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Des élus républicains veulent que Joe Biden ait accès à de l'information stratégique

L'homme est au centre de l'image, il porte une cravate rouge et un dossier dans ses mains.

Le sénateur de Caroline du Sud Lindsey Graham, en 2019 lors de son passage devant un comité du Sénat au sujet de l'enquête sur une possible interférence russe lors des élections présidentielles de 2016.

Photo : Reuters / AARON P. BERNSTEIN

Radio-Canada

Même si de nombreux élus républicains continuent à refuser d’admettre la défaite de Donald Trump, des voix influentes à l’intérieur du parti s’élèvent pour que la transition avec l’équipe Biden ait enfin lieu et que le président élu ait accès à des documents confidentiels.

C'est le cas du sénateur de la Caroline du Sud Lindsey Graham, qui soutient avec opiniâtreté Donald Trump et qui compte parmi les proches amis du président. Dimanche encore, il l'encourageait à ne pas reconnaître la défaite et à se battre en justice pour faire valoir ses droits. Mais le vent est en train de tourner.

Est-ce que le président élu Joe Biden doit pouvoir obtenir les breffages des renseignements américains dès maintenant? Oui, je pense qu’il le devrait, a répondu sans équivoque le sénateur à la question posée par un journaliste de CNN.

Donald Trump, qui n’a pas concédé la victoire aux démocrates, a également refusé de déclencher le début de la période de transition officielle avec Joe Biden. Une décision qui a des conséquences : le démocrate n’a pour l’instant pas accès aux mises à jour classifiées que le président reçoit en temps normal chaque jour.

Gros plan sur le visage souriant de Joe Biden.

Pour l'instant, Joe Biden a minimisé les effets de l'impossibilité d'accéder à l'information confidentielle réservée au président.

Photo : Getty Images / Drew Angerer

Écoutez, l’accès aux informations classifiées est utile. Mais je ne suis pas en mesure de prendre des décisions sur ces questions de toute façon, a fait valoir Joe Biden. Comme je l’ai dit, un président à la fois. Il sera président jusqu’au 20 janvier. Ce serait bien d’avoir accès aux bulletins du président, mais ce n’est pas essentiel, a-t-il ajouté.

Ces mises à jour sont coordonnées et diffusées par le Bureau du directeur du renseignement national, avec la contribution de la CIA et d’autres agences. Il est adapté à chaque président, selon ses préférences : des mémoires oraux ou écrits, ou les deux, de courts résumés ou de longs rapports sur papier ou par voie électronique.

De plus, selon le réseau CNN, Joe Biden se voit empêché de prendre connaissance des messages des gouvernements étrangers, car il n’a pas accès aux services de logistique et de traduction du département d’État. Il a donc dû passer plusieurs coups de téléphone aux dirigeants étrangers, mais sans l’aide des services de la Maison-Blanche.

L'unité s'effrite

D’autres élus républicains commencent aussi à se faire entendre. Le sénateur Rob Portman, de l’Ohio, tout comme Chuck Grassley, de l’Iowa, ou encore John Thune, du Dakota du Sud, soutiennent eux aussi que Joe Biden devrait pouvoir accéder à ces documents.

Des médias proches du président sortant commencent aussi à lui tourner le dos. Le Las Vegas Review-Journal, propriété d’un de ses amis, a publié un éditorial mercredi qui affirme que Donald Trump, par ses recours en justice, repousse l’inévitable et qu’il n’y a aucune preuve qui indique qu’une fraude lui ait coûté l’élection, quel que soit le nombre de ses tweets qui disent le contraire.[...] C’est une insulte à la raison et à la logique d’affirmer que des irrégularités isolées constituent la preuve d’une grande conspiration à l’échelon national.

Mais même si les cas de dissidence face au président se multiplient, le gros du troupeau républicain n’a pas encore renié son berger, et ne reconnaît pas avoir perdu.

Cela est logique parce que Trump conserve encore la loyauté d’au moins huit républicains sur dix, qui ont indiqué dans des sondages qu’ils n’estimaient pas que Biden était légitime et qu'ils pensaient que Trump devrait continuer à se battre, souligne à l’Agence France-Presse David Barker, professeur en sciences politiques à l’American University de Washington. Les élus républicains du Congrès ont donc peur d’une réaction hostile de la part des électeurs s’ils prennent le contrepied de Donald Trump, ajoute-t-il.

La menace d’une transition longue

Les experts en sécurité nationale espèrent cependant que Trump change vite son fusil d’épaule pour faciliter la transition, car le président élu doit être prêt à agir s'il a à faire face à un problème majeur pour la sécurité du pays au début de son mandat.

Les adversaires [des États-Unis] n’attendront pas que la transition ait lieu, affirme Mike Rogers, ancien représentant républicain du Michigan, à l’Associated Press. Ce n’est pas une question de politique, mais de sécurité nationale.

Par exemple, sauf si Donald Trump renégocie un nouvel accord sur les armes nucléaires avec la Russie avant l’entrée en poste officielle de Joe Biden, c’est au nouveau président de s’en charger et il devra faire très vite avant l'échéance du traité. Si des espions américains ont des renseignements sur les priorités des Russes dans les négociations, c’est le genre d’information qui se trouve généralement dans les mises à jour quotidiennes classifiées auxquelles a accès le président.

En 2000, le long recomptage des votes entre George W. Bush et Al Gore avait retardé durant plus de cinq semaines l’accès du nouveau président aux agences gouvernementales.

John Podesta, ancien chef de cabinet de la Maison-Blanche sous Bill Clinton, et Andrew Card, chef de cabinet de George W. Bush, affirment dans un éditorial commun publié cette semaine dans le Washington Post , que ce retard ne peut être toléré, au vu de la menace potentielle.

Nous avons appris les coûts importants d’une transition retardée [...] Moins de huit mois après l’investiture de Bush, deux avions ont heurté le World Trade Center, tuant près de 3000 Américains. Le rapport de la commission sur les attentats du 11 septembre a bel et bien confirmé le danger que représente une transition lente entre deux équipes présidentielles.

Avec les informations de Associated Press, Agence France-Presse, et CNN

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