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Le témoignage d'Éric Salvail « doit être rejeté en totalité », plaide la poursuite

Le juge Alexandre Dalmau, de la Cour du Québec, fera connaître son verdict le 18 décembre.

Vue d'Éric Salvail en contre-plongée.

C'était au tour de Me Amélie Rivard, du DPCP, de faire valoir ses arguments au procès d’Éric Salvail.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Le témoignage qu’Éric Salvail a livré lors de son procès pour agression sexuelle, séquestration et harcèlement « doit être rejeté en totalité », tandis que celui du plaignant, Donald Duguay, est crédible « à tous les niveaux », a plaidé jeudi la procureure du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

Selon Me Amélie Rivard, qui prononçait sa plaidoirie devant le juge Alexandre Dalmau, de la Cour du Québec, l’ex-animateur vedette a grossièrement menti au tribunal en tentant de se présenter comme un travailleur acharné qui aimait créer des malaises dans un but humoristique.

Il est clair que l’accusé a menti pour donner une image faussement positive. Un travailleur acharné, qui peut faire des blagues un peu limite, a-t-elle affirmé pour s’attaquer à la crédibilité de son témoignage. Ce dernier n’est ni crédible ni fiable, et ne mérite pas d’être cru par le tribunal, selon elle.

Le témoignage de l’accusé doit être rejeté en totalité et on ne doit rien retenir de ce que M. Salvail a dit au tribunal comme étant crédible.

Amélie Rivard, procureure du DPCP

La procureure de la Couronne s'est aussi abondamment servie de la contre-preuve qu'elle a présentée au juge lundi. Elle s’est attaquée à la déclaration faite par Éric Salvail l'hiver dernier selon laquelle il n'agresse pas les gens dans la vie, en s’appuyant sur les témoignages de trois anciens collègues d'Éric Salvail.

Ces témoignages d’ex-collègues faisaient état de propos sexuels déplacés, d'attouchements non désirés de la part d'Éric Salvail, aujourd'hui âgé de 51 ans, qui se serait aussi exhibé devant l'un d'entre eux.

Salvail a soutenu que mettre la main aux fesses est un geste qu'il pose uniquement avec des amis? Un de ces hommes a relaté qu'il lui a saisi une fesse le premier jour où il l'a rencontré, a souligné la procureure.

Salvail a témoigné qu'il n'aurait jamais posé de tels gestes de harcèlement, assurant que son travail est tout pour lui, et qu'il n'aurait pas pris le risque de nuire à son avancement professionnel? Ces trois hommes ont témoigné d'attouchements non consentis et de propos déplacés à une époque où l'accusé n'était pas encore connu, a-t-elle noté.

Salvail a dit qu'il n'est pas le genre de personne à agresser les gens et qu'il n'a agressé personne dans sa vie? Ces trois hommes ont témoigné de ce qu'ils ont subi, dont un qui a raconté que l'accusé a enfoncé sa main dans son pantalon jusqu'à lui toucher les testicules, a martelé Me Rivard.

Avec ces témoignages, vous avez la preuve qu’il agresse les gens dans la vie, a asséné la procureure.

Plan moyen de Donald Duguay.

Donald Duguay, victime présumée d’Éric Salvail, en février dernier.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Un plaignant crédible, soutient le DPCP

Me Rivard s’est aussi appliquée à assurer la crédibilité du témoignage de Donald Duguay, dont la plainte est à l’origine du procès. Il s’agit d’un ex-employé de Radio-Canada qui affirme avoir été agressé par Éric Salvail dans une toilette de son siège social montréalais en octobre 1993.

Son témoignage, durement attaqué mercredi par l’avocat de M. Salvail, est fiable à tous les niveaux, et les contradictions qui ont pu y être relevées n’ont pas d’impact majeur sur sa crédibilité, a-t-elle fait valoir. Sa mémoire est bonne, son souvenir est précis.

L’avocate de la poursuite a notamment plaidé qu’il importait peu que le dossier d’employé d’Éric Salvail montre que son lien d’emploi avec Radio-Canada avait cessé en août 1993, soit deux mois avant l’agression alléguée, puisque l’accusé avait une foule de raisons d’y revenir.

Il a travaillé après cette date pour l'émission L'enfer c'est nous autres, produite par Radio-Canada, a plaidé Me Rivard, qui a tenu à préciser les faits dans sa plaidoirie. Son lien d'emploi était maintenu, un fait qu'il a finalement admis du bout des lèvres, a déclaré la procureure. Et puis, il a reconnu être retourné à la Maison de Radio-Canada après le 13 août pour voir des amis ou pour assister à des réunions de production.

Éric Salvail et son avocat marchent côte à côte.

Éric Salvail arrive au palais de justice de Montréal jeudi en compagnie de son avocat Michel Massicotte, pour la plaidoirie de la Couronne.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Un menteur, affirme la défense

Pour sa part, l’avocat de l’ancien animateur et producteur, Michel Massicotte, a tenté lors de sa propre plaidoirie de démolir la crédibilité de Donald Duguay, arguant qu’il était un homme capable de mentir, de répandre des faussetés et même de se parjurer.

Selon lui, l’agression alléguée est une pure invention.

Son témoignage n'est pas crédible et ne peut être retenu. Donc mon client doit bénéficier du doute raisonnable, a-t-il déclaré.

Au terme de la plaidoirie de Me Rivard, Me Massicotte a présenté une brève réplique avant que le juge Delmau ne mette la cause en délibéré. Il fera connaître son verdict le 18 décembre.

Avec les informations de Geneviève Garon et de La Presse canadienne

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