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Des musées de l'Est-du-Québec face à une explosion de leurs primes d'assurance

Le Centre d'interprétation des mammifères marins de Tadoussac

Le Centre d'interprétation des mammifères marins de Tadoussac (archives)

Photo : CIMM

Des institutions muséales de l'Est-du-Québec voient leurs primes d'assurances exploser cette année, au point où des discussions sont en cours pour former un regroupement qui tenterait de négocier des tarifs plus avantageux pour les musées.

Au renouvellement des assurances du musée Exploramer, dû le 1er novembre dernier, la directrice générale de l'institution de Sainte-Anne-des-Monts a eu une bien mauvaise surprise.

La prime pour assurer le musée est passée de 22 000 $ à 66 000 $ par année.

C'est 300 % d'augmentation, constate Mme Gauthier.

Vue de l'extérieur du musée scientifique Exploramer.

Le musée Exploramer est situé à Sainte-Anne-des-Monts (archives).

Photo : Radio-Canada / Michel-Félix Tremblay

On nous dit que c'est à cause de la COVID-19, ajoute-t-elle.

Les grandes compagnies qui font faillite un peu partout sur la planète en ce moment, elles ont des assurances pour perte de revenus et elles sont toutes en train d'aller récupérer ces sommes là. Pour les compagnies d'assurance, ça se passe partout en même temps et ça cause une augmentation des primes. On en paie le prix, explique la directrice.

C'est pas juste nous; dans le milieu muséal on s'est fait dire attachez vos tuques, ça va augmenter beaucoup.

Sandra Gauthier, directrice générale d'Exploramer

À long terme, cette hausse risque de forcer la direction du musée à prendre des décisions difficiles, d'autant plus que la prime de 66 000 $ ne comprend pas les assurances du nouveau bateau d'Exploramer, qui seront évaluées à son arrivée à Sainte-Anne-des-Monts, prévue à la mi-avril.

On a eu des aides financières d'urgence pour contrer la COVID-19, donc on va s'en tirer cette année, assure Mme Gauthier.

Mais si ça perdure, il va falloir qu'on fasse des choix c'est certain. C'est l'équivalent d'un emploi ou deux cette augmentation là, donc on n'aura pas le choix de générer des revenus de plus ou de réduire les dépenses, ajoute-t-elle.

Une collection irremplaçable

À Tadoussac, le Centre d'interprétation des mammifères marins (CIMM) a aussi vu sa prime d'assurance augmenter de façon importante cette année.

Le directeur du CIMM, Patrice Corbeil, précise cependant que sa situation est un peu différente des autres institutions.

Gros plan sur Patrice Corbeil, photographié devant le Centre d'interprétation des mammifères marins, à Tadoussac.

Patrice Corbeil est le directeur du Centre d’interprétation des mammifères marins à Tadoussac (archives).

Photo : Lise Gagnon

De notre côté, on a demandé si notre collection de squelettes de baleines était bel et bien assurée. Ils ont vérifié et nous ont dit : ''ah ben si on veut bien les assurer il faudrait augmenter la prime''. Et de là, il y a eu une augmentation substantielle, explique M. Corbeil.

Le tarif pour assurer la collection de squelettes de baleines a ainsi doublé, passant de 16 000 $ à 32 000 $ par année. Au total, il en coûte donc maintenant 44 000 $ pour assurer le CIMM annuellement.

Mais cette augmentation est-elle vraiment justifiée par le caractère particulier de la collection?

On a une inquiétude, admet M. Corbeil. On trouve que le montant est élevé, mais est ce que c'est un augmentation des assurances ou c'est vraiment un ajustement, on va aller vérifier au cours des prochains mois.

Le directeur prévoit notamment contacter d'autres institutions similaires à la sienne pour comparer leur primes et négocier auprès de différents courtiers d'assurance.

L'union fait la force, et les petits prix

M. Corbeil n'est pas le seul à entreprendre des démarches pour tenter de réduire sa prime.

Plusieurs musées du Québec, dont Exploramer et le CIMM, ont amorcé des discussions afin de se regrouper pour négocier des taux plus avantageux.

Sandra Gauthier lors d'une entrevue dans un studio de Radio-Canada.

Sandra Gauthier est la directrice générale d'Exploramer (archives).

Photo : Radio-Canada / Cécile Gladel

Étant donné la situation, on a changé de courtier pour privilégier un courtier qui assure pratiquement tous les musées d'art, indique Mme Gauthier.

Ce qu'ils nous ont proposé, et ce qu'ils vont proposer à tous les musées de science et les centres d'interprétation dans les prochaines semaines, c'est de se regrouper tous ensemble pour constituer un portefeuille et aller négocier des tarifs auprès des compagnies pour essayer d'avoir des prix plus intéressants pour nos polices respectives, explique-t-elle.

C'est certain que si on travaille ensemble, on pourrait probablement avoir un meilleur prix pour l'ensemble des institutions muséales.

Patrice Corbeil, directeur général du CIMM

On pourrait avoir un assureur important du Québec ou d'ailleurs qui assure les musées et on pourrait avoir des prix préférentiels et être bien couverts, c'est ce qui est important, ajoute M. Corbeil.

Les musées, on a des situations particulières qui font qu'on assure des objets, des artéfacts, ou dans mon cas une collection de squelettes de baleines... Ça a une valeur inestimable, rappelle le directeur du CIMM.

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