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Les parents d'un bambin disparu en N.-É. victimes de cyberintimidation

Photo d'un enfant de trois ans.

Dylan Ehler, 3 ans, est disparu le 6 mai 2020 à Truro en Nouvelle-Écosse.

Photo : Facebook / Ville de Truro

Radio-Canada

Les parents d'un bambin de Nouvelle-Écosse, qui est porté disparu depuis le printemps dernier, se disent victimes de cyberintimidation. Leur avocate espère qu'une nouvelle loi provinciale empêchera des internautes de déverser leur fiel sur le couple de Truro.

Jason Ehler et Ashley Brown se sont d'abord tournés vers les réseaux sociaux pour tenter d'obtenir des renseignements qui pourraient les aider à retrouver leur fils de 3 ans, qui n'a pas été vu depuis le 6 mai dernier, alors qu'il jouait dans le jardin de la résidence de sa grand-mère.

Les parents de Dylan Ehler, Ashley Brown et Jason Ehler, assis sur un banc de parc. Jason Ehler tient dans ses mains une feuille qui semble être un avis de recherche pour son fils.

Les parents de Dylan Ehler, Ashley Brown et Jason Ehler.

Photo : Radio-Canada / Steve Lawrence

Les équipes de recherche et de sauvetage ont retrouvé les bottes du petit Dylan Ehler, mais il n'y a plus aucune trace de lui depuis. Les enquêteurs de la police de Truro ne soupçonnent pas un acte criminel.

De nombreux internautes sur les réseaux sociaux se disent néanmoins convaincus que Jason Ehler et Ashley Brown sont responsables de la disparition de leur enfant. Certains les accusent de négligence ayant conduit à la disparition de Dylan. D'autres les accusent d'avoir orchestré sa disparition, voire d'avoir tué leur propre fils.

Ça me met en colère. Il n'y a pas de mots pour décrire les sentiments que je ressens parfois. Vous savez, en plus d'essayer de retrouver mon fils et tout le reste, de faire face à ça aussi...

Jason Ehler, père de Dylan Ehler

Le couple dit qu'il a dû installer des caméras de sécurité autour de la maison familiale, et qu'il a dû changer de supermarché à cause des regards accusateurs des gens de la communauté.

Le plus grand groupe Facebook dédié à Dylan Ehler compte plus de 17 000 membres. C'est plus que la population totale de la municipalité de Truro, qui compte environ 12 000 habitants, en supposant que chaque compte appartienne à une personne réelle.

L'avocate Allison Harris, qui représente Jason Ehler et Ashley Brown à titre gracieux, souhaite avoir recours à une nouvelle loi néo-écossaise pour mettre un terme à ce qu'elle décrit comme une campagne de haine en ligne que le couple endure depuis plus de six mois. J'ai été choquée et consternée par certains des messages que j'ai lus, dit-elle.

Cette loi a été promulguée en 2018 à la suite du décès de Rehtaeh Parsons, une adolescente de Nouvelle-Écosse qui s'est enlevé la vie en 2013 après avoir été visée pendant des années par de la cyberintimidation.

La loi permet aux Néo-Écossais qui croient être victimes de cyberintimidation d'obtenir une ordonnance de la cour pour faire cesser des publications sur Internet et retirer de telles publications, notamment. Elle permet aussi aux tribunaux d'accorder des dommages-intérêts à des victimes de cyberintimidation pour le préjudice causé.

Ce sur quoi je me concentre dans cette affaire, ce sont les menaces, l'intimidation et les comportements menaçants en ligne, les communications qui sont grossièrement offensantes, indécentes ou obscènes, les communications qui sont du harcèlement et les fausses allégations.

Me Allison Harris, avocate des parents de Dylan Ehler

La loi de 2018 a été appliquée une première fois par une agente immobilière d'Halifax qui a gagné sa cause contre un ex-conjoint qui l'avait harcelée en ligne, explique Me Allison Harris.

Toutefois, selon un autre avocat néo-écossais, David Fraser, la nouvelle loi pourrait rendre un recours difficile pour les parents du petit Dylan Ehler. [Les législateurs] ont créé une loi qui intègre ce que les avocats considèrent comme l'équité procédurale, mais qui rend en fait assez difficile pour les individus d'obtenir un recours valable, soutient-il.

En 2013, une première version de la loi sur la cyberintimidation de la Nouvelle-Écosse avait été jugée inconstitutionnelle parce qu'elle portait atteinte à la Charte canadienne des droits et libertés.

Si des poursuites sont intentées dans l'affaire du petit Dylan Ehler, les tribunaux devront également être soucieux de ne pas pénaliser la liberté d'expression, prévient Me David Fraser, qui se dit incroyablement compatissant pour ce que vit le couple de Truro. Certains commentaires adressés à la famille correspondent tout à fait à la définition de la cyberintimidation, dit-il. Mais d'autres pourraient ne pas y correspondre.

Avec des renseignements de CBC

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