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Un détenu de Headingley en isolement cellulaire après un dépistage du coronavirus

L'extérieur d'une prison, vu de côté.

L'éclosion de COVID-19 au Centre carcéral de Headingley a été déclarée par la province le 13 octobre.

Photo : Radio-Canada / Travis Golby

Radio-Canada

La mère d’un détenu du Centre correctionnel de Headingley se dit inquiète pour la santé de son fils après que celui-ci ait été envoyé en isolement cellulaire à la suite d’un résultat positif à un test de dépistage du coronavirus à l’origine de la COVID-19.

Le gouvernement confirme que les détenus déclarés positifs sont confinés et restent enfermés dans leurs cellules 23 heures sur 24.

La mère dit avoir appris la nouvelle de son fils, la semaine dernière. Ils appellent ça le trou. Mon fils dit que c’est froid, là-dedans. On ne lui a donné qu’un drap et une couverture, même pas d’oreiller, raconte-t-elle.

En isolement cellulaire, les seules sorties autorisées à son fils sont un passage à la douche et un appel téléphonique. Selon la mère, on lui a dit de rester en isolement jusqu’à la fin de la semaine.

Les prisons ont des lieux d’isolement appropriés, dit la province

Le gouvernement du Manitoba refuse de confirmer si les détenus atteints de la COVID-19 sont envoyés en isolement cellulaire ou non.

Les détenus ayant des symptômes sont isolés pendant 14 jours à partir de l’apparition des symptômes. Chaque centre a un lieu d’isolement désigné approprié, explique la porte-parole provinciale Julie DeVoin.

Ceux-ci ont droit à au moins 30 minutes en dehors de leur cellule d’isolement chaque jour, ajoute-t-elle, précisant que les détenus en isolement qui ont des symptômes de COVID-19 reçoivent des masques chirurgicaux à porter lorsqu’ils quittent leurs cellules.

La province a rapporté une éclosion et imposé le confinement au Centre correctionnel de Headingley le 13 octobre.

Mardi, 147 détenus et 38 employés avaient été déclarés positifs. Parmi eux, 93 personnes sont considérées comme des cas actifs.

De la torture, disent des avocats

L’avocat criminaliste Scott newman, de Winnipeg, soutient que ce ne sont pas tous les détenus déclarés positifs qui sont envoyés en isolement cellulaire, mais que la prison est effectivement en confinement.

Ça veut dire que tout le monde doit rester en cellule pendant 23 heures et demie par jour, explique-t-il. Donc ce n’est pas le trou, mais c’est le même effet.

Ce sont des gens qui sont peut-être malades et on leur dit de rester dans leur chambre pendant 23 heures et demie chaque jour. Ils n’ont personne à qui parler et rien à faire.

Il y a une raison pour laquelle les Nations Unies disent que ça équivaut à de la torture, ajoute-t-il. On parle de priver un être humain de tout contact ou de tout divertissement pour une bonne période de temps.

Même son de cloche chez l’avocat Corey Shefman, de la firme Olthuis Kleer Townshend, de Toronto, qui précise que le droit international considère l’isolement cellulaire comme une forme de torture.

C’est cruel, inhumain et dégradant, note-t-il. Ils s’en servent comme d’une sorte de zone de quarantaine. C’est choquant.

Du côté du gouvernement, on dit comprendre les difficultés que la COVID-19 impose aux détenus et à leurs familles, soutient Julie DeVoin.

Elle ajoute que certains moyens de divertissement, comme des jeux, des magazines, des films et du matériel artistique sont fournis aux détenus confinés.

Le personnel n’a plus confiance en la province, dit le syndicat

La question de la santé et de la sécurité au travail au Centre correctionnel de Headingley inquiète aussi le syndicat qui représente quelque 500 employés de la prison.

Beaucoup d’employés ont perdu confiance dans le ministère de la Justice en ce qui a trait à leur sécurité, dit la présidente du Syndicat des employés gouvernementaux et généraux du Manitoba, Michelle Gawronsky.

Elle explique notamment la réaction des employés par l’envoi de masques périmés à divers centres correctionnels de la province, dont celui de Headingley.

Elle précise toutefois que ceux-ci ont été remplacés lorsque le gouvernement a été informé de la situation.

Avec les informations de Peggy Lam

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