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La « rue de la colonisation » de Fort Frances pourrait bientôt changer de nom

Intersection Colonization Road.

Kenora a déjà eu une rue de la colonisation, avant de changer son nom en 2017. (archive)

Photo : CBC

La ville de Fort Frances, dans le Nord-Ouest de l’Ontario, débattra du nom controversé de sa « rue de la colonisation » pour une deuxième fois en trois ans. Le conseiller municipal Douglas Judson a déposé une résolution allant en ce sens mardi.

Il soutient que de renommer l’artère est un pas de plus vers la réconciliation avec les communautés autochtones. Selon lui, l’histoire de la région a été marquée par les politiques coloniales canadiennes.

Douglas Judson rappelle que la colonisation est définie comme l'action ou le processus de prise de possession d’un territoire et de contrôle de ses populations autochtones.

Conserver un nom rappelant cette idéologie au sein notre communauté, c’est très problématique.

Douglas Judson, conseiller municipal de Ford Frances

Le conseil municipal devrait se prononcer sur la question le 23 novembre prochain. Si la résolution est adoptée dans sa forme actuelle, un nouveau nom devrait être présenté devant le conseil au plus tard le 30 avril 2021.

La résolution prévoit également que le nouveau nom, qui devrait être en phase avec les thèmes de la réconciliation, serait choisi en consultation avec la communauté.

Une impression de déjà-vu

Le conseil municipal s’est déjà penché sur la question en 2017, après que le documentaire de CBC Colonization Road n’ait braqué les projecteurs sur le phénomène des routes portant des noms liés à la colonisation en Ontario.

Celui-ci s’était prononcé à 5 contre 1 pour garder le nom de la rue, conformément à la recommandation du comité chargé d'étudier la question.

La décision faisait notamment écho aux craintes de certains résidents quant aux coûts engendrés par un changement d'adresse. Quelques-uns jugeaient que le mot colonisation ne devait pas être perçu négativement.

La mairesse June Caul, alors conseillère, avait voté en faveur du nom actuel. Elle a refusé la requête d’entrevue de Radio-Canada, expliquant ne pas être prête à discuter du sujet avant qu’il ne soit débattu au conseil municipal.

Selon Douglas Judson, un vent de changement souffle maintenant sur la région. Sa proposition a notamment reçu le support du musée de Fort Frances et des chefs des communautés autochtones de la région.

Beaucoup semblent se demander quelle différence un nom ou une phrase peut faire. Ils estiment qu’il ne s’agit "que de mots". Je me demande s'ils considèrent leurs paroles de réconciliation avec le même degré d'indifférence.

Ogichidaa Francis Kavanaugh, grand chef du grand conseil du Traité no. 3

Sans l'étape fondamentale de renommer les rues, le grand chef estime qu’il est très difficile de croire aux promesses de réconciliation et aux demandes de coopération.

De l’Ontario au Manitoba

Plusieurs municipalités et cantons du Nord de l’Ontario ont encore des rues portant le nom Colonization, comme Spanish, ou encore Emo. Mais d’autres, comme Kenora et Blind River, ont pris la décision de renommer la leur dans les dernières années.

Au Manitoba, la municipalité rurale de St-Clements a entrepris un tel processus récemment.

C’est certain que des résidents sont déçus de nous voir considérer un nouveau nom […]. Mais en tant que communauté et conseil municipal, nous croyons que nous devons travailler à la réconciliation, explique la mairesse Debbie Fiebelkorn.

Elle explique tenter de trouver une manière juste de choisir un nouveau nom et de s’assurer que les résidents vivant sur la route puissent procéder à leur changement d’adresse sans encombre. Toutefois, les démarches sont ralenties par la pandémie.

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