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Le Front Polisario annonce la fin du cessez-le-feu au Sahara occidental

Un homme en treillis militaire, fusil en bandoulière, s'appuie sur la boîte d'une camionnette.

Un combattant du Front Polisario dans la région de Tifariti, au Sahara occidental, le 9 septembre 2016

Photo : Reuters / Zohra Bensemra

Agence France-Presse

Le mouvement indépendantiste Polisario a annoncé vendredi la fin d'un cessez-le-feu conclu il y a près de 30 ans sous l'égide de l'ONU dans le Sahara occidental, après une opération militaire lancée par le Maroc pour rouvrir une route bloquée vers la Mauritanie voisine.

La guerre a commencé. Le Maroc a liquidé le cessez-le-feu, a déclaré à l'AFP le chef de la diplomatie de la République sahraouie proclamée par le Polisario, Mohamed Salem Ould Salek, en réaction à l'opération militaire lancée par le Maroc dans la zone tampon de Guerguerat, à l'extrême sud de l'ancienne colonie espagnole au statut non défini.

Le ministère marocain des Affaires étrangères a fait savoir vendredi que cette intervention était destinée à mettre un terme à la situation de blocage au poste-frontière de Guerguerat, où environ 200 routiers sont à l'arrêt depuis environ trois semaines.

La région de Guerguerat a déjà été au centre de vives tensions entre le Polisario, mouvement soutenu par l'Algérie, et le Maroc, qui se disputent le territoire désertique depuis des décennies malgré les efforts de règlement de l'ONU. Les négociations impliquant le Maroc, le Polisario, l'Algérie et la Mauritanie sont suspendues depuis plusieurs mois.

Selon Rabat, le Polisario et ses milices, qui se sont introduits dans la zone [de Guerguerat] depuis le 21 octobre, ont mené des actes de banditisme, bloqué la circulation et harcelé continuellement les observateurs militaires de la MINURSO, la force d'interposition de l'ONU.

Dans un récent discours, début novembre, le roi Mohamed VI a dit que le Maroc ne tolérerait pas que ces provocations continuent ». « Aujourd'hui, c'est une manifestation de cette intransigeance, a-t-il ajouté.

Ce n'est pas une action offensive, mais une action de fermeté par rapport à cette situation inacceptable, a déclaré à l'AFP le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, en affirmant que la MINURSO, présente sur le terrain, avait observé qu'il n'y avait aucun contact avec les civils.

Toutefois, pour le Polisario, c'est une agression : les troupes sahraouies se retrouvent en situation de légitime défense et répliquent aux troupes marocaines, a déclaré Mohamed Salem Ould Salek à l'AFP.

Mohamed Salem Ould Salek en conférence de presse.

Mohamed Salem Ould Salek, le chef de la diplomatie de la République sahraouie autoproclamée, lors d'une conférence de presse à Alger, en Algérie, le 16 mars 2016

Photo : Getty Images / AFP/FAROUK BATICHE

Une menace qui planait

Le Front Polisario avait menacé lundi de mettre fin à l'accord de cessez-le-feu signé en 1991 si le Maroc introduisait des troupes ou des civils dans la zone tampon de Guerguerat.

Nouakchott a annoncé mercredi que l'armée mauritanienne avait renforcé ses positions à la frontière avec le Sahara occidental pour parer à toute éventualité.

Les forces marocaines ont procédé, dans la nuit de jeudi à vendredi, à la mise en place d'un cordon de sécurité en vue de sécuriser le flux des biens et des personnes dans la zone tampon, selon un communiqué de l'état-major général marocain.

L'ONU, la Mauritanie et d'autres pays impliqués dans le dossier ont été prévenus de l'opération destinée, selon Rabat, à mettre un terme à la situation de blocage et à restaurer la libre circulation civile et commerciale sur cet axe routier, selon un haut responsable des Affaires étrangères joint par l'AFP.

Depuis environ trois semaines, des milices comprenant quelque 70 hommes armés s'attaquent à des camionneurs, interdisent la circulation, procèdent à du racket, selon la même source.

Il y a 108 routiers bloqués côté mauritanien et 78 de l'autre côté de la frontière, dans des véhicules de différentes origines (Maroc, Mauritanie, France), selon le haut responsable marocain joint par l'AFP.

La semaine dernière, des routiers marocains avaient lancé un appel au secours aux autorités du Maroc et de la Mauritanie, se disant bloqués par des milices affiliées à des séparatistes au poste-frontière de Gerguerat.

Rabat, qui contrôle 80 % de l'ancienne colonie, ses gisements de phosphate et ses eaux poissonneuses dans sa partie ouest, le long de l'océan Atlantique, veut une autonomie sous contrôle du territoire, où de grands chantiers de développement marocains ont été lancés ces dernières années.

Le Polisario, qui a proclamé une République sahraouie (RASD) au début des années 1980, milite pour l'indépendance et réclame un référendum d'autodétermination. Les indépendantistes sahraouis dénoncent l'existence de la route de Guerguerat, que Rabat considère comme essentielle pour ses échanges avec l'Afrique subsaharienne.

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