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Immigration : les oppositions critiquent l'attitude du gouvernement Trudeau

Unanimement, les partis d'opposition provinciaux et fédéraux réclament une accélération du traitement des dossiers d'immigration visant le Québec.

Pancarte « Bonjour Québec » à proximité de la frontière Canada–États-Unis à Saint-Bernard-de-Lacolle.

Des milliers de candidats à l'immigration qui vivent et travaillent déjà au Québec sont en attente depuis des mois de nouvelles concernant leur dossier.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Ils n'ont pas tous la même cible dans leurs attaques, mais ils ont le même sentiment général : Québec et Ottawa doivent s'entendre pour accélérer et améliorer les délais de traitement des dossiers de résidence permanente.

Tous les partis d'opposition, à Québec et à Ottawa, déplorent la situation vécue par de multiples travailleurs vivant déjà au Québec, qui sont dans l'incertitude en raison de l'absence de réponse de la part du ministère fédéral de l'Immigration.

Comme l'a raconté Radio-Canada, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) laisserait dans le flou des milliers de candidats à la résidence permanente déjà sélectionnés par Québec, particulièrement dans la catégorie de l'immigration économique. Depuis l'été 2019, aucun accusé de réception n'aurait été envoyé après l'envoi de ces dossiers.

Une telle preuve est indispensable pour renouveler par exemple un permis de travail ou conserver une couverture médicale, ce qui plonge ces personnes dans l'incertitude.

La mauvaise gestion par le gouvernement libéral du système d’immigration est inacceptable.

Erin O'Toole, chef de l'opposition officielle à Ottawa

Le chef du Parti conservateur du Canada ne mâche pas ses mots. Les gens qui veulent venir au Canada méritent un plan qui offre une clarté, une certitude et un processus qui les traite avec dignité, compassion et respect, indique Erin O'Toole, dans une déclaration transmise à Radio-Canada.

Ce sentiment est partagé par les autres oppositions.

C'est inhumain, clame Alexandre Boulerice, député du Nouveau Parti démocratique (NPD).

Ce n'est pas respecter la dignité des gens que de les laisser dans le noir et l'incertitude. Le ministre Mendicino doit mettre son poing sur la table.

Alexandre Boulerice, député du NPD

Pour justifier ces longs délais, IRCC a mis de l'avant les conséquences de la pandémie et du télétravail, mais aussi la baisse des seuils d'immigration décrétée lors de son arrivée au pouvoir en 2018 par le gouvernement de François Legault.

Le gouvernement fédéral est très mal placé pour donner des leçons au Québec sur la question des délais.

Christine Normandin, porte-parole du Bloc québécois en matière d’Immigration

Selon le Bloc québécois, plutôt que de chercher à blâmer le gouvernement québécois, Ottawa devrait plutôt s’attaquer aux attentes interminables que vivent tous les candidats à l'immigration.

Ces délais empêchent les nouveaux arrivants de travailler et de s’intégrer à leur société d’accueil, juge Christine Normandin, porte-parole du Bloc québécois en matière d’immigration, en évoquant aussi les problèmes liés à la réunification familiale.

Le gouvernement Legault averti par les médias sociaux

Après la publication du reportage de Radio-Canada sur ce sujet, le ministère québécois de l'Immigration (MIFI), un temps muet, a finalement répondu à nos questions. Le MIFI dit avoir eu vent de cette situation récemment, lorsqu'un candidat s'est plaint de la situation sur les médias sociaux. Le MIFI a porté la problématique des accusés de réception à l’attention d’IRCC la semaine dernière. IRCC a précisé qu’il s’agissait tout simplement d’un retard attribuable à la pandémie, précise une porte-parole du MIFI.

Les oppositions à Québec en colère

À Québec, les oppositions ont elles aussi exprimé leur vive colère.

C'est carrément choquant, lance Méganne Perry Mélançon, du Parti québécois, en parlant d'une situation vraiment triste pour ces candidats à l'immigration.

Ces néo-Québécois sont pris en otages.

Méganne Perry Mélançon, porte-parole du PQ en matière d'immigration

Québec, avance-t-elle, devrait avoir les pleins pouvoirs en immigration pour éviter une telle problématique.

Au Parti libéral du Québec, on déplore le contentieux entre le gouvernement Trudeau et celui de François Legault.

On essaie malheureusement de ménager la chèvre et le chou. Et ceux qui sont pris entre les deux, ceux qui font la demande de résidence, sont mal pris.

Gaétan Barrette, porte-parole du PLQ en matière d'immigration

Selon Gaétan Barrette, Ottawa doit émettre ces accusés de réception pour rassurer ces gens, même si les seuils fixés par Québec ne leur permettent pas, pour le moment, d'être admis comme résidents permanents.

Existe-t-il une entente entre Québec et Ottawa qui vise à ne pas traiter les demandes au-delà des seuils fixés par la CAQ?, s'interroge de son côté le député de Québec solidaire Andrés Fontecilla, qui réclame immédiatement un geste de la ministre provinciale de l'Immigration, Nadine Girault.

Derrière l’obsession de la CAQ pour la réduction des seuils d’immigration, il y a des milliers de personnes qui travaillent et contribuent activement à notre société, et qui voient leur destin mis en suspens, avec toute l’anxiété que cela génère dans leur quotidien.

Andrés Fontecilla, porte-parole de QS en matière d'immigration

Comme d'autres élus, la députée indépendante Catherine Fournier compte se rendre vendredi à une manifestation, à Montréal, pour soutenir ces candidats à l'immigration. Ce qu'ils vivent, assure-t-elle, c'est complètement déplorable.

On oublie trop souvent que, derrière des dossiers, il y a de vraies personnes, des familles, des histoires humaines. Ça m'arrache le cœur. La CAQ met peut-être des bâtons dans les roues, mais ces délais, ce n'est pas nouveau, rappelle-t-elle.

Avec l'immigration qui est gérée par deux gouvernements, c'est bien facile de remettre la responsabilité dans la cour de l'autre. Mais ça tombe sur le dos d'honnêtes personnes, ajoute Catherine Fournier.

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