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Le ministre Fitzgibbon rejette le blâme de la commissaire à l'éthique

Pierre Fitzgibbon parle en Chambre.

Le ministre de l'Économie, Pierre Fitzgibbon, a affirmé mercredi à l'Assemblée nationale qu'il n'avait rien à se reprocher, malgré les conclusions d'un rapport de la commissaire à l'éthique.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

La Presse canadienne

Le ministre de l'Économie du Québec, Pierre Fitzgibbon, a rejeté mercredi le blâme prononcé contre lui par la commissaire à l'éthique, estimant n'avoir rien à se reprocher.

Mais son opposition ne changera rien à la suite des choses, car tout indique que, fait exceptionnel, l'Assemblée nationale va le sanctionner d'une seule voix, jeudi, lors d'un vote en Chambre.

Quoi qu'il en pense, M. Fitzgibbon, qui ne sera pas présent au Salon bleu au moment du vote, devra donc encaisser jeudi une humiliante leçon de la part de ses pairs.

Au Salon bleu, en matinée mercredi, M. Fitzgibbon a profité du droit de parole mis à sa disposition la veille du vote pour donner sa version des faits, dans l'espoir de préserver sa réputation auprès des élus.

Visiblement contrarié, lisant un long texte, il s'est levé pour affirmer qu'il avait toujours agi de bonne foi dans son rôle de ministre et qu'il ne s'était jamais placé en situation de conflit d'intérêts ou d'apparence de conflit d'intérêts. Il a ajouté qu'il n'avait jamais tiré un profit personnel de ses contacts avec des entrepreneurs ou des lobbyistes.

Un ministre blessé

Il a avoué trouver difficile de devoir composer avec un blâme mettant en doute son éthique. Par le détail, point par point, il a nié les conclusions de la commissaire dans chacun des trois dossiers litigieux. M. Fitzgibbon a soutenu qu'il avait toujours agi dans l'intérêt du développement économique du Québec, uniquement.

Selon les règles en vigueur, les deux tiers des députés doivent approuver les conclusions de la commissaire à l'éthique pour que sa recommandation se transforme en blâme formel de l'Assemblée nationale.

Mais peu de doute subsiste quant à l'issue. Reconnaissant que son ministre avait été imprudent, le premier ministre François Legault a affirmé la semaine dernière que son caucus de députés, qui forme la majorité des élus, voterait en faveur des recommandations de la commissaire, tout comme les élus des partis d'opposition.

M. Laperrière n'a reçu aucun traitement de faveur à cause de notre relation d'amitié, a soutenu le ministre de l'Économie, qui assure n'avoir jamais interféré dans le processus administratif d'évaluation des projets. Il n'y a eu aucune malversation de quelque nature que ce soit dans la gestion de ces projets, a-t-il insisté.

Dans son rapport rendu public il y a près de deux semaines, la commissaire Mignolet déplorait à la fois des accrocs à l'éthique dans le comportement du ministre, de même que son absence d'intention de s'amender.

Elle lui reprochait surtout sa trop grande proximité avec un de ses amis entrepreneurs, Luc Laperrière, un lobbyiste.

Conflits d'intérêts

Dans son rapport, Ariane Mignolet reprochait à M. Fitzgibbon de s'être placé dans une situation où son intérêt personnel pouvait influencer son indépendance de jugement dans l'exercice de sa charge en raison de ses liens étroits, amicaux et financiers avec M. Laperrière.

Le fait qu'un lobbyiste, lié par une grande relation d'amitié avec un membre du Conseil exécutif, et qui accepte de lui acheter des actions d'une entreprise pour lui rendre service, puisse communiquer directement avec celui-ci afin d'organiser des rencontres professionnelles, nuit au maintien de la confiance de la population envers les institutions démocratiques, a-t-elle écrit.

Lorsqu'on occupe un poste comme celui de ministre, il est fondamental de bien tracer la frontière entre ses relations personnelles et professionnelles. Compte tenu de ce qui précède, je recommande qu'une réprimande soit imposée au ministre, a-t-elle conclu.

Mme Mignolet déplorait aussi dans son rapport de voir le ministre Fitzgibbon réagir à ses conclusions en estimant qu'il n'avait rien à se reprocher. Je ne dénote ainsi aucune volonté réelle de s'amender, écrivait-elle, ajoutant que son attitude avait contribué à sa décision de recommander une sanction.

Du bout des lèvres, le ministre Fitzgibbon a tout de même admis qu'il devrait à l'avenir faire montre de plus de prudence, en s'abstenant de parler à des lobbyistes qui auraient des dettes envers moi.

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