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Ottawa compte faciliter l'immigration des Hongkongais

Un comité de la Chambre des communes reconnaît également le Parti communiste chinois coupable d'avoir commis un génocide envers les Ouïgours.

Marco Mendicino.

Le ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Marco Mendicino, a annoncé jeudi de nouvelles mesures pour faciliter l'immigration des jeunes de Hong Kong.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Radio-Canada

Le gouvernement canadien compte faciliter l'immigration d'étudiants et de jeunes en provenance de Hong Kong, pour protester contre les actions de Pékin contre le mouvement prodémocratie.

Les Hongkongais auront accès à un nouveau permis de travail ouvert pour accélérer le processus de résidence permanente, a affirmé le ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Marco Mendicino, lors d'une conférence de presse.

Il estime que cette mesure est en phase avec un engagement canadien d’épauler la région face à la répression chinoise.

Le Canada est grandement préoccupé par l'adoption de la nouvelle loi sur la sécurité nationale à Hong Kong et par la situation des droits de la personne qu'on y observe, laquelle continue de se détériorer de jour en jour.

Marco Mendicino, ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté

En juin dernier, l'agence de presse officielle Chine nouvelle avait donné les grandes lignes de cette loi sur la sécurité, affirmant qu'elle devait réprimer le séparatisme, le terrorisme, la subversion et la collusion avec des forces extérieures et étrangères.

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Les policiers courent au milieu de la rue, pendant que quelques piétons se serrent sur les devantures des magasins.

Hong Kong était censée fonctionner dans le cadre d'un pays, deux systèmes après que la Grande-Bretagne eut remis son ancienne colonie à Pékin en 1997 en vertu d'un accord international. Mais les défenseurs des droits de la personne et de la démocratie affirment que la nouvelle loi sur la sécurité nationale à Hong Kong mine la liberté de ses habitants.

Prendre part à une manifestation pacifique n'est pas considéré comme un crime au Canada.

Marco Mendicino, ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté

Les Hongkongais qui se trouvent actuellement au Canada pourront dorénavant y rester, alors que ceux dont la demande d’asile a été auparavant rejetée auront droit à une nouvelle évaluation des risques en cas de renvoi.

En ciblant les jeunes diplômés provenant d'universités canadiennes et étrangères, le Canada espère attirer les personnes les plus brillantes qui souhaitent fuir la répression.

Une violation des obligations internationales

Le Canada met cette nouvelle mesure en place au lendemain de la révocation de quatre députés prodémocratie à Hong Kong.

Ces députés ont été démis de leurs fonctions après l'autorisation accordée aux autorités locales de révoquer tout législateur considéré comme une menace pour la sécurité nationale, sans même passer devant un tribunal.

Le ministre canadien des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, a accusé mercredi la Chine de violer ses obligations internationales envers l'autonomie de Hong Kong.

François-Philippe Champagne.

Le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Les relations entre le Canada et la Chine sont à leur plus bas depuis l'arrestation en décembre 2018 de Meng Wanzhou, la directrice financière du géant chinois des télécommunications Huawei.

Quelques jours après, deux Canadiens avaient été arrêtés et détenus en Chine, Michael Kovrig, un ancien diplomate, et le consultant et homme d'affaires Michael Spavor. Une action que le gouvernement Trudeau a qualifiée de diplomatie coercitive.

Un génocide contre les Ouïgours

Plus tôt dans la journée, les membres d'un comité de la Chambre des communes chargé d'examiner le sort des Ouïgours musulmans dans la province chinoise du Xinjiang ont reconnu, pour une première fois au Canada, le Parti communiste chinois coupable d'avoir commis un génocide contre la minorité ethnique.

Un génocide a lieu en ce moment en Chine, dénonce le député bloquiste Alexis Brunelle-Duceppe.

Les autorités chinoises ont beau pleurer que notre position ne fait pas leur affaire, nous jouer du violon et essayer de faire croire qu'ils mettent les Ouïgours dans des écoles, il reste que les faits sont plus forts que toute la propagande qu'ils peuvent faire. Et nous, on ne doit plus se taire.

Alexis Brunelle-Duceppe, vice-président du sous-comité des droits internationaux de la personne

Le sous-comité multipartite des Communes sur les droits de la personne a entendu des témoignages déchirants de survivants de l'emprisonnement de musulmans ouïgours en Chine. Ils ont partagé des récits d'incarcération de masse, de viol, de stérilisation forcée de femmes et de surveillance de masse.

Des camps d’internement où des citoyens ordinaires sont privés de leur liberté et reprogrammés pour éliminer toute trace de leur ethnicité.

Les Ouïgours font l'objet d'une surveillance accrue des autorités chinoises.

Photo : Compte WeChat de l'Administration judiciaire du Xinjiang

Les développements de jeudi ne manqueront pas de mettre la Chine en colère, elle qui a averti le gouvernement Trudeau de ne pas intervenir à Hong Kong. Il serait pourtant très mal avisé de se taire par peur de représailles, croit Alexis Brunelle-Duceppe.

Ce serait faire preuve de manque de courage, car il y a un génocide qui se passe peu importe où sur la planète. Il faut nommer les choses et ce n'est pas en ayant peur d'une réaction quelconque du gouvernement chinois qu'on va arriver à quelque chose.

Le chef de la diplomatie canadienne a indiqué que les allégations [de génocide étaient] préoccupantes. On les prend très au sérieux, on surveille avec inquiétude ce qui se passe dans le Xinjiang, a ajouté François-Philippe Champagne.

Avec les informations de CBC, de l'AFP et de La Presse canadienne

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