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32 ascensions du Mont-Saint-Anne jusqu’au jour du Souvenir

Trois frères d’armes étaient au sommet de la montagne à 11 h 11, le 11e jour du 11e mois.

Trois hommes en haut d'une montagne devant une affiche du Mont-Saint-Anne.

Pierre-Luc Tremblay, Jean-François Dion et François Hamel, lors de la toute dernière ascension du Défi des 32 montées pour la sensibilisation aux blessures de stress opérationnel, aux dépendances et à la santé mentale.

Photo : fournie par Jean-François Dion

Le retour à la vie civile, après avoir servi dans l’armée, peut parfois être très difficile pour les militaires. Un résident de Beaupré, vétéran des Forces armées canadiennes (FAC), s’est donné comme défi de monter le Mont-Sainte-Anne 32 fois jusqu’au 11 novembre. Un défi très personnel qui a permis à Jean-François Dion de vivre de bons moments de réflexion.

Beau temps, mauvais temps, celui qui a servi durant 17 ans dans les Forces s’est rendu au sommet de la montagne chaque jour, depuis le 11 octobre. Avec l’ascension et la descente, cette randonnée lui prenait en moyenne 2 heures par jour.

Mercredi matin, le 11e jour du 11e mois de l’année, Jean-François Dion a accompli sa dernière ascension. À 11 h 11, ils se trouvaient en compagnie de deux autres frères d’armes, au haut de la montagne.

On passe parfois six, sept, huit mois outre-mer et on revient assez vite dans la vie normale, après ça. Ça se fait rapidement et on n’a pas le temps de processer tout ce qu’on a vécu là-bas, confie le vétéran, qui a quitté la vie militaire en février 2019.

Jean-François Dion, souriant, avec un chien

Jean-François Dion en compagnie de Roxie, dont le propriétaire est l'un de ses amis, lui aussi vétéran.

Photo : fournie par Jean-François Dion

L’idée de ce défi lui est venue entre autres d’un vétéran américain qui, en 1948, a parcouru le sentier des Appalaches, de la Georgie jusqu’au Maine, pour se donner le temps de réfléchir à tout ce qu’il avait vécu.

J’ai aussi été inspiré par un autre vétéran, qui en même temps que moi, a gravi le mont Saint-Louis dans le secteur Beauport, une fois par jour, ajoute Jean-François Dion.

Ce collègue, Pierre-Luc Tremblay, a effectué sa dernière ascension avec Jean-François, sur le toit du Mont-Sainte-Anne, mercredi, en compagnie d’un troisième frère d’armes, François Hamel, qui est toujours membre des FAC.

Il y avait beaucoup de vent. Au haut de la montagne, on avait même perdu nos coquelicots, raconte le vétéran de Beaupré, l’émotion dans la voix après avoir accompli son défi.

L’importance de se rassembler

Ce défi arrivait au bon moment pour Jean-François. Avec le confinement, et la pandémie, et le fait qu’on a perdu un des nôtres au début octobre, j’avais besoin de rester connecté et ne pas voir des symptômes réapparaître, c’est pour cette raison que je me suis embarqué là-dedans.

Pour cette première expérience au Mont-Sainte-Anne, son objectif était de sensibiliser les gens en partageant des photos et des réflexions sur son compte Facebook. Il voulait mettre de l’avant la présence de blessures dues au stress opérationnel chez les militaires, les dépendances et la santé mentale.

Il ne récoltait pas d’argent pour une cause en particulier lors de son défi. Par contre, il a beaucoup réfléchi à ce qu’il pourrait faire pour aider ses confrères et consoeurs.

On a beaucoup d’aide de spécialistes, des suivis, des thérapies avec les programmes de réhabilitation des anciens combattants. Il y a aussi plusieurs organismes qui font un travail exceptionnel, souligne Jean-François.

Jean-François Dion devant une affiche du MSA, il y a de la neige sur le sol.

Le vétéran a rencontré différents types de climats au cours de ses 32 ascensions du Mont-Sainte-Anne.

Photo : fournie par Jean-François Dion

Il ajoute cependant qu’il y a toujours place à l’amélioration et qu’il aimerait lancer un organisme pour permettre aux vétérans de se rassembler, dans la nature, pour discuter et pour prendre part à des activités de plein air.

À plus court terme, il a aussi décidé de lancer un groupe Facebook, La tribu des guerriers, pour discuter entre vétérans et échanger des conseils.

En ce jour du Souvenir, Jean-François Dion est fier de son défi. C’est sûr que je suis plus en forme, dit-il, le sourire dans la voix.

Mais il a aussi une pensée pour ceux qui ne sont plus là. C’est un jour toujours extrêmement émotif. On repense à nos chums qui ne sont jamais revenus et à tous les sacrifices, à tous les vétérans qui ont fait en sorte qu’on a la vie qu’on a ici au Canada. C’est facile à oublier, mais la sécurité, ça peut être vite perdu, et ce n’est pas tout le monde qui a cette chance.

Le vétéran originaire de Matane ne sait pas encore s’il reprendra l’expérience l’an prochain. Chose certaine, il continuera de s’engager pour cette cause qui lui tient à coeur, soit le retour à la vie civile des militaires et l’importance de la santé mentale et physique.

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