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Donald Trump passe près de reconnaître sa défaite

Le président sortant Donald Trump.

Le président sortant Donald Trump.

Photo : Radio-Canada / Evan Vucci

Radio-Canada

Le président Donald Trump est passé tout près de reconnaître sa défaite en évoquant une prochaine administration au cours de sa première conférence de presse depuis l’annonce de la victoire de Joe Biden à la présidentielle américaine.

Prenant la parole dans le Rose Garden de la Maison-Blanche pour parler du vaccin conçu par la compagnie Pfizer, Donald Trump a trébuché lorsqu’il s’est mis à parler d'un confinement du pays, précisant que son administration s’y opposait.

Je n’irai pas, cette administration n’ira pas imposer de confinement. J’espère que la – euh – qu’importe ce qui arrivera dans l’avenir, qui sait quelle administration ce sera... Je suppose que le temps nous le dira...

Donald Trump

C’est la première fois que le président sortant s’exprime de la sorte, lui qui a toujours proclamé avoir gagné l’élection présidentielle. Il continue d'affirmer, sans preuve, que l'élection a été marquée par de la fraude.

Encore vendredi matin, Donald Trump affirmait être le vainqueur de la présidentielle. Une élection truquée! a-t-il tweeté, poursuivant sa remise en cause des résultats, un fait sans précédent dans l'histoire politique américaine.

Donald Trump a convié les médias pour faire le point sur l'opération Warp Speed, qui coordonne la stratégie vaccinale du gouvernement contre le coronavirus.

Il s’est félicité que l’opération visant à fabriquer un vaccin d’ici la fin de l’année soit si près du but. Il s’est réjoui du taux d’efficacité de 90 % du vaccin développé par Pfizer.

Avec une administration autre que la sienne, cela aurait pris quatre ou cinq ans, a-t-il dit, ajoutant que nous l’avons fait cinq fois plus vite.

Nous allons travailler pour donner à Pfizer une autorisation en urgence, qui va venir extrêmement vite, et mon administration pourra alors coordonner la distribution du vaccin, a assuré M. Trump.

Il a promis que d’ici avril, si le vaccin obtient les autorisations nécessaires, des millions de doses seront acheminées à toutes les populations, sauf à l’État de New York pour des raisons politiques, a dit M. Trump, accusant le gouverneur de l’État, Andrew Cuomo, de priver les New-Yorkais de ce grand vaccin.

Il n'a pas confiance en la provenance du vaccin.

Donald Trump, à propos d’Andrew Cuomo

Il n'y a pas eu de période de questions à la fin du point de presse.

Les États-Unis restent, de loin, le pays dont le bilan est le plus lourd. Au total, ils ont enregistré plus de 10,5 millions de cas et 242 600 morts de la COVID-19, loin devant le Brésil (164 281 morts), l'Inde (128 668 morts), le Mexique (97 056 morts) et le Royaume-Uni (50 928 morts).

Un horizon assombri

Aujourd’hui, le clan Trump a encaissé un cinquième revers en justice en Pennsylvanie avec ses requêtes pour faire annuler des milliers de bulletins de vote.

De plus, un juge du Michigan a rejeté une demande visant à bloquer la certification des votes sur la victoire de Joe Biden dans cet État des Grands Lacs.

Jeudi, des agences américaines chargées de la sécurité des élections ont indiqué n'avoir aucune preuve d'un piratage de la présidentielle, contredisant ainsi Donald Trump, que ses adversaires accusent d'empoisonner la démocratie en refusant de reconnaître sa défaite.

L'élection du 3 novembre a été la plus sûre de l'histoire des États-Unis, ont affirmé dans un communiqué commun plusieurs autorités électorales locales et nationales, dont l'agence de cybersécurité et de sécurité des infrastructures (CISA), qui dépend du département de la Sécurité intérieure.

Il n'existe aucune preuve d'un système de vote ayant effacé, perdu ou changé des bulletins, ou ayant été piraté de quelque façon que ce soit, ont-elles déclaré.

L'horizon s'est encore assombri pour Donald Trump après de nouveaux résultats confirmant sa défaite électorale face à Joe Biden, lui-même fortifié par les félicitations de la Chine vendredi, suivant celles d'alliés américains historiques, France, Royaume-Uni et Israël en tête.

Un rassemblement républicain

Les partisans du président, une marée de casquettes rouges Make America Great Again dont Donald Trump n'a cessé de s'entourer dans les dernières heures de sa campagne, continuent d'être bombardés de demandes de participation financière pour défendre l'élection.

Les plus radicaux d'entre eux ont prévu manifester samedi à Washington, même si le camp Trump est dans l'incapacité de produire un seul élément concret prouvant l'existence d'une fraude électorale à grande échelle.

Donald Trump a écrit dans un tweet qu'il envisageait de se rendre à cette manifestation : Cela fait chaud au cœur de voir cet énorme soutien, ces rassemblements spontanés qui fleurissent dans tout le pays, dont un grand samedi à D.C. Je pourrais même essayer de passer dire bonjour.

Comme dans une réalité parallèle, ses secrétaires et ses conseillers les plus fidèles affirment aussi préparer le terrain pour un second mandat Trump.

La porte-parole de la Maison-Blanche, Kayleigh McEnany.

La porte-parole de la Maison-Blanche, Kayleigh McEnany

Photo : Associated Press / Alex Brandon

Je pense que le président va participer à sa propre inauguration en janvier, a assuré vendredi sur Fox News la porte-parole de la Maison-Blanche, Kayleigh McEnany.

Le démocrate Joe Biden a pourtant consolidé sa victoire à l'élection présidentielle en remportant l'Arizona et la Georgie.

En Arizona, la confirmation des résultats jeudi soir a été ralentie par le recours massif au vote par correspondance en raison de la pandémie. L'État du Grand Canyon n'avait élu que des candidats républicains à la Maison-Blanche depuis Bill Clinton en 1996.

Vendredi après-midi, de nombreux médias américains, dont CNN et NBC, ont également confirmé la victoire de Joe Biden en Georgie et celle de Donald Trump en Caroline du Nord.

Les résultats n'avaient pas encore été annoncés dans ces deux États. Aucun démocrate n'avait remporté la Georgie depuis 1992. De son côté, la Caroline du Nord vote républicain depuis 1980, avec une exception en 2008.

Au final, Joe Biden a remporté 306 grands électeurs (Nouvelle fenêtre), contre 232 pour Donald Trump.

La priorité de Joe Biden

M. Biden a fait de la pandémie la priorité numéro un de son futur mandat. Il a dévoilé cette semaine le nom des membres de la cellule de crise consacrée à œuvrer sur le sujet dès son entrée à la Maison-Blanche, prévue le 20 janvier.

Gros plan sur le visage souriant de Joe Biden.

Joe Biden est le président élu des États-Unis.

Photo : Getty Images / Drew Angerer

Cette pandémie, régulièrement minimisée par Donald Trump, a plongé le pays dans sa pire crise sanitaire depuis la grippe espagnole de 1918 et dans sa pire récession depuis 1929. Elle a par ailleurs plombé la campagne de réélection du président sortant.

Alimentée par la propagation effrénée du virus dans le Midwest, la moyenne des contaminations dépasse désormais 100 000 nouveaux cas chaque jour.

Une urgence qui nécessite d'accélérer la procédure de transition, affirment les démocrates.

Il y a actuellement des responsables au sein du département de la Santé qui préparent une campagne de vaccination pour février-mars, lorsque Joe Biden sera président, a détaillé jeudi à la chaîne MSNBC son futur chef de cabinet, Ron Klain.

Plus tôt nous pourrons faire participer nos experts responsables de la transition aux réunions avec les personnes qui planifient la campagne de vaccination, plus la transition pourra se faire en douceur, a-t-il ajouté.

Pour l'instant, celle-ci est très entravée : seule une poignée d'élus républicains ont reconnu la victoire de Joe Biden.

L'élection est terminée, a affirmé vendredi la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, insistant sur les 78 millions de voix remportées par M. Biden, un record.

Avec les informations de Agence France-Presse

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