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Cap sur un déficit de 15 milliards de dollars au Québec

Le ministre des Finances du Québec, Eric Girard

Le ministre des Finances du Québec, Eric Girard, lors de la présentation de la mise à jour économique

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Comme prévu, la mise à jour budgétaire du ministre des Finances du Québec fait état d’un déficit historique de 15 milliards de dollars en 2020-2021. Nouveauté cette fois : les déficits s’accumuleront encore pour les deux prochaines années, soit de 8,3 et 7 milliards de dollars respectivement.

Les 15 milliards comprennent toujours une provision pour risques économiques et autres mesures de soutien et de relance de 4 milliards de dollars, ce qui pourrait par exemple servir à la vaccination des Québécois contre la COVID-19, et un versement de 2,7 milliards au Fonds des générations. La majorité de ces sommes sont puisées à même la réserve de stabilisation.

Les revenus de l’État devraient s’établir à 118,7 milliards de dollars, dont 30,3 milliards proviennent des transferts fédéraux, un bond de 5 milliards par rapport à l’année dernière. Les dépenses en revanche atteindront 127 milliards, soit une augmentation considérable de 12 % comparativement à 2019-2020.

Les finances du Québec seront plongées dans le rouge au moins jusqu’en 2022-2023. Dans ce contexte, le gouvernement songe à la nécessité de revoir la Loi sur la réduction de la dette et instituant le Fonds des générations, qui le contraint à ne pas excéder 45 % du produit intérieur brut pour la dette brute au 31 mars 2026.

Et pour retrouver l’équilibre budgétaire dans cinq ans, comme le prévoit la loi, le gouvernement de François Legault entend s’appuyer sur trois vecteurs : une augmentation des dépenses en lien avec celle des revenus, un retour à la croissance économique et un financement accru d’Ottawa en soins de santé. Le ministre Eric Girard est toutefois demeuré vague en conférence de presse sur ses visées pour chacun d'entre eux, en plus de ne pas se prononcer sur les deux dernières années, qui suivront l'exercice 2022-2023.

D'ailleurs, pour résorber le déficit structurel à venir, un grand pan de la solution repose sur la volonté du gouvernement fédéral d'augmenter ses transferts. Sans aide, la capacité de payer en fonction de la croissance est une augmentation de 3 à 3,5 % par année, a-t-il expliqué. Les coûts de système sont plus élevés que ça, ce qui veut dire qu'il faudrait des gains de productivité importants dans le secteur de la santé.

Nous serons en mesure de donner au budget le sentier de retour vers l'équilibre budgétaire.

Eric Girard, ministre des Finances du Québec

M. Girard indique ne pas avoir l’intention d’alourdir le fardeau fiscal ni de réduire le financement des services.

Si 7 milliards de dollars [de déficit], c'est le bon scénario, ce ne sera pas facile à résorber sur un horizon de deux ans, a commenté l'économiste Daniel Denis à la suite de la présentation de la mise à jour économique.

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Mise à jour économique au Québec : entrevue avec Eric Girard

Près de 600 millions de plus en soutien pour 2020-2021

Québec injectera des sommes additionnelles de 600 millions de dollars cette année, pour un total de 1,8 milliard sur trois ans, afin de soutenir les Québécois et de relancer l’économie.

Une panoplie de mesures sont prévues, dont :

  • 459 millions pour favoriser la réintégration sur le marché du travail;
  • 477 millions pour accélérer les projets d’investissements des entreprises;
  • 300 millions pour le Plan pour une économie verte;
  • 247 millions pour la production québécoise et l’achat local;
  • 100 millions pour la santé mentale;
  • 117 millions pour les milieux d’enseignement;
  • 60 millions pour le secteur du tourisme.

Le gouvernement prévoit, en plus, des dépenses supplémentaires de 1,3 milliard de dollars pour gérer la crise sanitaire. Ce montant est principalement attribuable aux primes pour le personnel, à la formation des nouveaux préposés aux bénéficiaires et au dépistage.

Au total, cette année, ce sont 4,5 milliards de dollars d'initiatives économiques et sanitaires qui viennent s’ajouter aux 6 milliards de dollars d’actions déjà présentées lors du portrait sur la situation économique présenté en juin. Ces initiatives ont été rendues possibles grâce à une amélioration de l'état des finances à hauteur de 4,4 milliards depuis ce précédent portrait, notamment en raison d'une situation économique meilleure que prévu.

Après avoir chuté de 6 % cette année – plutôt que 6,5 % tel qu'annoncé en juin –, le PIB devrait connaître un regain de 5 % en 2021.

Les Québécois dans l'inconnu, selon l'opposition

Ils sont conservateurs dans les dépenses, mais assez jovialistes dans les prévisions, a dénoncé d'entrée de jeu la cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade. Elle réclame du gouvernement un plan détaillé à long terme plutôt qu'un bilan comptable à court terme sur trois ans.

Le porte-parole de Québec solidaire en matière de finances, Vincent Marissal, renchérit en évoquant l'absence de deux années mystères sur l'horizon de cinq ans prévu à La loi sur l'équilibre budgétaire. Il manque des morceaux dans le casse-tête que le ministre vient de nous présenter, explique-t-il, ajoutant que son effort budgétaire est minimaliste et même chiche.

Au Parti québécois, le chef Paul St-Pierre Plamondon craint que l'austérité ne devienne inévitable pour renflouer les coffres, doutant d'une collaboration subite du gouvernement fédéral.

Le surplus budgétaire de 3 milliards de dollars en 2019-2020 a fondu à 32 millions, sous l'effet entre autres de la baisse des revenus fiscaux avec l'état d'urgence sanitaire en mars et des pertes sur investissement de 434 millions de dollars de plus dans la CSeries, qui totalisent 1 milliard, et de 378 millions dans Ciment McInnis.

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