séduit plus d'un et pourrait être adopté à long terme.

Il va falloir montrer une adaptabilité dans le futur. On est en bien conscients.

Dominique Gosselin, maître-brasseur et propriétaire des Brasseurs du temps

La vente de bière, les repas à emporter, les boites familiales, les repas à réchauffer ne sont que quelques-unes des initiatives de l'équipe pour sauver les meubles. Depuis la pandémie, les Brasseurs du temps ont dû sacrifier 75 % de leur chiffre d'affaires. On travaille fort à essayer de s'adapter à la situation plutôt que de se décourager, conclut M. Gosselin.

Avec les informations d'Estelle Côté-Sroka et de Marielle Guimond

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !