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Le français, langue d’avenir de l’industrie du jeu vidéo

Une manette de jeu vidéo.

Le français se réclame une place de choix dans l'industrie du jeu vidéo.

Photo : Radio-Canada / Geneviève Tardif

Stéphanie Dupuis

Quand on pense aux grands jeux vidéo, on s’imagine des histoires bien ficelées aux personnages qui s’expriment en anglais. Pourtant, la langue de Molière est aux premières loges d’un boom qui s’amorce dans l’industrie. C’est du moins ce qu’avance Nadine Gelly, directrice de la Guilde du jeu vidéo du Québec, qui animera un panel sur le sujet à l'occasion du festival MEGAMIGS.

L'événement québécois, qui réunit depuis 15 ans les pros du secteur du jeu vidéo, se déroule en ligne cette année.

C'est lors d'une table ronde France-Québec organisée durant l'édition de l'an dernier que Nadine Gelly a constaté que les discussions étaient remplies d'anglicismes.

Beaucoup de termes liés aux jeux vidéo étaient en anglais. Pourtant, nous étions deux communautés francophones à nous exprimer.

Nadine Gelly

La directrice de la Guilde a donc voulu pousser plus loin la réflexion sur la question, pour se rendre compte que les studios ont finalement tout intérêt à s’adapter à la langue française.

Une discussion sur la place du français

Mme Gelly présentera les conclusions de ses recherches vendredi, à l'occasion du panel Le français dans l’industrie du jeu vidéo : une valeur identitaire et de fortes possibilités commerciales.

Ce rendez-vous virtuel du MEGAMIGS réunira une poignée de représentants et représentantes de pays francophones comme la Tunisie, le Canada (Québec), la France et la Côte d’Ivoire, qui discuteront de leurs réalités respectives entourant cette question de la langue.

Thierry Boulanger, président et directeur de la création chez Sabotage Studio.

Thierry Boulanger, cofondateur de Sabotage Studio, participera au panel du festival MEGAMIGS vendredi.

Photo : Courtoisie / Thierry Boulanger

Outre les intérêts financiers de la chose, Nadine Gelly attire aussi l’attention vers la question identitaire. Depuis quelques années, alors que la créativité ludique gagne en maturité au Québec, des studios comme Sabotage font même du français québécois leur marque de commerce.

C’est quelque chose qu’on veut faire en tant que créateur de jeux vidéo, car on a une forte appartenance à notre langue.

Nadine Gelly

La traduction des jeux est par ailleurs fortement encouragée dans la province, notamment grâce à des incitatifs financiers du gouvernement, auxquels peu de studios renoncent, indique la directrice de la Guilde.

Selon Nadine Gelly, le continent africain représente aussi un futur marché mondial de ce secteur ludique.

Les gouvernements investissent beaucoup dans la technologie là-bas, dit-elle. Les personnes se promènent avec deux ou trois téléphones cellulaires dans les poches, et elles parlent pour la plupart en français.

Un lexique francophone en construction

Il n'est pas rare d'entendre la phrase j’ai appris l’anglais grâce aux jeux vidéo. L’Office québécois de la langue française (OQLF) l’a compris et compte bien miser sur cet aspect pour faire fleurir le français dans ce domaine. Car la conférence sera aussi l’occasion pour l’organisme de dévoiler ses démarches pour une ludification de l’apprentissage linguistique.

De concert avec la Guilde et le studio Affordance, l’OQLF lancera vendredi un Wikipédia des jeux vidéo, qui permettra de mettre à jour de façon collaborative son lexique, inchangé depuis 2012.

Parmi les nouveaux mots, « costumadier » supplante cosplayer, « manche à balai » remplace joystick, et add-on se transforme en « addiciel ».

Une femme au cheveux brun sourit à la caméra devant un fond blanc.

Nadine Gelly est à la tête de la Guilde du jeu vidéo du Québec.

Photo : Courtoisie de la Guilde du jeu vidéo du Québec

Une foule d’initiatives, par exemple des minijeux éducatifs et une extension pour les fureteurs, seront déployées dans les entreprises de jeux vidéo afin d'encourager le personnel à adopter ces nouvelles formules.

En marge de la programmation du festival MEGAMIGS, la joueuse de renommée mondiale Stéphanie Harvey animera samedi une compétition 100 % francophone de sport électronique sur la plateforme Twitch. La crème de la crème française affrontera celle du Québec.

Pour nous, c’était important que ceux et celles qui veulent jouer en ligne et interagir avec les gens à l’international puissent le faire en français.

Nadine Gelly

La directrice de la Guilde est convaincue que de multiplier les événements francophiles dans l’industrie contribuera à faire rayonner mondialement le savoir-faire créatif québécois.

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