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9 lectures féministes à (re)découvrir

Une jeune femme lit, assise en tailleur sur un sofa.

« Un lieu à soi », de Virginia Woolf, est l'une des suggestions de lecture de l'autrice Martine Delvaux.

Photo : Unsplash / Seven Shooter

Fanny Bourel

Les livres féministes prennent une place grandissante sur les tablettes des librairies. L’autrice et professeure de littérature Martine Delvaux, qui a remporté, lundi, le Grand Prix du livre de Montréal pour son essai Le boys club, ainsi que la libraire Sandrine Bourget-Lapointe, de la librairie féministe L’Euguélionne, font neuf recommandations de livres, récents ou non, mais résolument féministes.


1. La cuisine des suffragettes, de L.O. Kleber

Couverture de livre montrant une photo en noir et blanc de quatre femmes portant des robes d'époque.

Publié aux éditions Marchand de feuilles

Photo : Marchand de feuilles

La maison d’édition québécoise Marchand de feuilles vient de publier en français ce livre paru aux États-Unis en 1915.

À l’époque, les suffragettes, un groupe de militantes pour le droit de vote des femmes, confectionnaient des gâteaux et préparaient des soupers afin de collecter des fonds. Pour financer leur cause, L.O. Kleber, une suffragette de Pittsburgh, a également réuni des recettes de pain d’épices ou encore de jambon caramélisé dans un recueil.

C’est agréable à lire et c’est fascinant, affirme Sandrine Bourget-Lapointe.

À la fois livre de cuisine et ouvrage historique, La cuisine des suffragettes met en lumière une partie de ce mouvement que l’Histoire a peu retenue.


2. Un lieu à soi, de Virginia Woolf

Couverture de livre rose et jaune sur laquelle apparaît le dessin du visage de Virginia Woolf.

Publié aux Éditions Denoël, « Un lieu à soi » a été traduit par Marie Darrieussecq

Photo : Denoël

Ce grand classique de la littérature féministe datant de 1929 s’est longtemps intitulé Une chambre à soi. Virginia Woolf  constate dans cet essai la nécessité pour les femmes d’avoir de l’argent et un espace à elles pour écrire de la fiction, mais aussi, plus largement, pour pouvoir créer.

C’est un livre auquel je reviens toujours. Il y a un travail particulier de la phrase qui fait que ça se lit comme un roman, explique Martine Delvaux.

En 2016, l’écrivaine française Marie Darrieussecq a proposé une nouvelle traduction francophone, qu’elle intitule Un lieu à soi, le titre original étant A Room of One's Own.

Le mot "chambre" renvoyait à l’image un peu aliénante de la chambre victorienne avec son papier peint, estime Martine Delvaux. Cette traduction permet de sortir de la sphère domestique, car on peut écrire dans la rue, dans un café…


3. C’est quoi l’amour?, de Lucile de Pesloüan et Geneviève Darling

Le dessin dans les tons pastel montre deux personnes, vues d'en haut, allongées sur le dos. Une des deux tient un livre devant son visage.

Publié aux Éditions de l'Isatis

Photo : Éditions de l'isatis

Destinée aux ados, cette BD romanesque, parue il y a un mois, parlera également aux adultes, selon Sandrine Bourget-Lapointe.

Avec les illustrations de Geneviève Darling, Lucile de Pesloüan montre que l’amour n’existe pas seulement entre deux personnes amoureuses ou au sein d’une famille, mais qu’il peut être partout, y compris dans le combat pour des causes sociales, comme le féminisme et l’antiracisme.

L’amour est aussi ce qui nous anime pour changer le monde et le rendre meilleur, souligne Sandrine Bourget-Lapointe, qui ajoute que la diversité des personnages représentés dans ce livre permet à tout le monde de s’y reconnaître et d’être touché.

Le livre a le mérite de sortir l’amour de la simple réflexion sur le couple. Alors que la société a longtemps sévèrement jugé les femmes célibataires, il envoie également le message qu'il faut arrêter de s’en faire avec le fait d’être en couple ou non.


4. Féminisme pour les 99 % : un manifeste, de Cinzia Arruzza, Tithi Bhattacharya et Nancy Fraser

Couverture de livre dans les tons rouges

Publié aux éditions La Découverte

Photo : La Découverte

Dans cet essai qui a vu le jour en 2019, ces trois professeures d’université revendiquent un féminisme inclusif, qui englobe les luttes pour le climat, pour des salaires décents ou encore pour des logements abordables et de meilleurs systèmes de santé.

Leur féminisme est pour tout le monde, et pas juste pour les femmes blanches et privilégiées, précise Martine Delvaux. Celles qui ont brisé le plafond de verre sont souvent des femmes blanches que l’argent a aidées à y parvenir. Elles sont l’exception, et non la règle.


5. Décroissance sexuelle, de Julie Delporte

Une couverture blanche de livre sur laquelle apparaît une gravure.

Publié par la maison d'édition montréalaise L'Oie de Cravan

Photo : Twitter/L'Oie de Cravan

Autrice de bande dessinée, Julie Delporte a fait une incursion dans la poésie avec Décroissance sexuelle. Cet ouvrage regroupe des poèmes déjà exposés dans des rues de Montréal en 2018.

Accompagnés de gravures, ils s’articulent dans un processus de guérison individuelle, mais aussi collective, de traumatismes infligés par la culture du viol.

Dans ce recueil très doux, à la fois politique et se situant dans le care, Julie Delporte trouve dans la solidarité féminine un refuge pour guérir, résume Sandrine Bourget-Lapointe.


6. Anthologie québécoise 1977-2000, de Françoise Collin

Couverture de livre beige, verte et rose

Publié par les Éditions du remue-ménage

Photo : Remue-ménage

La sociologue Marie-Blanche Tahon a réuni des textes que la philosophe féministe d’origine belge Françoise Collin, morte en 2012, a rédigés au Québec.

Elle est d’une extrême contemporanéité. Très ancrée dans le féminisme actuel, elle ne nommait pas le féminisme intersectionnel, mais elle disait qu’il n’y avait pas de bonne ou de mauvaise féministe, explique Martine Delvaux, qui souligne l’immense bonté et générosité de son écriture.

Pourquoi a-t-elle choisi de suggérer la lecture de ce livre? Françoise Collin nous confirme que le chemin suivi par nombre de jeunes féministes n’est pas si nouveau, c’est rassurant. Elle aurait pu marcher dans la rue avec les jeunes féministes d’aujourd’hui; on se sent accompagnées.


7. For Today I Am a Boy, de Kim Fu

Couverture de livre bleu et rouge

Publié aux éditions Héliotrope et traduit par Jeannot Clair

Photo : Héliotrope

L’édition francophone de ce roman, écrit en 2014 et plusieurs fois primé, est en librairie depuis le printemps dernier. Premier livre de Kim Fu, il suit le parcours de Peter, le seul fils d’une famille ayant quitté la Chine pour le Canada, vers son identité de fille.

For Today I Am a Boy est un livre touchant et tout en subtilité qui raconte la transition du personnage, mais qui amène aussi une réflexion sur le genre et la masculinité imposée, explique Sandrine Bourget-Lapointe.


8. La crise de la masculinité : autopsie d'un mythe tenace, de Francis Dupuis-Déri

Couverture de livre sur laquelle est dessiné, sur fond gris, un visage d'homme

Publié aux Éditions du remue-ménage

Photo : Remue-ménage

Professeur en science politique, Francis Dupuis-Déri est également chercheur à l'Institut de recherches et d'études féministes de l’Université du Québec à Montréal.

En 2018, il a signé cet essai dans lequel il déboulonne le discours selon lequel la masculinité serait en crise en raison d’une société trop féminisée. Il y démonte également des idées, comme celle qui voudrait que les garçons soient mal servis par l’école primaire et secondaire.

Ce livre montre que ce discours n’est pas nouveau dans l’histoire et qu’il est un symptôme de l’antiféminisme, analyse Martine Delvaux, qui recommande particulièrement la lecture de ce livre aux hommes. 


9. La femme cent couleurs, de Lorrie Jean-Louis

Couverture de livre dans les tons de rose

Publié aux éditions Mémoire d'encrier

Photo : Mémoire d'encrier

Sorti en juin dernier, ce recueil de poésie constitue la première parution de l’autrice montréalaise Lorrie Jean-Louis.

Avec ses vers, cette Québécoise née de parents haïtiens fait entendre sa voix de femme racisée qui essaie de trouver sa place à l’extérieur de celle qu’on lui impose.

Elle joue avec les expressions, notamment "speak white", souligne Sandrine Bourget-Lapointe. Elle se demande si speak white est possible pour les femmes racisées.

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