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La diversité reste insuffisante à l’Assemblée législative, disent des experts

Deux femmes se font une accolade.

Anne Klang, députée provinciale de Burnaby-Deer Lake, ministre des Services aux citoyens, embrasse Michelle Mungal, ancienne ministre de l’Emploi, du Développement économique et de la Compétitivité, à l’annonce que les deux femmes ont été nommées ministres au sein du cabinet en 2017.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms/CBC

Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Lorsque l’Assemblée législative de la Colombie-Britannique reprendra ses travaux, elle ne sera pas plus près de refléter la diversité raciale de la province qu’avant les élections, soutiennent un professeur et plusieurs personnes des communautés minoritaires.

C’est la conclusion du professeur adjoint d’économie Rob Gillezeau, de l’Université de Victoria, qui a analysé le nombre de personnes noires, autochtones ou de couleur parmi les candidats élus.

Mon analyse des résultats jusqu’à présent est un progrès vraiment limité à tous les niveaux en termes de représentation , explique Rob Gillezeau, qui a travaillé auparavant pour l'ancienne ministre des Finances de la Colombie-Britannique, Carole James, et les anciens chefs du Nouveau Parti démocratique (NPD) fédéral Thomas Mulcair et Jack Layton.

Le professeur Gillezeau qualifie le résultat des élus autochtones de plus décourageant de la campagne. Il note une baisse du nombre d'élus, qui est passé de 4, en 2017, à seulement 3, en 2020.

« Pour le NPD, par exemple, environ les deux tiers des candidats blancs et des candidats des minorités visibles ont en fait gagné, mais seulement 20 % des candidats autochtones ont été élus. C’est franchement décevant. »

— Une citation de  Rob Gillezeau, professeur adjoint d’économie à l’Université de Victoria

Il rappelle que la Colombie-Britannique compte une importante population autochtone. « Nous avons un gouvernement qui cherche à faire un travail crucial avec cette population et la représentation à l’Assemblée législative compte. »

C’est donc un pas en arrière, dit le professeur, qui espère que le gouvernement agira pour corriger cette situation. Rob Gillezeau espère que le Nouveau Parti démocratique saura garantir une meilleure diversité au sein du personnel politique, de la fonction publique et à l’Assemblée législative à l’avenir.

Les élections anticipées ne favorisent pas les gens des groupes racisés, juge Lisa Gunderson, une consultante en psychologie qui donne des ateliers sur les préjugés raciaux et qui a appuyé la candidature de Sonia Furstenau à la direction du Parti vert de la Colombie-Britannique.

Ce n’est pas la meilleure solution si vous essayez de créer un environnement équitable.

Lisa Gunderson sourit.

La consultante Lisa Gunderson souligne que le nombre de députés provinciaux issus des groupes racisés est inférieur à la part de ces communautés dans la population britanno-colombienne.

Photo : Lisa Gunderson

Elle fait remarquer que les sacrifices nécessaires pour se présenter sont plus faciles pour certaines personnes que pour d’autres, en particulier avec un préavis court.

Lisa Gunderson soulève deux problèmes avec les résultats obtenus. Tout d’abord, le fait que la part des élus issus des groupes racisés est bien en dessous de leur part au sein de la population.

« L’Assemblée législative n’est toujours pas représentative de la population. Et nous voulons donc continuer à lutter pour que cela le devienne. »

— Une citation de  Lisa Gunderson, psychologue et militante anti-racisme

De plus, Lisa Gunderson note qu’il reste encore à donner des postes clés aux élus racisés. Par exemple, si on prend des personnes noires, même si elles font partie de certains groupes, de certains partis, cela ne signifie pas qu’elles ont accès au pouvoir au sein de ces partis ou groupes, explique la psychologue et militante.

Il ne nous suffit donc pas de faire entrer des membres des groupes d’équité dans les partis. Il faut leur donner des responsabilités ministérielles où ils et elles peuvent utiliser leurs compétences et leur expérience.

Des charges ministérielles pour les élus de la diversité

Lors de son premier mandat, le chef du NPD provincial, John Horgan, a nommé, comme principaux ministres, Carole James aux Finances et Adrian Dix à la Santé, ainsi que David Eby comme procureur général et Mike Farnworth à titre leader parlementaire et solliciteur général.

Alors que Carole James s’identifie comme Métis, ses collègues du gouvernement étaient majoritairement des hommes blancs.

L'associé de recherche Chuka Ejeckam, du Centre canadien des politiques alternatives en Colombie-Britannique, se spécialise dans l’égalité et le racisme structurel.

Il affirme que placer plus de personnes noires, autochtones et de couleur dans des rôles ministériels aurait l’avantage d’avoir des personnes ayant de véritables expériences raciales au coeur des décisions politiques.

Un homme assis.

Le chercheur Chuka Ejeckam, du Centre canadien des politiques alternatives, explique qu'avoir plus de députés provinciaux issus des minorités visibles permettrait d'avoir des gens ayant une expérience vécue pour mieux comprendre l'impact des politiques adoptées sur les Britanno-Colombiens des groupes racisés.

Photo : Chuka Ejeckam

« Non seulement les personnes ayant des liens directs avec des communautés sous-représentées ont une compréhension plus approfondie des problèmes auxquels [elles] sont confrontées, mais ces liens contribuent à éclairer les politiques. »

— Une citation de  Chuka Ejeckam, chercheur, Centre canadien des politiques alternatives

« Cela exigerait certainement que les partis et les gouvernements, lorsqu’ils sont au pouvoir, placent les députés qui ne sont pas blancs à des postes de pouvoir dans les principaux ministères et détiennent réellement un pouvoir de décision », souligne Chuka Ejeckam.

Selon lui, l’élaboration de politiques inclusives exigera que les députés blancs acceptent que les députés des groupes racisés puissent proposer des idées en dehors de leur zone de confort.

S’il y a quelque chose que nous n’avions pas envisagé, nous devons comprendre que c’est quelque chose [qui] représente une expérience que nous n’avons pas, note Chuka Ejeckam.

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