•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La révision du régime forestier loin de faire l'unanimité

Une route de bois à flan de montagne dans une forêt.

La révision du régime forestier a notamment pour but de permettre aux industriels de mieux planifier l'aménagement des chemins forestiers (archives).

Photo : Joe Foy/Wilderness Committee

La révision du régime forestier dévoilé la semaine dernière par le gouvernement Legault reçoit un accueil partagé dans l'Est-du-Québec. Si plusieurs saluent l'initiative du gouvernement, d'autres jugent cette révision incomplète.

Le gouvernement Legault avait annoncé une nouvelle mouture du régime forestier, mais c'est plutôt une révision à laquelle l'industrie a eu droit.

Cette révision apporte des changements notamment dans la façon de distribuer les secteurs de coupe qui sont mis aux enchères auprès des industriels, un aspect qui avait été vivement critiqué après l'adoption du régime actuel, en vigueur depuis 2013.

Québec laissera dorénavant entrevoir les secteurs de coupe qui seront disponibles sur un horizon de trois ans et donnera plus de temps aux industriels pour faire leurs récoltes.

On va vous permettre, à partir du moment où vous avez acheté un lot, de faire la récolte sur deux ans, explique le professeur en politique forestière à l'Université Laval, Luc Bouthillier.

Luc Bouthillier est professeur de politique forestière à l'Université Laval

Luc Bouthillier est professeur de politique forestière à l'Université Laval (archives)

Photo : Radio-Canada / Regis Desrosiers

Le gouvernement élimine également la règle selon laquelle il doit y avoir au moins trois soumissionnaires pour qu'un secteur de coupe soit attribué, ce qui pourrait avoir un impact positif dans nos régions, selon le président de Boisaco, Steeve St-Gelais.

Quand on est dans des secteurs relativement loin, où le nombre d'acheteurs peut être restreint, ça va permettre de laisser une logique de valeur marchande s'exprimer, explique-t-il.

Des déceptions

Ça ne va pas aussi loin que ce que M. Legault nous avait laissé entrevoir, indique cependant le directeur du développement des affaires chez Groupe Lebel, Gérald Baril.

Il y a des points intéressants de touchés, mais de façon tellement générale, on a de la difficulté à voir c'est quoi la vraie mesure et comment elle va atterrir dans les opérations des entreprises.

Une citation de :Gérald Baril, le directeur du développement des affaires chez Groupe Lebel

M. Baril déplore notamment que plusieurs demandes de l'industrie soient restées en suspens. Le plus important pour nous, c'est de réduire nos coûts en réduisant la lourdeur administrative pour la réalisation de nos opérations, mais aussi pour toute la planification, souhaite-t-il.

Il y a trop de bureaucratie dans la façon de planifier, on doit avoir des autorisations à n'en plus finir. [...] Tout ça, c'est incompatible avec la réalité du terrain, ajoute Luc Bouthillier.

Pour sa part, le député de Bonaventure et porte-parole du Parti québécois en matière de forêts, Sylvain Roy, qualifie cette révision de cosmétique et considère que le gouvernement doit en faire plus, notamment pour mieux planifier les travaux sylvicoles.

Dans un contexte où on veut repartir l'économie des régions, ce n'est pas un signal qui est très puissant, considère-t-il.

Sylvain Roy, député de Bonaventure lors d'une interpellation à l'Assemblée nationale

Le député de Bonaventure, Sylvain Roy, considère que la révision du régime forestier présentée par Québec manque d'ambition (archives).

Photo : Assemblée nationale du Québec

De son côté, Steeve St-Gelais estime que cette révision démontre que Québec veut être dans un esprit d'amélioration continue du régime forestier. C'est vraiment un message très positif, dit-il.

M. Baril souhaite pour sa part que les entreprises soient consultées plus fréquemment sur les changements à apporter au régime forestier et que davantage de bois soit mis en marché via le Bureau de mise en marché des bois (BMMB).

Avec la collaboration d'Isabelle Larose et de Kim Bergeron

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !