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L'OSEG pourrait disparaître du parc Lansdowne sans aide financière de la Ville d'Ottawa

Des kiosque sur une place publique près du parc Lansdowne à Ottawa.

Au cours des 30 ans de partenariat public-privé avec la Ville, l'OSEG a couvert les déficits d'exploitation et d'entretien, en plus de gérer le stade et le secteur commercial. De nombreux résidents craignent que le partenariat ne soit confronté à d'autres problèmes financiers dans le futur (archives).

Photo : Natalia Goodwin/CBC

Radio-Canada

Le groupe d'entrepreneurs, qui gère le secteur commercial du parc Lansdowne et possède les équipes sportives qui y jouent, ne survivra peut-être pas à la pandémie sans l'aide immédiate de la Ville d'Ottawa, selon un rapport publié au début du mois de novembre.

La pandémie de COVID-19 a ravagé les diverses sources de revenus de l'Ottawa Sports and Entertainment Group (OSEG). Les restaurants ont du mal à accueillir des clients et des pancartes à louer sont accrochées dans les magasins de la zone commerciale.

Les limites de rassemblement en vigueur signifient que les équipes que possède le groupe — le Rouge et Noir d'Ottawa, les 67 d'Ottawa, les BlackJacks d'Ottawa et les Aces d'Ottawa — ne peuvent pas vendre de billets aux partisans. De plus, aucun concert ou autre événement ne peut avoir lieu à la Place TD avant l'année prochaine.

OSEG n'est pas en mesure de résister à l'impact de la pandémie dans les conditions actuelles de son partenariat public-privé avec la Ville, selon le rapport remis au conseil par le directeur général municipal, Steve Kanellakos.

Selon le rapport, l'OSEG prévoit percevoir 75 % de ses revenus locatifs au cours de l'exercice 2021  et que les loyers prendront cinq ans pour revenir aux niveaux d'avant la COVID-19. Comme aucun événement avec billet n'est autorisé dans un avenir prévisible, l'OSEG prévoit une chute de 60 % des revenus pour l'année prochaine.

La trésorerie de l'OSEG est faible et doit renégocier un prêt de 104 millions de dollars au cours des deux prochaines années. Le groupe a présenté un déficit net de 11 millions de dollars pour l'année fiscale 2019-2020 qui a pris fin le 31 mars dernier.

La détérioration des projections financières en raison de la pandémie rendra cela difficile, les exposant à un risque très réel d'avoir un défaut de paiement comme étant leur meilleure décision commerciale, selon le rapport.

Recommandations du rapport pour assurer la survie de l'OSEG:

  • Donner à l'OSEG l'accès à 4,7 millions de dollars de fonds de réserve pour l'aider à fonctionner en 2021 et à refinancer son prêt, à rembourser sur la durée de son partenariat avec la Ville.
  • Prolonger le partenariat entre l'OSEG et la Ville de 10 ans jusqu'en 2054, vraisemblablement pour donner à l'OSEG plus de temps pour rembourser sa dette.
  • Renoncer temporairement à la moitié des profits générés par les loyers des commerçants de vente au détail que la Ville doit collecter à la fin de la période de partenariat.

Le président de l'OSEG, Roger Greenberg, a affirmé que son groupe d'investisseurs prévoit investir 40 millions de dollars de leur poche au cours des cinq prochaines années en retour de ces modifications pour ne pas refiler le coût à court terme aux payeurs de taxes.

On n'est pas arrivé si loin pour abandonner le projet maintenant.

Roger Greenberg, président de l'Ottawa Sports and Entertainment Group

Parmi tous les investissements de la Ville d'Ottawa, le train léger est le seul projet unique qui crée un déficit plus grand que celui de l'OSEG.

Un problème qui ne laisse personne indifférent

Le Comité des finances et du développement économique se penche sur ces recommandations jeudi, alors que 45 personnes ont demandé à pouvoir s'exprimer sur le sujet pour faire valoir leur opinion. La grande majorité se sont prononcés en faveur de l'OSEG, soulignant leur impact positif dans la communauté, notamment auprès des jeunes filles.

L'Association communautaire des résidents du Glebe veut que le réaménagement jeune de sept ans au parc Lansdowne réussisse. Ses représentants seront parmi les dizaines de citoyens inscrits pour avoir leur mot à dire lors de la réunion du Comité des finances et du développement économique.

L'espace public la Grande pelouse au parc Lansdowne.

L'espace public la Grande pelouse au parc Lansdowne.

Photo : Radio-Canada / Kate Porter/CBC

Nous aimerions que la Ville se garde une marge de manœuvre au cas où la situation se détériorerait davantage, mentionne Anthony Carricato, le président de l'association.

Nous soutenons absolument la nécessité d'une aide financière d'urgence à court terme pour l'OSEG, s'empresse de préciser M. Carricato.

L'association est cependant beaucoup plus préoccupée par les autres demandes d'OSEG, soit prolonger leur entente avec la Ville d'Ottawa d'une décennie et repousser la date à partir de laquelle la Ville partagerait les loyers des commerces de détail.

Risque élevé, gain potentiel faible?

D'autres se demandent pourquoi la Ville se précipite pour donner à l'OSEG ce qu'il demande, au lieu de prendre le temps de faire preuve de diligence raisonnable pour déterminer si l'accord complexe public-privé est durable pour les décennies à venir.

Ils doutent que les derniers problèmes de l'OSEG soient uniquement liés à la pandémie, car le partenariat n'a pas encore terminé une année sans déficit.

C'est une insulte aux citoyens d'Ottawa d'utiliser la pandémie de COVID-19 comme excuse pour présenter un crapaud comme étant un prince charmant, estime Nancy Lawand, une ancienne cadre de la fonction publique qui a vécu dans le Glebe pendant plus de 30 ans.

Elle est d'avis que l'accord au parc Lansdowne a toujours manqué de transparence et de responsabilité. Le dernier conseil qui a approuvé le tout n'a jamais eu d'options — c'était l'OSEG ou rien. Je pense qu'il est temps de considérer d'autres options, rajoute Mme Lawand.

Malgré les questions restées sans réponse, Chris Stoney, un résident du Glebe, s'attend à ce que le Comité des finances conclut un accord avec les propriétaires des équipes sportives.

Le maire et bon nombre des conseillers qui ont voté pour cet accord en premier lieu ont certainement leur crédibilité en jeu, rappelle M. Stoney, qui est également professeur de politique urbaine à l'Université Carleton. Il y a un coût politique si Lansdowne doit échouer.

M. Stoney souhaite que les membres du conseil gardent l'esprit ouvert tout au long du processus de consultation du public et qu'ils ne prolongent l'accord au parc Lansdowne que si c'est la meilleure solution pour la Ville d'Ottawa et ses résidents.

Avec les informations de Kate Porter

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