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Inauguration de la nouvelle école secondaire francophone du Yukon

Le Centre scolaire secondaire communautaire Paul-Émile Mercier.

Le Centre scolaire secondaire communautaire Paul-Émile Mercier peut accueillir 150 élèves et possède un espace communautaire pouvant recevoir 200 personnes.

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

La rentrée des premiers élèves du tout nouveau Centre scolaire secondaire communautaire Paul-Émile Mercier (CSSC Mercier) a lieu vendredi matin, à Whitehorse.

C'est un moment historique pour la communauté franco-yukonnaise, un moment qui arrive huit mois après l'entente qui a mis fin à une lutte devant les tribunaux qui a duré plus d’une décennie.

Quand je vois l'enthousiasme, les sourires, l’entrain, c’est juste de ça dont j’avais besoin pour me dire que ça valait le coup de s’investir pour ça, lance le président de la Commission scolaire francophone du Yukon (CSFY),Jean-Sébastien Blais, en regardant les élèves pénétrer dans l’enceinte du nouveau bâtiment vendredi matin.

Parmi ceux-ci, Maxime Paris fait sa rentrée en 10 e année. Elle aimerait laisser les souvenirs de son ancienne école, l’École Émilie Tremblay, derrière elle. J’ai vraiment hâte parce que ça fait vraiment longtemps que l’école était annoncée et c’est vraiment un bon sentiment de pouvoir rentrer dans une vraie école et pas dans un petit couloir de rien, confie-t-elle

Malgré l’excitation de la rentrée, elle demeure pragmatique . J’ai vraiment hâte juste d’avoir un casier pour moi-même, explique celle qui autrefois devait porter et déplacer son matériel scolaire à longueur de journée.

L’ouverture de l’école marque donc un nouveau chapitre de l'histoire de l’éducation en français au territoire, une épopée qui a commencé en 1982.

Portrait d'archives de Paul-Émile Mercier.

L'ingénieur Paul-Émile Mercier, qui a occupé en 1903 les fonctions de directeur du ministère des Travaux publics à Whitehorse, donne son nom au Centre scolaire secondaire communautaire francophone.

Photo : Archives

La présidente de l'Association franco-yukonnaise (AFY), Jeanne Beaudoin, une des pionnières de l’éducation en français et des organismes qui représentent la francophonie au Yukon, félicite ceux et celles qui, comme elle, ont travaillé à la réalisation du projet.

Je pense que c’est très excitant pour la communauté, c’est une grande victoire, c’est certainement quelque chose dont on parle depuis très longtemps et ça se produit maintenant, et je pense que ça va avoir un impact aussi sur le fait que la population au secondaire va se stabiliser. J’espère que ça va avoir cet effet-là!

Une citation de :Jeanne Beaudoin, présidente, AFY

Le projet d’un nouvel édifice pour accueillir les élèves du secondaire de la Commission scolaire francophone du Yukon (CSFY) fait l’objet de consultations communautaires depuis 2016.

Un architecte comblé

L’architecte Antonio Zedda est ravi du résultat de l’édifice, très près du concept élaboré par son équipe, dit-il. Le CSSC Mercier vise à offrir un espace multifonctionnel à l’ère de l’éducation décloisonnée, où tout l’espace est utilisé à des fins éducatives.

Tony Zedda et des membres de la CSFY.

L'architecte Tony Zedda lors de sa présentation à la CSF du Yukon proposant un édifice à très haute efficacité énergétique avec des espaces d'apprentissage décloisonnés pour les élèves. (archives)

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

Un projet qui lui tient à coeur d'autant plus que sa fille fera partie de la première cohorte. C’est honorable de pouvoir dire que j’ai conceptualisé l’école également pour ma propre fille. C’est excitant de voir sa réaction face à l’espace et j’ai très hâte de pouvoir y retourner et voir comment les étudiants apprennent, comment le personnel interagit.

De l’espace adapté

La construction d'une nouvelle école est devenue nécessaire au début des années 2000 en raison du nombre grandissant d’élèves inscrits à l'École Émilie-Tremblay, particulièrement au primaire.

Le manque d’espace dans cette école a obligé sa direction à convertir des salles de musique et des laboratoires en salles de classe.

Deux salles modulaires contiguës à côté de l'école.

Deux salles de classe modulaires ont été ajoutées à l'École Émilie-Tremblay en 2015 pour accueillir les élèves du secondaire.

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

Ces modifications ont eu des conséquences négatives sur le nombre d'inscriptions au secondaire. Certains cours ne pouvant plus être offerts, de nombreux élèves du secondaire se sont inscrits dans des écoles anglophones. La diminution des effectifs a entraîné à son tour des difficultés dans la mise en œuvre d’une programmation complète.

Une nouvelle école alors que le CSFY vient d'obtenir la gestion scolaire

En 2009, la CSFY fait appel aux tribunaux pour l’obtention de la gestion des programmes d'instruction, des bâtiments et du personnel. La CSFY remporte sa cause devant la Cour suprême du Yukon, mais le gouvernement territorial porte la cause en appel, dénonçant le manque d'impartialité du juge de la cour de première instance. La Cour d'appel donne raison au gouvernement et le litige pour l’obtention de la pleine gestion scolaire se rend jusqu’en Cour suprême du Canada. En 2015, celle-ci donne également raison au gouvernement et renvoie la cause pour un nouveau procès devant la Cour suprême du Yukon. En mars dernier, les partis ont fini par s'entendre à l'amiable en plein début de pandémie.

Un centre communautaire

Le bâtiment a été conçu pour y permettre la tenue d’événements communautaires, grâce à l’apport d’un financement d’Ottawa.

L'intérieur de la nouvelle école francophone du Yukon avec un message d'accueil.

Le CSSC Mercier devra se passer de la traditionnelle cérémonie d'inauguration pour cause de pandémie.

Photo : Claudiane Samson

Selon Jean-Sébastien Blais, la vision communautaire a guidé les travaux dès le départ. Une école en elle-même c’est bien, mais une école qui peut faire vivre la communauté c’est mieux.

Quand c’est juste de défendre nos droits linguistiques, notre culture, notre langue, c’est impossible de rester inactif et je suis content d’avoir été membre de cette équipe-là

Une citation de :Jean-Sébastien Blais, président de la Commission scolaire francophone du Yukon (CSFY)

Antonio Zedda met d’ailleurs au défi ceux et celles qui visiteront l’édifice de faire la part entre les espaces scolaires et les espaces communautaires.

Ces espaces communautaires permettront de réduire les coûts pour la présentation de spectacles, selon Jeanne Beaudoin, puisqu'il ne sera plus nécessaire de louer des salles ailleurs. On sent une très très grande ouverture et il n'y a pas de crainte que ça ne se passe pas bien, ajoute-t-elle.

Si l’école échappe à la traditionnelle cérémonie d’inauguration, la déception est de courte durée pour M. Blais qui ne peut cacher sa fierté devant la tâche accomplie. C’est un peu un cadeau pour la génération à venir aussi, dit-il entre deux bonjours chaleureux destinés à accueillir la toute première génération à arpenter les couloirs du CSSC Mercier.

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