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Le taux de chômage des jeunes « sans précédent » à Toronto, selon un rapport

Nada Al Baradan dans une bibliothèque.

Nada Al Baradan n'arrive pas à se trouver un emploi.

Photo : Source: Nada Al Baradan

Mugoli Samba

Avant la pandémie, Nada Al Baradan aidait un organisme torontois à livrer des activités parascolaires dans des écoles secondaires. Le programme a été suspendu au printemps, et l’élève de 12e année peine toujours à se trouver un emploi à temps partiel.

Je postule pour des emplois de caissière, des emplois du genre, ce qui n’est pas disponible en ce moment, explique-t-elle. C’est très difficile de se trouver un emploi parce qu’il n’y a pas d’opportunités.

L’expérience de Mlle Al Baradan n’est pas unique : un nouveau rapport, publié par la Toronto Foundation, révèle que les jeunes personnes font face à des taux de chômage sans précédent.

Les jeunes personnes racisées sont particulièrement touchées, avec un taux de chômage presque deux fois plus élevé que celui des Canadiens blancs.

Ce dernier serait à 32,3 % pour les jeunes personnes racisées, comparativement à 18 % chez les jeunes personnes blanches.

Les deux [taux] sont sans précédent

Toronto Foundation, rapport Toronto Fallout
Deux hommes qui portent des masques marchent dans une aire de restauration du réseau souterrain du centre-ville de Toronto.

Les commerces du réseau souterrain au centre-ville de Toronto peinent à joindre les deux bouts, faute de clients.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Mlle Al Baradan dit qu'elle ressent l’impact financier de cette perte d’emploi : elle vit avec sept membres de sa famille et son salaire lui permettait de les assister. Elle épargnait également une partie de son salaire pour des études postsecondaires en sciences politiques.

Mes chèques me permettaient d’économiser pour mon avenir, pour mon collège, pour mon université, dit-elle. Mais maintenant, non.

L'étudiante tente tout de même de demeurer positive et impliquée au sein de sa communauté. Cette année, par exemple, elle a organisé une conférence virtuelle pour les jeunes Canadiens parlant arabe à laquelle une centaine de jeunes ont participé. Elle accède aussi aux services de préparation à l'emploi de l'organisme ACCES Employment.

Perte d’heures d’emploi pour les employés à faibles revenus

Le rapport révèle également un écart économique grandissant entre différentes classes sociales. Selon ce dernier, les travailleurs gagnant moins de 17,48 $ par heure ont perdu 30 % de leurs heures de travail depuis le début de la pandémie, alors que les employés gagnant 25 % des salaires les plus élevés ont vu leurs heures de travail augmenter de 21 %.

Agapi Gessesse.

Agapi Gessesse est la directrice exécutive du CEE Centre for Young Black Professionals de Toronto.

Photo : Avec l'autorisation d'Agapi Gessesse

Les personnes qui sont des travailleurs de première ligne, les personnes qui travaillent des emplois essentiels, qui gagnent un salaire minimum, elles sont constamment désavantagées alors qu’en réalité, pendant cette pandémie, ce sont elles qui nous permettent de survivre, indique la directrice générale du CEE Centre for Young Black Professionals de Toronto, Agapi Gessesse. Je crois que c’est très problématique.

Elle ajoute que le rapport est important puisqu’il comble un manque de données basées sur les origines ethniques concernant l'impact de la pandémie.

Il est clair que l’impact de la pandémie n’a pas été ressenti de façon égale par tous les Canadiens, ajoute la présidente d’ACCES Employment, Allison Pond. Son organisme travaille auprès de communautés immigrantes et réfugiées pour les aider à intégrer le marché de l’emploi canadien.

Ce travail est essentiel à notre rétablissement après la pandémie et à la création d'un marché de l'emploi plus inclusif et équitable à long terme, ajoute-t-elle.

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